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instants philosophie

Histoire de la philosophie ; les raisons de la folie

14 Décembre 2013, 16:41pm

Publié par pascal doyelle

La philosophie entend donc former un système complet. Contrairement à nos attentes, ça ne se dépose pas comme on l’imaginait ; ça ne se résout ni en l’universalité et l’hypothèse d’une vérité qui boucherait toutes les embouchures, ni en dieu dont on n’a pas ici et maintenant la révélation (la pensée ou l’intention de dieu demeurant éventuellement, on l’ignore, au-delà de cet ici et maintenant).
Dés lors le sujet humain parait largué dans le monde donné tel que « là », sauf que les efforts de la métaphysique (d’ontologie de l’être général des grecs et de théologie d’un être suréminent) conjugués au dépouillement de notre être à partir de Descartes (Kant, Hegel, Husserl, Heidegger, Nietzsche, none exhaustivement) aboutissent à mettre à nu notre squelette ontologique, celui de notre être ici même tel qu’il se reçoit.
Cela marque donc précisément que l’élaboration philosophique n’est pas exclusivement idées ou système d’idées, mais est la mise à nue de cet être ; à commencer par l’os cartésien. Après la démonstration attendue des grecs et scolastiques, la monstration cartésienne, est donc venu le démontage ; ce qui requiert les philosophes sus nommés, mais également sciences et sciences humaines, anthropologies et psychanalyse, linguistique et phénoménologie, etc.
Ne se réduisant pas au système d’idées (ce qui implique donc que les contradictions entre les philosophies diverses n’en sont pas, des contradictions, mais des avancées dans et par la même structure via des systèmes d'idées, qui ne sont après tout que des systèmes de rapports et non l’établissement d’une « vérité » d’un discours clos), la philosophie montre, expose, exprime, représente, fait-voir non pas une simple positon (comparable à n’importe quelle autre), mais la position unique et définitive de « ce que l’on est ».


Pour cette raison, elle ne se trompe pas, jamais, et en réalité personne ne se trompe, jamais, et tout file en droite ligne plus ou moins sinueuse. Il est en effet évident que si notre être est-libre, il est des dérives, des quantités de dérives et cette logique ne peut pas se comprendre comme un logos d’idées mais un devenir(s) d’intentionnalités. Ce qui suppose son entière liberté (en gros elle s’invente, puisqu’elle n’est pas écrite, elle s’écrit).
Pareillement dans la mesure où chacun est-devenu son être en propre (ce qui est le mouvement de personnalisation faisant suite à l’humanisation fondée elle sur la vérité et l’universalité), chacun est son Idée de soi. Tout être de par soi (ce que signifie liberté) est la résolution de son être propre et étant libre pur est la résolution non pas seulement universelle, mais est la Règle de résolution là où il est ; ainsi pour illustrer on peut avancer que la folie, la perversion, la dépression, etc, tout comme les inventions du moi, ou donc les inventions de moi-mêmes diversifiés, sont la mise à nue de notre être (là où il est).
Ceci est une Règle et existe plus que l’universel ancien, dans la mesure où une Règle traite de chacun en soi, tandis que l’universalité pensait l’humain, ce qui veut dire l’homme en général.
Inversement la raison ancienne, antérieure à Descartes, ne parvenait pas à définir ni même aborder le libre pur et simple ; sinon de le caricaturer comme renégat (de celui qui ne veut pas subir le joug de la raison universalisante, ou de dieu comme dernière conscience (unique) indéfiniment réelle qui appelle toutes les consciences en son unité absolue) ; pour cela que Descartes déplace le libre dans la volonté et non plus dans la raison ou entendement, est fondamental et redistribue intégralement les cartes.

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Orbis Tertius 15/12/2013 12:45

C'est une assez belle vision des choses.. Mais assez "continentale", comme le dirait un anglo-saxon (en sous-entendant : "plutôt sympa, mais vide de sens").

L'ontologie ne se conçoit pas nécessairement comme une poétique de l'existence humaine, elle peut aussi être comprise comme une prolongation des sciences physiques (ou des sciences formelles). Même si cette approche est assez peu représenté en France, elle est majoritaire dans les grandes université américaines, et par extension dans le monde entier.
Karl Popper, Willard Quine et Wilfrid Sellars ont tous les trois explorés cette direction de manière très intéressante, en héritant à la fois de la philosophie analytique austro-britannique (Russell, Wittgenstein, Carnap) et du pragmatisme américain (Pierce, James, Dewey).

Les adeptes de cette approche différente n'hésite pas à rejeter en bloc toute la philosophie allemande kantienne et post-kantienne (Kant, Hegel, Nietzsche, Heidegger...) pour préféré une approche logique, très technique, presque a-culturel. Certains même étudient les penseurs médiévaux, et relancent la querelle des universaux !

Pour ne pas me contenter de les présenter, je vais tenter un petit argument en leur faveur : nous avons désormais une très grande connaissance scientifique de notre monde et de ses mécanismes. N'est-il pas naïf de l'ignorer ? Ne peut-on pas dire d'une ontologie qui se souci uniquement de l'image manifeste du monde, en faisant abstraction de l'image scientifique, qu'elle est une vaine littérature ? Et surtout : si elle n'est jamais fausse, ne peut-on pas en dire qu'elle n'est jamais vrai non plus ?

Pour débattre plus longuement, je vous invite sur mon forum : http://socrate-forum.forumactif.org/