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instants philosophie

Position de la philosophie II

21 Décembre 2013, 14:41pm

Publié par pascal doyelle

Le problème est celui-ci ; il n’existe, hormis la philosophie, aucun discours qui puisse porter à son maximum de cohérence une description maximum du donné « là ».

On prend tout ce qui est, tout ce que l’on a perçu ou ressenti, tout ce que l’on a lu ou entendu parler, tout ce qui etc. on tente alors d’en comprendre l’unité. Autrement dit dans l’unité en question, le maximum de perceptions, idées, imaginations, etc, doit être inclus.

Il s’agit littéralement d’un retour sur « soi », tout ce qu’il contient, de quelque manière que ce soit.

Evidemment le nœud absolu est celui-ci ; que ce soit un retour sur soi. Comment se fait-il et par quel détour est-il possible que nous puissions faire retour sur soi ?

Ce qui se fonde sur autre chose encore ; toute conscience (quelle que soit la qualification de cette conscience, qu’elle soit pensée ou volonté ou intentionnalité, ou âme, etc) est un tel retour. Ainsi il est un réel commun à tout-être-humain ; qu’il fait retour sur soi.

C’est grosso modo ce qui définit la raison ; la raison est la surveillance de ce que l’on énonce, de telle sorte que tout élément énoncé est justifiable (de quelque manière qui soit cohérente). On peut dire l’âme est ceci ou cela, à condition que dans le système on admette dieu, par ex ; qui seul explique une « âme ». Ensuite on doit justifier qu’il y ait ou non un dieu ; que l’on ait une âme justifie que dieu existe. il est très difficile de rompre un tel cercle ; parce que l’on peut difficilement nier que tout être humain est de fait distinct de n’importe quel donné ; on n’est pas ce que l’on est, puisque l’on en a conscience, et que l’on est autre que soi.

La question qui se pose n’est pas que cela soit cohérent en soi, logiquement, mais que cela soit cohérent en l’expérience même que cela procure, ouvre, rend possible, admet, fait-voir, et d’une manière générale que l’on puisse, dans tous les cas, constater. On constate que oui, effectivement je puis douter de tout, sauf de mon existence et que cette expérience est duplicable en et par chacun. L'interprétation de cette différence ouvre potentiellement l'hypothèse de dieu ; ce qui n'importe pas ici, (on ne sait si dieu existe ou non), mais ce qui importe c'est l'éclairage que l'hypothèse de dieu lorsqu'elle nous revient telle quelle ; à se demander donc ; qu’est-ce que ce dieu là ? Et l'idée que l'on s'en forme revient vers nous, et c'est cela qui intéresse la philosophie et non pas dieu prioritairement.

La logique est appelée dans le traitement de ce qui est énoncé ; mais elle s’applique à un élément, et cet élément est tiré de l’expérience élargie ; la vraie contrainte n’est pas que cela soit logique mais que cela soit constatable. Que l’on ne fasse appel qu’à une réalité qui soit accessible pour chacun et c’est en cela que réside le nœud méthodologique. (qui est plus que méthode, qui est notre-être).

L’exigence morale n’est pas que chacun étant un, doit être respecté comme un ; mais dans puisque je suis tel-chacun, n’importe qui, je ne voudrais pas que l’on me considère autrement que un. Si je me comprends comme un corps, on ne voit pas pourquoi ce corps çi serait considéré autrement que n’importe quel « corps », un animal par ex destiné à l’abattoir.

On comprend bien que c’est l’expérience totale qui est appelée d’une part (par le retour sur soi instantané que l’on est, que chacun est de fait) et requise d’autre part (selon une énonciation qui ne veut pas qu’il lui manque une partie de la réalité).

Que l’on puisse décider de ne retenir que tel ou tel élément, et de comprendre cet élément selon telle ou telle cohérence, cad tel ou tel constatabilité, c’est un choix. Il revient à chacun. Et personne ne peut en juger à votre place : personne. Il n’est pas de discours qui viendra vous tenir la main et vous dictera la conduite de votre pensée, cad de votre idée de vous-même, lorsque "idée" recouvre l'être "là" intégral que l'on est. Tout cela est indéfiniment libre. La question qui se pose est ; tel choix supportera-t-il le maximum d’éléments dans le maximum de cohérence possible ?

Si Platon privilégie le Bien comme idée régulatrice des idées, de toutes les idées, ça n’est pas pour défendre ce qu’ensuite (dans le christianisme dogmatique par ex) on nommera tel. C’est parce que le Bien offre le maximum de cohérence qui puisse respecter le maximum d’éléments. C’est qu’il s’agit avant tout de justifier de l’ambition de la pensée, ce qui signifie de l’étendue de son appréhension des choses et des êtres ; et il faut justifier cette ambition, non par ambition, mais afin que notre être ensuite puisse penser plus encore et encore plus exactement et que ce soit constatable.

On dira que justifier par l’expérience élargie, cad par la cohérence simple, c’est se livrer au n’importe quoi ; les expériences diffèrent. Sauf que précisément il s’agit de penser de telle sorte que ce soit le constatable qui puisse se transmettre et il n’est du reste que le constatable qui puisse l’être. Qui puisse l’être durablement. On peut expérimenter quantités de réalités, mais qu'est-ce qui se transmet réellement ? quel en est la substantielle réalisation ?

L’impossible problème est qu’il n’existe aucun autre moyen. Il est impossible de se confier à une connaissance non partagée, (qui serait réservée à quelques uns), ni à une science qui est découpage particulier dans l’ensemble, qui excède de toutes parts n’importe quelle science. On dit les mathématiques par ex, mais elles ne recouvrent pas tout ce qui est et de plus rien ne nous dit que les mathématiques ne sont pas elles-mêmes moyens d’autres fins. Croire que l’ensemble de ce qui est tel que cet ensemble advient pour chacun soit recomposable en un seul discours limité est une absurdité ; c'est qu'en philosophie ça ne revient pas à un discours, clos, limité, mais à chaque conscience ; ce qu’elle travaille est la conscience complète, indéfinie, de soi. Pour cette raison elle est désordre.

C’est précisément ce que promeut la philosophie ; que la pensée ou que le libre pur soient par chacun activables. La forme même « philosophie » est cette activité ; que l’exigence (de tout-rassembler de par-soi) soit maintenue et entièrement (puisque la forme même exige que l’on pense intégralement ou alors que l’on ne pense qu’à demi et donc en dessous du niveau de la formulation même).

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