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instants philosophie

Devenir de la conscience pure et simple

3 Novembre 2013, 11:29am

Publié par pascal doyelle

Si la conscience n’est pas le conscient ; rappelons que l’existence du conscient ne s’oppose pas à l’existence de la conscience ; il ne s’agit pas de choisir entre les deux ; c’est l’ensemble qui existe ; conscience, conscient, perception, corps et physiologie, langage et autrui ; tout cela existe ensemble et en une fois ; et ceci sur le sol réel du monde donné « là » unique et indérivable dont tout aperçu est seulement un découpage subjectif ou une découpe objective (aucun discours ne dit la totalité du monde là unique indérivable, et donc seule chaque conscience y existe).

Si la conscience n’est pas le conscient, l’objet de la conscience n’est pas l’Etre ; en réalité la conscience n’a pas d’objet ; elle est. Elle pourrait être dite ; elle est son propre objet, mais cela n’aurait rigoureusement aucun sens réel ; elle ne peut pas se transformer en objet, elle en sera toujours en retrait (ce qui signifie que toute transformation en objet est de fait déjà non un objet mais une conscience, et toute objectalité est déjà un prétexte, une représentation et non la présence même, qui est comme le monde, indérivable).

Remarquons que l’on voit cela nettement dans le procédé cartésien ; elle ne se saisit pas (elle se prénomme ensuite « chose qui pense », mais outre l’étrangeté de l’appellation, la « pensé » chez Descartes est tout à fait insituable, c’est une sorte d’ensemble de tous les dispositifs) et seul l’acte doute-cogito-infini-étendue l’énonce ; or c’est un acte, une monstration, qui se donne à lire ; et qui, acte, ruse avec lui-même ; jusqu’à halluciner entièrement la conscience suspendue.

C’est la première partie de la philosophie qui veut à tout prix se saisir de l’objet-monde, de l’objet Etre ; elle veut définir l’Etre « comme si elle-même, conscience de cette définition, n’existait pas ».

Cette première partie est insuffisante et ne permet pas d’avancer ; notons qu’elle explore intégralement tout le pensable ; ça n’est absolument indifférent et toute réflexivité est en elle-même accumulable ; le réflexif est le dialectique hégélien et est ce qui subsume en et par lui-même.

C’est la raison pour laquelle en seconde partie, la philosophie a augmenté son cercle ; ce que l’on doit à Descartes ; ce qui était déjà réflexivité selon l’Etre, objet absolu, devient cet être-çi, fort réel, et lui-même indérivable ; la conscience est, et elle est comme acte pur et simple.

A partir de cet acte réel (qui est se-sachant et dont aucune énonciation ne peut faire le tour, et qui est posé « là » sur le monde comme étrange étendue, le monde étant lui-même incomparable, à aucun discours), s’entame une réflexivité intégrale ; Kant et Hegel relativise toute pensée (soit selon la critique et les limites, soit selon la dialectique et l’emboitement des pensées dans l’esprit acte et selon la négativité qui opère ; laquelle et quelle est-elle ?).

C’est aussi ce que martèle Husserl et la phénoménologie (mais croyant encore découvrir un Sens, idéaliste, dans ou via l’intentionnalité ; réinvestissant à nouveau qu’il y aurait un sens objectif et énonçable qui se substituerait à l’activité de conscience, qui serait la raison d’être de l’être de conscience).

Ce qui perturbe la compréhension est que l’on voudrait comprendre ce réel comme un objet, or il ne l’est pas ; rien ne peut saisir la conscience-même ; c’est elle qui saisit ou plutôt qui instrumentalise n’importe quel objectivisme (toute découpe est elle-même prise dans une intentionnalité qui avance sur le monde, le corps, etc) ; autant dire qu’elle n’est pas du tout subjective… elle est au-delà de l’immédiateté du subjectivisme et par-dessus l’objectivisme (seule mais à sa manière, la pensée de Lacan parvient à ce rond-point indescriptible). Ça ne signifie pas que l’on ne puisse rien dire, et qu’il faille le taire ; si elle est acte, la conscience dit tout … toutes les vérités, toutes les découpes ou découpages que l’on découvrira.

Du reste la conscience "indescriptible" soit disant n'a pas manqué de se signifier intensément.Il est évident que si elle n'est pas dans le discours qu'elle lâche, elle est également pour elle-même se-sachant ; qu'elle ne puisse pas avancer en ce se-sachant serait absurde.

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