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instants philosophie

Nous autres, les squelettes à vif

3 Novembre 2013, 15:32pm

Publié par pascal doyelle

La perte inconsidérée de notre devenir nous enfonce dans de limitées interprétations qui ont abandonné la réalisation de la réflexivité ; c’est d’abord que l’on confond la raison métaphysique, celle que l’on décrit constamment et qui est censée incarnée la philosophie même alors que depuis longtemps la philosophie est passée à autre chose.

Depuis Descartes l’on a transformé notre attention portant dorénavant sur la structure existante ; la certitude de l’être (comme idée formelle vide) est devenue la certitude du dit sujet, tout autant formel et qui n’existe que de ce qu’il se dit (il n’est pas autre chose essentiellement ; il est autres choses, corps, langage, inconscient, désir, socialisé, etc, dans les faits mais non en tant qu’il se-sait). 
Lançant la réflexivité sur notre être (et ayant inventorié tout le pensable de l’être en général) c’est d’une plus grande précision et exigence dont on va s’animer ; Kant ou Hegel ou Husserl ou Nietzsche, etc, paraissent encore juger vers, autour ou alentour de la pensée de l’Etre, de la raison métaphysique (que ce soit pour la critiquer, la rassembler, l’originer en l’intentionnalité ou s’en révolter), mais qui ne voit que c’est bel et bien d’autre chose dont il s’agit et que cela avance à pas furieux ? 
C’est autre chose qui se dit depuis Descartes et se continue de Kant à Nietzsche ; ce dont il ne faut pas déprimer ou se refroidir, puisque c’est la même ambition qui se continue ; à en croire quelques uns on n’y reconnaitrait plus rien et sinon une sorte de « déconstruction » généralisée qui ne sait plus même où mettre les pieds et qui ne s’aperçoit pas plus que ces déconstructions sont effets du sujet inconnu, du dit sujet hypothétique, qui n’a de fait de sujet que le nom ; le sujet dénoyauté par Descartes n’est en rien et pas du tout un « sujet comme qui dirait d’un moi quelconque » et absolument pas idéaliste. C’est une forme qui se répète indéfiniment en chacun absolument identique intégralement. Sinon pourquoi nous ressemblerions-nous ? 


Remarquons qu’il est encore trop tôt pour recommencer de comprendre, de connaitre l’objet total de (tout ce qui est) ; ayant inventorier une partie de la pensée, cad de la pensabilité, et étant passé au réflexif individué un et vide et formel et certain d’être (il n’a pas besoin de se connaitre pour se-savoir, ce serait le comble), ayant presque discerné ce qu’est notre être (durant les 3 derniers siècles), il n’est pas possible vraisemblablement de penser métaphysiquement le donné-monde, d’autant que des mondes, des univers il y en aurait probablement des quantités …

 
Tout cela n’est donc pas vain et livré à la contingence comme d’aucuns l’avancent, délaissant non pas seulement la pensée (métaphysique) mais la réflexivité même. 
On interprète notre-être comme langages, corps, désirs, inconscients de toutes sortes, socialisations, économismes, pseudo idéalisme (dont on s’est débarrassé depuis longtemps à vrai dire, vieilles lunes), on s’engage parfois dans de profonds mystères insondables (réservant une essence quelconque de la vérité en soi,ou un Sens suréminent qui nous attendrait, mais niant pourtant la dernière conscience indéfiniment réelle qui arcboutait toute réalité, allez comprendre …), ou s’enferme en de longs sinueux dédales psycho voir pathologiques, rapportant les trésors de bricolages en lesquels on ne voit goutte puisque l’on est bricolé indéfiniment selon les causes du monde, du donné, du vécu. 
En tout cela est annulée, prétendument, l’ancienne ambition, l’ampleur du réflexif intégral ; sans voir que la remontée de toutes ces causalités révélées, de ces engoncements portés au jour, de ces objectivités exposées… reviennent au regard du sujet évidée et neutre et s’observant de loin ; il se donne à lui-même le spectacle de ses causes multiplies mais n’en reste pas moins « celui qui voit ». 
Toutes les possibilités qui abandonnent l’ampleur ancienne, ont déjà délégué leur regard en une altérité quelconque ; ils n’ont pas réintégré leur peau. 

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