En somme les intérêts humains immédiats anéantissent la transmission idéale ; ce qui consiste à bifurquer la saine rationalité au profit d’un intérêt(s) structurel de groupe.

Etant entendu que cette saine universalité n’existe pas encore dans toutes les déterminations et que par conséquent l’intérêt humain grégaire de Sens s’y substitue. Mais aussi que ce Sens agrégé fera spontanément tout pour détourner les affleurements rationnels ; y compris dans des sociétés dites raisonnables, puisqu’il est dans l’essence même de ce qui est (déterminé) de se refermer sur soi ; le langage , partagé , et attiré immédiatement dans le symbolique, cad la résolution simpliste de la réalité, n’échappe pas à la règle ; il se détourne du regard et s’emploie à renouer les mêmes fils, et non pas à élaborer de nouvelles hypothèses .

Des comportements ou des signes sont de telles hypothèses ; des manières d’y être ou des expressions ; qui entament les flux langagiers, les échanges eux-mêmes, matériellement, effectivement (et non pas seulement dans la bataille des « idées ») ; les flux installés sont de véritables murs alors même qu’il existe une profusion de flux.

En démocratie avancée, il faut se demander ; où sont-ils ? Parce qu’en démocratie avancée, c’est la forêt qui cache l’arbre ; qui dissimule le nœud, le tissage, le Sens de pure nécessité aliénante, provalent, cela même qui dérive les signes, purement factuels et à disposition des esprits individuels, en symboliques déjà liées et déjà échangées. 

Il est bien certain qu’une société humaine veille jalousement à son langage, puisque celui-ci commandite également le système d’échange ; en réalité, tout est absolument millimétré ; toute différence dans les signes n’engage pas seulement l’acte lui-même, mais la prévision ; que donnera telle différence à l’avenir ? Peut-on engager un échange constructible avec telle personne ? De tel groupe à tel groupe comment prévoir l’échange ?

Il existe donc une pression toujours réelle même lorsqu’elle est allégée et dispersée ; elle engage non seulement les échanges, mais les êtres, entièrement. Il n’est pas d’anfractuosité en quoi que ce soit ; parce que notre esprit construit toujours immédiatement les réponses avant les questions qu’il, ensuite, se pose… Ce qui ne rend pas la vie, le vécu très éclairant ; hypothèse qui agace prodigieusement ce qui veut nous faire accroire que dans le vécu, on se réalisera.

Puisque chacun se destine à répondre aux signes ou à les retransmettre ; y compris et inclus les signes de révolte ou de négation. Il n’est pas d’espace et cela nous contrarie beaucoup puisque contrairement aux sociétés symboliques (il s’agissait de comprendre, de vivre non pas des « signes », mais le sens des choses, des êtres, du monde et même en cette aliénation, le Sens aboutissait à sa compréhension en et par chacun ; un Sens illusoire ou hallucinatoire, mais vécu), contrairement donc, « on nous a dit » que le vécu relevait d’une essence si personnelle que nous en serions convaincus…

La personnalité qui recherche sa résolution, (son bonheur, sa liberté, sa satisfaction, sa libération, sa révolution, sa révélation, etc), est telle une pyramide mais dont la base s’effrite dans le donné, le passé, le psychologique, voir le biophysique, ou le génétique, et dont la pointe est évidée ; sans aucun débouché (puisque l’universel fonde l’individualité, mais largue celle-ci sans aucune évolution réelle ; l’universel, politique, social, relationnel, de consensus, d’institutionnalité, n’existe pas dans la projection mais seulement en tant qu’état donné, statut livré à lui-même, là, absorbé immédiatement par le donné, ce que l’on tend à considérer comme « normal », mais qui en réalité ne l’est pas du tout).

La révolte n’est jamais que pseudo révoltes ; (sauf situations dictatoriales classiques). Parce qu’aucune individualité révoltée ne peut pas au-dessus ou au-delà de son statut universel sans s’anéantir. C’est donc dans cette universalité même que se situe le travail nécessaire ; ce qui demande donc de se poser la question ; qu’est-ce au juste que l’universel ?

Il se pourrait que l’on ne perçoive que la disparité de la philosophie ; ça parle de tout n’importe comment. La vérité est que ça se poursuit et se continue adéquatement dans tous les textes, et la pluralité est en fait une progression invincible.

D’avoir inventé dans le langage une partie spécifique qui « pense », inaugure littéralement toute la suite historique humaine qui viendra ; dans la représentation humaine est proposée le Savoir comme idéal et même comme idéal unique ; au sens où il existe des savoirs seconds mais qui dépendent dans leur compréhension au moins, sinon parfois dans les faits, du savoir premier qui parle « ce qui est ». Soit en tant que « une chose n’est éprouvée que si elle est connue en même temps que vécue, perçue, etc » ; soit en tant que l’on ne se décide vraiment qu’en connaissance de cause(s), entamant la possibilité d’un devenir qui sait ce qu’il fait et qui crée donc son propre devenir , en dehors des devenirs naturels , bien sur, mais aussi humains puisque l’on invente un langage dans le langage : dans le langage des peuples et des cultures, on invente l’universel, transculturel, d’une « non-culture » qui n’appartient à personne, mais à tous , en somme qui est abstraite et qui réclame une individualité telle ; une individualité abstraite.

De ce point de vue, c’est le point de vue … Ainsi on peut comprendre l’immense développement esthétique comme la mise en forme à partir de ce point de vue unique ; celui de l’individualité abstraite qui s’autorise au moins ceci ; de créer un système de signes indépendamment du système langage ou symbolique commun, qui est uniquement dévolu ou essentiellement voué à la transmission.

Une société humaine a pour principe essentiel de se conserver ; aussi les dérives intransmissibles sont-elles proscrites et absolument condamnées (sous entendu ; à mort). Toute société humaine finit (ou commence) dans la fermeture intransigeante de son système de transmissions (cad de paroles ou d’échanges, d’esprit ou matériellement). Un tel système glisse dans le symbolique ; un signe n’a plus de sens que partagé ; il ne désigne plus rien d’autre que l’échange, réglementé, d’une société en état de totale (auto) manipulation.

Mais lorsque vient à s’imposer qu’un système existe en soi (la vérité telle que vraie et non pas « reçue » ou décidée par quelques uns) donc la vérité compréhensible par tous , ou encore que chacun est légitimement capable de produire des signes, alors ce qui se fait jour, c’est la rationalité ; qui est entre autres ; la possibilité de traduire dans un langage, malgré tout commun, la multiplicité, sans que soit perturbée la transmission, cad la capacité de se parler (et de s’organiser, de décider, etc), mais ceci compte-tenu de la prolixité libérée des signes ; de sorte qu’individuellement on devienne apte à organiser, voir produire des signes.

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