Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

La philosophie et l'universelle humanisation

1 Décembre 2013, 14:11pm

Publié par pascal doyelle

Il est inutile de philosopher, si ça ne change pas notre être. C’est notre être qui est en jeu, philosophiquement, en tant que la philosophie montre et tente de démontrer (grecs) puis de montrer (Descartes) notre être comme n’étant absolument pas coïncidant avec quelque contenu, identité, peuple, culture, pensée, que ce soit.

Nous voici vides et sans rien, pures structures intentionnelles qui ne contiennent rien.

Cela nous laisserait sans voix, si ce n’est que chemin faisant il y eut l’élaboration, réelle, d’un système formel, vide et sans rien, mais qui montre la structure réelle des choses et des êtres.

Si l’idée de l’être des grecs est la pensée en tant qu’universel, elle est aussi la propédeutique de tout sujet en tant qu’il se convertit à l’universel.

De même Descartes est le lancement dans le réel, de l’accès à soi, en tant que c’est de notre être dont il est question.

La perception dont il faut se départir est qu’il ne s’agirait là que d’idées. La philosophie, Platon, Aristote, etc, inventent des idées. Ou Descartes formule une idée de l’homme. Ce qui est faux.

La philosophie ne propose pas des idées. Pour cette raison elle est difficile en soi, ou elle peut se permettre de se contredire, ou elle ne dépend pas du langage, ou elle s’impose en et par elle-même comme telle.

Si elle ne propose pas des idées (pas seulement des idées, évidement sa position est création d’idées ou accélératrice), c’est qu’elle montre un être.

Or on a vu que cet être n’est pas l’exclusivité de la philosophie ; on retrouve cette structure dans l’esthétique, l’éthique, la politique, l’idéel (la connaissance scientifique ou philosophique), mais aussi l’humanisation et la personnalisation, soit le devenir conscience (des chrétiens et affiliés, y compris monothéistes ou protestants évidemment). La philosophie tente seulement de décrire cette structure agissante partout et en tout champs, mais de fait s’attaquant à la réflexivité qu’est cette structure, (une œuvre est une œuvre et non un rituel, un groupe est une procédure politique non une communauté, une individualité est un projet éthique, soit un Idée, et non un corps langage pris dans un groupe, une vie est une intention de conscience et non une mort absurde, etc, pour faire vite), s’acharnant à découvrir quelle structure est en cause, la philosophie met le doigt dessus ; réellement. Elle touche du doigt « cela » même qui agit dans les devenirs réels.

Indépendamment de tous les contenus ; tous les contenus sont effets de sa cause. Et c’est cette cause qui est dite, découverte, dé-couverte, dénudée philosophiquement.

Pour les grecs n’existe que l’énoncé. Cela seul qui est énoncé, est, détermine notre être ; nous ne sommes rien d’autre. ou plus exactement ce qui est énoncé est ce à partir de quoi notre être resplendit, devient, s’augmente ; l’énoncé existe en soi et de plus fait-exister le monde, le corps, l’individu au-delà de l’immédiat. C’est l’effet unanime de l’universalisation (comme procédé et processus).

Pour les chrétiens (et affiliés, y compris les monothéistes), c’est encore autre chose ; le dieu fait-être notre être intégralement ; c’est pour cela qu’il y a conversion ; soit par la Loi (juive) soit par la foi (soit donc le retour-vers nous de la Loi ; dans la communauté en Esprit, et non plus selon le corps ou le monde, qui de par sa diversité sépare les consciences et sépare la conscience en elle-même).

La racine de la Foi est plus profonde en un sens que l’effet de l’énoncé grec ; elle se prolonge plus loin en et hors de nous ; elle est origine avant l’origine. Il n’est aucune magie en réalité ou irrationalité ; c’est cela le comble du comble. La pensée grecque ne peut pas remonter plus loin que l’universalité ; sauf en l’universel pur et simple (de l’idée de bien, la pensée de la pensée ou le Un plotinien, le principe « avant » les idées). Pas d’irrationalité parce que dans ces religions tente de se montrer à soi la structure réflexive même en tant qu’elle appelle chacun à être ; à produire en conscience cet être qui autrement est simplement « là », qui est-dans un-corps, qui est seulement d’un-monde.

Notons bien ceci ; ces deux procédés sont grecs et chrétiens (et affiliés) mais ne leurs appartiennent pas . autrement dit à partir de ce qui est dé-couvert, dénudé, il devient possible de lire ou relire n’importe quelle pensée, culture, croyance, identité, etc. ainsi l’art rituel ou sacré existe partout ; mais si l’on en veut l’esthétique, on s’aperçoit que l’esthétique même, en soi, existe réellement en n’importe quelle œuvre humaine. La vérité existe, la même, existe dans le bouddhisme ou l’animisme, etc. de même l’universalisation inventée par les grecs existe déjà dans n’importe quel langage. Ce que la réflexivité permet outre de dénuder notre être, c’est de laisser remonter toute réflexivité en toute humanisation.

Commenter cet article