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instants philosophie

Le visage de la philosophie

11 Novembre 2013, 11:52am

Publié par pascal doyelle

Si elle était raison ou discours rationnel ou même sagesse (comment conduire sa vie, ou vivre heureux ou hédoniste ou mourir avec le sourire, etc) la philosophie aurait complètement manqué son coup. C’est plutôt cela qui lui est reproché qu’elle ait manqué son coup, et qu’elle soit un discours rationnel du reste dépassé par les sciences, et qu’en terme de sagesse elle ne console ou ne rassure de rien du tout.

Ouf, heureusement, ça n’est pas son propos, ça n’est pas son objet.

Alors on tournicote alentour, à se demander ; mais de quoi parle-t-elle ?

A voir donc que seuls les philosophes s’y intéressent et que de toute manière seuls ils se comprennent, entre eux.

Ne revenons pas sur les inventions philosophiques ; du début de science politique dans Platon, sans quoi on n’y comprendrait rien, ou du lancement des sciences naturelles par Aristote. Pas même de la liberté acquise dans le refus de tout esclave vis-à-vis et par les autres, et la libération hors de tout groupe humain et ces sortes d »étouffements nauséeux (selon donc enfin une éthique annoncée telle quelle ; libre, éthique qui est le face à face avec soi, renvoyant la morale au face à l’autre, quasi politiquent donc).

Le mouvement général est pourtant quand même le refus absolu de se laisser faire. De refuser langages tout faits et vérités des groupes humains (religions, traditions, habitudes, coutumes, sans parler de l’esclavage des uns par les autres, et en toute modalité ; des fers et exploitation aux humiliations et mépris, ségrégations et les divers amours fusionnels qui empuantissent). De refuser que l’histoire n’ait pas de sens et que l’on puisse se soumettre et s’abaisser devant quelque pouvoir que ce soit ; les royautés en ont fait les frais, reste les financiers oligarchiques, les groooosses fortunes ignobles, etc.

Qu’on ne s’y trompe pas au fond, même lorsque Descartes invoque dieu, il le triture si singulièrement que quelque croyant que ce soit agoniserait de s’y méprendre … à preuve Leibniz qui d'arrache pied veut rendre raisonnable cette monstruosité absolue du dieu cartésien ou pascal qui parait un Finkielkraut fébrile à recenser les contre raisons fidéistes qu’il pourrait éventuellement, dans un autre monde que celui-ci, opposer à Descartes. Mais voila, c’est le monde de Descartes, pas un autre.

C’est en celui là que l’on existe. il n’est qu’à remarquer l’intense expérience existentielle (devançant nos existentiels) du doute intégral et forcené. Il est requis l’intensité de la liberté cartésienne qui mentionne cent fois, en passant, que le dieu a créé les vérités (renvoyant tout à rien, cad à la décision pure), que l’on ne connait qu’une infime partie de la réalité possible (les réalités sont bine plus vastes que notre entendement ou raisonnabilité), que l’on peut tout aussi bien désirer le mal ou l’erreur , quand bien même aurions nous les preuves et les arguments du bien et de la vérité sous les yeux, etc. Ce ne sont pas des hasards.

La philosophie est rusée. Ou masquée, comme dirait l’autre (qui sentait tout le monstrueux de l’entreprise).

Mille raisons également de ne pas renier Nietzsche ou Artaud (qui pense énormément celui-là) ou Rimbaud ou Mallarmé ; que tous ceux-là et cent autres, sortent de la philosophie dogmatique ou caricaturale (telle que ces ennemis de la pensée la fige) … c’est certain. Sauf que la philosophie n’est pas celle-là, n’est pas dogmatique.

Elle est ce qui a débarrassé l’humain de ses oripeaux ridicules, et pire que tout elle montre « cela » qui agit afin de nous libérer. « Cela », la monstruosité invraisemblable, le dévorateur de mondes, le dépeceur de personnalisations.

En somme il faut prendre les choses au sérieux ; on n’est pas là pour rigoler. Ce qui a existé, a durement et impitoyablement existé. Comment le réel pourrait-il seulement être contingent, hasardeux, bigarré ou sans causes abominables ; la conscience, notre-être, est faite pour cela, pour l’effroyable.

Il est sympa de constater que le plus petit mécanisme, le plus fragile, le plus vide est le plus étincelant et est la puissance même d’être ; qui aurait parié que la conscience, cette fonctionnalité vide, incrusterait dans la masse gigantesque de la détermination, des mondes humains ou naturels, des univers, le levier explosif ?

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