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instants philosophie

Les mondes particuliers et le monde-unique

9 Octobre 2013, 14:55pm

Publié par pascal doyelle

Les humanisations produisent des mondes, des peuples, des cultures, etc. Ils se créent réflexivement mais leur réflexivité est dite (faussement mais pour simplifier et en comparaison de ce qui viendra ensuite) immédiate ; en ceci que d’un donné « là », leur monde, leur environnement, leurs échanges, etc, d’un donné chacun tend à une unification. Le donné est pris tel quel et on l’admet comme vérité ; il est en effet et il est très rationnel, de penser que ce qui apparaît, apparaît réellement et tel que lui-même. Mais tout autant le échanges, de la communication aux objets, etc, sont eux-mêmes pris dans le même mouvement. Unification s’entend non pas comme idée générale qui reconnait tout ce qu’elle subsume, mais comme dynamique qui montre l’organisation des choses, des échanges, des communications, et qui s’explique ou se dit soi-même. La lune devient le soleil, etc.

L’ensemble de tout ce qui est, est donc ce qui apparaît d’une part et ce qui est un d’autre part ; de sorte que cela ne formule pas une unité, mais une totalité (qui est une au sens de flux, puisque tout autant le temps ou les événements ou les parties entre elles sont enchâssées dans la totalité) totalité de tous les éléments apparaissant qui ont un sens, et fonctionne comme un tout de paroles, d’échanges, de choses et d’êtres. En somme il est une seule activité qui entremêle tout l’apparaissant tel quel. Et si il est une compréhension c’est d’abord en « cela qui apparaît » d’une part mais aussi en « cela qui est pratiqué » d’autre part ; puisque apparaît ce qui est utilisé, ce qui est transformé par notre œuvre, ce qui est échangé, etc. Et le langage est utilisé afin d’abord d’échanger, il forme le centre de « ce qui communique » au sens large.

De sorte que le groupe, la parole, fonde la vérité ; ce qui apparaît est échangé.

S’interpose la dite « raison ». Elle est entièrement un découpage intégral ; elle ne veut pas l’unité, c’est une fausse piste ; elle ne veut pas tout résoudre en une unité, mais par contre veut imposer l’unité de chaque élément tel qu’il est. Autrement dit il est question d’une divisibilité complète de tout élément, et c’est seulement ensuite que l’on se pose la question de leur unité. L’unité est dans les conditions de la division intégrale de tout ce qui est (qu’aucun flux total ne destine plus). La soumission à la divisibilité de tout en éléments (les idées puis les nombres) est aussi la libération de notre attention ; qui doit s’efforcer de produire les différences. Les différences se réunissent en éléments qui seront ordonnés visiblement (cad dont les liens entre eux seront pensés et non pas accolés).

Les éléments étaient précédemment accolés puisque leur lien était la constatation de visu, dans apparaître lui-même (que le soleil suit la lune, par image). Ou donc puisque la parole installe ou au moins est au cœur de tout (de la communication d’une part et des échanges d’autre part) suit l’accolement du langage plié comme monde local.

Sans cette colle travaillée mais immédiate en son fondement, il devient impossible d’admettre les éléments, il faut remplacer l’accolement par leur saisie distincte, par leur division consciemment assumée. Il faut combler les trous qui désunissent les éléments qui étaient auparavant comme flux totalisant, comme uni-calcul parlé, échangé, apparaissant, comme parole-monde-groupe.

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