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instants philosophie

Philosophie et religion

20 Octobre 2013, 16:57pm

Publié par pascal doyelle

Il faut le dire avec force ; la philosophie, la pensée, fut-elle grecque et ayant en vue la seule disposition de l’universalisation (à partir des différences constatées là, on constitue des séries qui sont des idées, et ce jusqu’à l’idée des idées ; autrement dit un seul plan immanent, dont la transcendance est intérieure, qui ne dépasse pas l’immanence ; ce qui est absent, non là, on ne peut pas le comprendre), serait-elle science ou autre (psychanalytique par ex), ne peut pas juger de la religion.

Philosophie et sciences statuent (ou le tentent) de ce qui est, là, constatable, par chacun, par tous ; ça ne va pas plus loin. On ne peut pas dire ; tout est matière, parce que l’on n’en sait rien ; on peut par contre exhiber ceci fonctionne avec cela, il se trouve que ce sont des atomes ou de molécules. Une science qui extrapolerait un résultat vrai mais limité, à la totalité est de fait disqualifiée. Evidemment chacun peut présenter en son nom propre ; il me semble bien que tout est matière ou que tout est langage (les mathématiques sont peut-être juste un langage), mais ne peut pas prendre de la science une autorité qu’il ne possède pas en propre.

Cela ne limite et ne doit en aucun cas limiter la science ou la philosophie.

Je m’étonne toujours de la facilité extraordinaire qu’a eu la pensée chrétienne de s’engouffrer dans l’universalité grecque, rationnelle. Mais de même la pensée arabe est celle qui a précisément repris Aristote et, créative, s’est tout autant imposée en « occident » ; on assiste donc a un mouvement général qui n’appartient pas. Ça n’est pas qu’il n’appartient à un tel ou un tel, il n’appartient pas, tout court.

Autrement dit la "raison" ce que l’on nomme tel dans les manuels ou les gribouilles idéologiques, n’est pas cause d’un resserrement ou d’un écrasement des différences ; elle l’a été mais instrumentalisée par des politiques de pouvoir. La « raison » ou la vérité (comme principe) est ce qui permet à toute position, toute option préalable, de s’éclaircir, de parfaire son propre discours, si elle l’entend ainsi.

Affirmant ceci ou cela, la philosophie ne fait rien d’autre qu’argumenter, acceptant de fait d’être contredite, mais cela situe ou resitue la parole ; il n’est pas d’imposition de quoi que ce soit, mais des propositions, au sens figuré et propre. Ce qui a pour effet de décupler ; c’est uniquement si l’on s’adresse à la compréhension de l’autre que l’on peut tenir une complexité. Toute position « immédiate » (qui penserait accaparer) est de fait rendue à elle-même (qu'elle soit foi sincère et c'est en son lieu parfaitement valide, ou qu'elle prétende à "passer outre" le partage) ; mais est-ce un défaut, un manque, ou n'est-ce pas plutôt le rebond incessant des réalités ? Et il est clair que cela produit du désordre ; ça n’aboutit pas un glacis unanime, mais peu importe puisque le désordre en est sa propre règle abstraite et formelle.

Certes donc chacun ou philosophe va affirmer ceci ou cela et apparemment dans la négation d’une vérité commune ; mais la philosophie fait mieux que cela ; elle montre de fait que les vérités s’exposent, elle en est la preuve vivante : que ça fout le désordre, et que cela oblige à passer un plan, un degré, un étage en plus.

Pour reprendre quelque peu ; la philosophie est ce qui a tenté de théorisé ce qui arrivait à l’humanisation (la réflexivité qui est « ne plus se laisser faire par le groupe-parole (langage)-monde particulier local). La réflexivité arrive partout et hors de la philosophie tout autant ; il y eu donc un point de crispation ; que l’on situe à peu près. Pour cela il y eut une accélération ; de l’éthique, de la politique, de l’esthétique, etc, du souci de soi ou des sectes du moment, ou donc une sorte de surgissement qu’est le christianisme et sa réflexivité propre.

Mais puisque la philosophie réfléchit sur ce qui arrive (à savoir la réflexivité), il est évident qu’elle ne défend pas une vérité toute faite ; ce qu’elle promeut comme système par contre ce sont peut-on dire les conditions de toute vérité, et ce au sens de : les conditions de toutes les vérités. De fait elle a du mal à concevoir qu’elle provoque à être plutôt que détenir la vérité ; l’engouement du début sans doute ! Or cependant elle le montre … elle montre comme les vérités se propagent ; ce que l’on présente comme contradictions insurmontables de la philosophie sont en fait la monstration de sa performance et comme elle libère la parole, le langage (et plus que cela en réalité).

Elle pousse le dés-ordre, étant entendu qu’il existe cependant un ordre second qui enclenche ce dés-ordre et mais aussi qui le maintient dans un degré autre ou second, au carré. C’est pour cela qu’ils tiennent absolument sur « il y a de la vérité » (mais on ne sait pas laquelle) et rejette que « il n’y a pas de vérité » (ou il n’y a que des vérités subjectives ou relatives et plus encore que « ceci est la vérité »). On ne peut pas dire ; la vérité n’existe pas, puisque c’est énoncer une vérité.

De même on s’étonnera que la philosophie a souvent usé de la religion, d’abord il s’agit en général d’une utilisation raisonnée (cad justifiée dans tel système, la philosophie ne peut pas absolument se fonder sur un méta-plan, en ce qu’elle dit, il faut que ce soit justifié, même comme non justification), mais aussi elle ne préjuge pas au-delà de son cercle de présentation et de représentation. On peut présenter que « conscience » (terme neutre) est l’âme ou le corps glorieux ou ce que l’on a élu ou dont on fut saisi. Ça ne changera pas que pour transmettre ce sera « conscience » qui sera retenu (ou toute énonciation qui signifie « être humain » formellement, cela seul peut être repris en Droit, mais plus loin en toute acculturation active), par contre si l’on a la foi, le système formel philosophique (nommons le ainsi, au hasard) est l’occasion, éventuelle chacun fait comme il le veut, ou l’occurrence de manifester, de présenter, de représenter.

Or finalement, c’est ce qui s’est passé… on n’invente rien, c’est effectivement ce qui a eu lieu, et qui sera d’autant.

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