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instants philosophie

La violence effroyable de notre être

23 Novembre 2013, 11:03am

Publié par pascal doyelle

Il est donc une continuité rigoureuse depuis le début de la pensée et notre état, sidéré, actuel. Evidemment si l’on croit encore que le contenu de la révolution interne tourne alentour de la pensée métaphysique (dont on rappelle qu’elle s’ordonne soit ontologiquement, via l’idée de l’être général pensable intégralement selon la cohérence, et puis via l’idée de l’être comme étant dieu, être non plus général mais suréminent, constamment à mi-chemin entre sa déduction de la pensée et sa référence à l’intention de dieu comme mystérieuse mais particulièrement formalisatrice, de toute conscience et essentiellement dans et par l’incarnation , soit le retour vers nous de cette intention formelle), si l’on croit encore et pense et juge la philosophie à partir de la pensabilité seule, on n’y comprend plus rien.

On est dans l’obligation d’interpréter Descartes par exemple et exemplairement, comme une sorte d’autre fondation de cette pensabilité, alors qu’il est précisément le détour et la ruse d’une description qui prend un autre pli, et découvre ou dé-couvre un autre réel, (autre que l’être), qui précède la pensabilité.

Ce faisant donc la philosophie ne fut pas en reste de se dépasser elle-même et a déjà commencé de comprendre selon d’autres critères ce qui est, tel que cela est ; c’est la même réflexivité qui veut ne pas se laisser faire ; ni par les groupes-langage-mondes particuliers (contre quoi eurent à lutter les réflexivités grecques par dépassements du langage, groupe et immédiateté) ni chrétienne par lutte, interne à chaque conscience vis-à-vis de ses propres consciences ou intentionnalités, et externe, envers le monde, qui est « ce qui sépare les êtres », (tandis que dieu-christ est ce qui les réunit en conscience dans , évidemment, le saint esprit, la communauté spirituelle, dite spirituelle à l’époque ; les libère toutes).

C’est donc cette révolte interne et externe envers tout, littéralement tout, qui prend forme peu à peu ; c’est ce qui explique cette réflexivité, qui ne connait rien, rien du tout, qui est vide et formelle, qu’elle ait pu se déplacer ; transfuge de la pensée grecque en la pensée chrétienne, et clairement s’émanciper de tout cela, n’appartenant à aucun monde humain en particulier, et se formulant comme acculturation généralisée ; toute pensée est une intentionnalisation qui vaut pour n’importe quel monde.

Ce qui fut reçu comme pure violence (et le fut réellement, nous n’y avons pas été avec le dos de la cuillère, c’est manifeste …) et a engendré quantité de violence ; pour la raison que la réflexivité n’est pas a priori un mécanisme pacifique. Elle est réellement «réelle » et s’impose radicalement, peu importe les effets et conséquences ; de sorte que dans le même temps il s’agissait d’apprivoiser cet être singulier, unique, extrêmement sauvage et violent, capable de dévorer et d’aborder des mondes, mais aussi des personnalisations, des personnes (et cela nous touche essentiellement puisque depuis l’universalisation de la révolution unique démocratique libérale, l’humanisation est devenue, s’est concrétisée comme personnalisations ; ceci envers et contre Badiou, qui méprise l’individualité dite démocratique, ne pensant, encore, que via l’universalisation abstraite des grecs, sauf que lui … il n’est pas grec ).

Ce mouvement de maitriser l’incontrôlable sauvagerie de notre être structurel ; par quoi l’on voit bien que cet être qui est le plus élevé, n’est pas du tout raisonnable et « gentil » en soi ; est l’objet même du processus cartésien qui se poursuit en toutes les autres consciences premières (faisant suite à la première conscience cartésienne, qui, elle, est unqiue, se réalisant une seule fois). Les diverses révoltes et délires et dérives et devenirs intenses et furieux qui suivirent ne sont pas seulement des surgeons furieux qui manifestent l’absurdité ou le non sens, mais sont effectivement les expérimentations menées rigoureusement par les purs révoltés de l’esprit ou plutôt du structurel enfin libéré … de ces formulations de lui-même ; mais débarrassé de l’universalité ou de dieu, il se perd dans l’insondable pur et simple de son être. Il ne sait pas, rappelons le, ce qu’il est ou contient (puisqu’il ne contient rien ; il n’a pas un programme intégré dans un corpus intérieur ; sa structure, pure, nue, vide, est son programme).

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