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instants philosophie

Hegel

21 Octobre 2013, 20:09pm

Publié par pascal doyelle

Il n’est donc plus tant question de la pensée et de la vérité prioritairement ; il n’est pas en chaque conscience d’aboutissement au concept ; il n’est pas un devenir qui conduirait à la réalisation de la Pensée, comme si elle existait seule au centre de tout.
Ce qui existe, ce sont des consciences ; et loin d’être simples à saisir ou simple passe plat des idées, elles sont. Réellement.
La finalité n’est pas de produire un discours , un savoir-connaissance qui serait de sa propre force le lien entre les êtres, (et entre nous et la réalité, la nature, l’histoire), mais est de constituer des consciences, qui, n’étant pas simple fonction, se travaillent, œuvrent leur être.


Il est cependant hors de doute que ces consciences n’aient pas à se passer de la vérité, des vérités, de la pensée ; le plus fort de Descartes est outre de manifester la première conscience (indéboulonnable, immanquable, réalisée une fois pour toute, ce qui ne signifie pas qu’elle sache déjà intégralement « ce que » elle est, elle est première de par sa certitude, c’est quand même bien cela, la certitude de son être, qu’il Dit, littéralement, et non pas essentiellement que cette certitude soit le prolégomène à une connaissance ; on a ainsi remis en doute tous les développements cartésiens, juger à juste titre que sa preuve n’est pas une preuve qui soit pensable (elle n’a pas à l’être en cette occurrence) ; elle se montre, et donc est plus qu’une preuve), le plus fort est de lier indissolublement que le libre pur est aussi la pensée. Que notre être est un dispositif dans les dispositifs, qu’il n’en exclut aucun, qu’il les approuve même (quand bien même on ignorerait le lien du corps et l’esprit par exemple).
Il ne s’agit donc plus du tout de séparer ce qui n’a pas à l’être ; puisque dans l’être, cet être çi, pensée et liberté, vérité et réflexivité sont de fait un seul et même Réel : notre-être.
Il est clair qu’alors on ne peut plus, cependant, penser notre être comme séparé du corps (et Descartes présente cela, sans parvenir à le penser, comme une substance, une unité ; laquelle ? Il ne peut pas répondre à toutes les questions, d’autres de toute manière reprennent ensuite l’étrange lien donné « là ») ; de fait la pensée chrétienne ne sépare pas l’âme et le corps ; on sait bien que c’est tout autre chose qui se joue, se symbolise, d’imagine, se perçoit ; une manière de re-prendre le très exact donné « là », cet individualité humaine, tout entier et en une fois mais d’un autre point de vue ; celui de la dernière conscience indéfiniment réelle et une. (Ce qui ne préjuge pas que cela soit vrai ou réel ; c’est non pensable ici et maintenant).


Evidemment il est une très valide logique à penser vouloir résoudre (d’autres diront alors réduire) ce qui est pourtant bien plus grand et vertical, à l’horizontalité d’un penser ; c’est cela qu’il faut cibler, réaliser. Mais à condition que l’on admette cela que l’on veut penser (l’être de l’homme) tel qu’il est effectivement et non pas tel que le préjugement du penser horizontal doit le supposer pour le penser horizontalement.
On peut imaginer une pensée qui réduira notre être à un discours ; à un développement purement notionnel (philosophique ou scientifique etc). Mais en fait on peut en douter ; comment un tel être qui est un se-sachant pourrait-il entrer dans un discours puisque ce savoir-de-soi (quel qu’il soit) excède de fait tout connaitre ? Ce que l’on nomme ici ; comment le savoir (évasif, éthéré, absurde, abyssal, étrange, mais certain d’être tout en ne se connaissant pas) comment ce savoir passerait-il dans une connaissance ?


Ou pour le dire autrement ; n’est-il pas aveuglant que lors même la connaissance absolue de Hegel serait-elle vraie et réelle, elle nous parait « là », telle quelle, comme un donné et que nous lui sommes extérieurs, et ce quand bien même cette connaissance serait vraie et réalisée ?
Par contre prétendre que cette connaissance nous est totalement sans intérêt et hors de notre être, est absurde. Il se peut que tout le système hégélien soit vrai et décrive réellement (ou à peu près, la rigueur a ses limites) ce par quoi nous sommes devenus. Il se peut que notre être se soit investi en des contenus, des contenus de penser en l’occurrence, et qu’il ait formulé le passage d’un concept en un autre ; qu’il y ait une telle progression et sinon à la lettre mais dans la logique dialectique hégélienne ou peu s’en faut.
Hegel ne signe donc pas la fin de la réflexion, il parfait ultimement qu’il y ait une pensabilité développée en et par elle-même. Mais cette pensabilité même (qui n’est déjà plus la pensée métaphysique ancienne ou chrétienne, laquelle était déjà suspendue à dieu et la foi, l’acculturation généralisée) montre structurellement comme la pensée se compose et recompose d’une « négativité », de ce qui parait une néantisation en comparaison d’un contenu ou qui rapporte un contenu vers/en/par un autre contenu ; et comme faire-valoir de tels contenus (qui sont jugés plus propices puisque le pensé, ce qui est pensé, contient la détermination réduite pour les uns ou universalisée pour les autres). Mais n'est-ce pas le mouvement que l'on doit retenir et non les résultats, le contenu ? Mais alors de quel "être mouvementé" s'agit-il ?

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