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instants philosophie

Le christianisme

12 Octobre 2013, 13:57pm

Publié par pascal doyelle

La raison est donc ce qui marque la coupure entre les humanisations antérieures et l’humanisation seconde ; celle qui se fonde sur l’universel. La philosophie donne comme explication de ce qui arrive à l’humanisation ce qu’elle nomme la raison, la vérité, l’universalité. Elle est la discipline spécifique qui entre toutes les autres, se charge de théorisé ce qui n’existe pas (dans les humanisations et les groupes, les langages et les mondes particuliers) et élabore les mots adéquats, les idées.

Tout cela marque la rupture et le passage de mondes localisés vers un seul monde unique.

Mais parallèlement le christianisme avance que l’on n’existe que de par soi, par soi-même, son être en propre. Mais ceci dans une face inversée ; dieu. La dernière conscience possible celle indéfiniment réelle et une qui sépare toutes les consciences (évidemment de n’importe quel groupe, langage, vérité du monde) et les sépare pour les réunir en seconde position, celle de la dernière conscience (qui s’entend comme dernière en Tous les sens), et sous son regard unique et exclusif (de dernière il n’en peut exister qu’une seule), mais tout autant divise chacun entre ce qu’il croit être, dans le vécu, et ce qu’il est-pour la dernière conscience. Il faut extirper cette ampleur immense de sa caricature moralisatrice qu’on lui assigne ici ou là ou des interprétations batardes et qui ne parviennent pas à penser leur objet au niveau réel de cette ampleur.

Ce que le christianisme dévoile est la libération ; de chacun par rapport à lui-même (son être englué dirions-nous) et de tous par rapport à tous (que le monde et ses intérêts, dont le corps, sépare). C’est la première fois qu’il est dit que chacun est équivalent au regard dernier et qu’alors ce qui est distingué (dans le monde, l’individu, les groupes, le langage, et) ce qui est distingué peut exploser et se démultiplier indéfiniment ; chacun devient le rond point de toutes les distinctions qui se tiennent sous le regard de la dernière conscience indéfiniment réelle.

Or cependant la dernière conscience est celle qui ne possède pas de caractéristiques ; elle n’est pas inscrite comme déterminée ; elle assujettit littéralement les consciences en une seule, sous condition que cette unique conscience dernière est la première à se manifester telle quelle. Elle ne peut pas être lue, indescriptible, mais elle est « ce qui permet de lire » n’importe quel vécu. Ça n’est pas sa suréminence qui compte en cela, mais son retour-vers les consciences réelles. C’est de la sorte l’ensemble du devenir-soi qui s’impose. C’est en cela qu’elle libère.

Bien sur comme nous sommes devenus des premières consciences (cartésiennes) voir des consciences premières (existentielles, sartriennes affirmatives nietzschéennes ou ontologiques, ceux-ci pour illustrer ; la philosophie continue de penser la réflexivité telle qu’elle devient et telle qu’étant « ce qui arrive à l’humain » y compris ce qui arrive à toute personnalisation), aussi en tant que consciences réelles (fondées sur un libre pur et simple) nous ne saisissons plus ce que cette libération porte absolument en et par elle-même et à quel point elle bouleverse intégralement tout l’humain. Notre conscience étant une d’une part (structurelle) et sa propre idée d’autre part (tout être-libre est son Idée) elle ne saisit pas qu’elle puisse abandonner son être-un pour quelque autre unité que ce soit.

Ne pas saisir la dimension absolue, radicale, fondamentale qui s’impose comme universel grec ou comme dernière conscience chrétienne, c’est passer à côté de la pensée exacte (qui de plus dit d’elle-même ce qu’elle est réellement ; le renouvellement intégral de l’humain, de même que Descartes avance tel qu’il se dit et tel qu’il est) de son objet de pensée. C’est réduire la voilure et interpréter le mécanisme absolu du devenir, en tant que seconde humanisation, en lui interposant une interprétation ; laquelle peut bien arguer de la science, des sciences humaines ou de la psychanalyse ou du marxisme ou de telle ou telle inscription relative, ce sera toujours réaligner le devenir complet selon un moment limité et restreint de ce devenir ; c’est donc ne même plus se comprendre soi. C’est interpréter son être selon les modalités momentanées et non pas délimiter l’arrête du temps.

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