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instants philosophie

La radicalité du réel découvert

10 Novembre 2013, 14:34pm

Publié par pascal doyelle

Justice, sagesse, savoir, pensée et beauté sont pour Platon les jeux internes à la vérité. (la plaine de la vérité, cité par Léon Robin, Platon, excellent et pas cher).
Autrement dit politique, éthique, sciences, philosophie et esthétique. Ce qui formule les réflexivités en cours selon l’universel.
Tout le combat de Platon est de maintenir la découverte de l’universel, de montrer comme cela est actif dans les réalisations, de promouvoir la finalité universelle ; toutes mentions qui n’apparaissent pas dans le monde, le groupe, le donné, immédiat, le corps et son individu limité, ni dans le langage. Et pour cause ce sont des inventivités de ce moment là, qui restructurent toute humanisation (ce qui se verra dans la suite de l’histoire).


L’idée de l’Etre est donc d’abord et avant tout un être formel qui ne dit rien, soumis aux contraintes de cohérence (dont la logique, l’adéquation aux choses et aux noms des choses, l’adéquation à l’être de l’homme, le Un, la totalisation, etc). Il s’agit avant tout de définir notre être comme ; je suis ce que j’énonce en cohérence.
Tout autre énoncé est hétérogène en comportant des éléments en lesquels je ne suis pas à égalité ; que je ne comprends pas, que je ne puis pas réduire dans le démontage ou constater effectivement (sous entendu il est une expérience, une expérimentation de ‘ce qui est ‘ ; l’idée de l’Etre ou l’être-soi cartésien sont des constatés et non pas des « idées », les idées décrivent ou montrent ou argumentent et déduisent de cette monstration). Je n’y suis pas à égalité (avec ce qui est dit, parlé, échangé) et donc je me laisse faire par un donné incompréhensible.
De même tout énoncé est total et concerne tout ce qui est : puisque mon être étant vide et formel lui-même, ce qui est énoncé occupe toute la conscience que l’on en a (et que l’on est à partir de ce seul énoncé). Il faut donc dire ; l’énoncé concerne tout ce que l’on Est ; de même que l’énoncé prononce ce qui Est, de même nous ne disposons pour être nous-même en vérité et seule réel est cette vérité, que cet énoncé.


C’est à cette radicalité extrême non à laquelle on assiste, mais à laquelle nous sommes assujettis. Et il n’y a aucun moyen d’y échapper puisque cela constitue la conscience même de nous-même. Cela affecte toutes les consciences de quoi que ce soit. On peut bien s’en révolter, mais ce sera toujours dans le Même jeu ; il n’y en a aucun autre. Ou donc ; ce jeu de la réflexivité est le jeu ultime, extrême, radical, pris à la racine.
Ainsi au sortir des mondes particuliers, ayant promu le monde-unique, le dépassement de tout langage, l’annulation de tout groupe comme vérité, la distinction du corps-immédiat et de la conscience de soi, c’est à « cela même » que l’on a commencé d’exister. En aucun cas il ne s’agit d’idées ou de pensées d’abord (seulement ensuite d'idées et de positions), mais d’un réel dé-couvert, dénudé, le squelette, l’ontologie de notre réalité ; c’est réellement, et non par idées ou effets d’idées (qui pourraient être contredites par d’autres), que notre-être est-devenu (c'est une liaison interne) clairement qui ou ce qu’il est.
Justice, sagesse, savoir, pensée et beauté peuvent donc réellement être. Et si on a pris l’habitude, cela ne signifie nullement que ces réflexivités soient réalisées. Et ce d’autant plus que les réflexivités grecques sont doublées par celles de la réflexivité chrétienne ; tout cela n’a pas encore eu lieu, ne s’est pas encore réalisé réellement. Tous ces lancements au travers de ce qui est, opérant une radicalité ultime, sont continuellement menacés d’être recouverts, leurs découvertes (en nombre) recouvertes par la masse et la pesanteur ; le donné là, le corps, le langage, les groupes ou les mafias, se referment, se referment constamment sur leur propre étouffement.
Il est évident que le réflexif ne se tient pas lui-même aisément ; le niveau, le degré et l’intensité, sa concentration retombent et succombent, s’effondrent. Le réflexif est ce qui se tient sans raison ; ce par quoi l’on s’aperçoit qu’il n’est pas la raisonnabilité commune, le fade et la disposition habituelle des choses et des êtres. Il veut être son propre manque, sinon il se remplit des masses, données, du monde et des vécus. La réflexivité est ce qui n'admet rien, jamais, est l’altérité pure parce que formelle.

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