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instants philosophie

Nietzsche le téméraire

23 Octobre 2013, 07:42am

Publié par pascal doyelle

Il est frappant que beaucoup estiment que la vérité n’existe pas, que c’est hors de portée, que peut-être il n’est que des points de vue, voir des points de vue qui valent ce que prouve leur pouvoir (Marx, Foucault, mais aussi le tout venant très commun des influences, et quelques détournements de Nietzsche ici et là).

Mais qu’est-ce qui a fondé tout ce devenir, cette historicité sinon la vérité ?

Il apparaît plutôt que l’on entend par cette absence que le grand accomplissement, la révélation ultime, la plénitude complète ne se sont pas réalisés, que le grand apaisement et l’amour ne règnent pas sur le monde.

Il semble à vrai dire que ce genre de réalisation n’existe pas. Que ça n’est pas cela qui se réalise. Que c’est autre chose (ce qui ne veut pas dire la violence ou le déchirement ou l’insatisfaction, qui sont des harpies qui nous poursuivent et qui pourtant sont parfois ici et là résolues par la vérité, bien réelle qui est déjà réelle).

La réalisation effective de la vérité n’est pas celle que l’on attendait ; et du reste qu’est-ce que l’on attendait ? Quelle espèce de plénitude, issue de « où » et que signifie-telle ? Que comporte-t-elle ?

Il est curieux que l’on juge du réalisé, du déjà là, en fonction d’un rêve évanouissant qui ne s’imagine qu’à peine… on passe outre le déjà réel et on pleure à n’en plus finir sur un imaginaire dont on dit ah mais peut-être que cela, cette attente, fait « sens ».

Faut-il rappeler la parole nietzschéenne ; ça ne fait pas sens. Ça ne fait pas sens, parce que le sens de ce qui est, est « ce qui est » tel que « là ». Ça ne va nulle part parce que l’on y est déjà.

C’est cela l’affirmation nietzschéenne ; sa structure réflexive. C’est de la réjouissance de ce qui est dont il faut se féliciter. Et de son extrême, ultime lucidité il ajoute à ce principe (qui équivaut à dire ; ce qui est, est) ; il ajoute : on n’agit pas pour le bien ou le mal (ce sont des raisons postérieures) mais on agit du souffle même. Or troisième principe de l’affirmation ; elle n’est pas un contentement de « ce qui est », mais est l’exigence pure et simple, impitoyable.

Se tenir dans la source (qui est le sens en soi) est la discipline même ; en tant que source elle n’est pas satisfaite, parce que son être n’est pas de se satisfaire ou non. Elle est agissement et cela est le sens. La question est donc ; quel agissement porte le plus loin ?

C’est le quatrième principe réflexif nietzschéen.

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