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instants philosophie

Position de la philosophie III

22 Décembre 2013, 16:52pm

Publié par pascal doyelle

Croire que l’ensemble de ce qui est tel que cet ensemble advient pour chacun soit recomposable en un seul discours est une absurdité. La philosophie prépose un non discours, mais un discours suspendu, et c’est pour cela qu’il est constamment remis en question ; c’est sa forme même.

Aussi il importe peu de tenir compte en dur de ces discours dérivants ; parce qu’en un sens ils sont tous vrais. C’est juste que la réalité est à ce point vaste et plurielle (ce qui n’est pas seulement multiple) que tous les discours sont requis. Par contre donc il est impératif de connaitre ces discours ; ils non pas définissent mais détourent le point central.

Le point central qui lui-même ne rentre en aucun discours ; non parce qu’il n’est pas ou est impossible ou est néant ou fonction évanescente (qu’on logerait par ignorance dans l’âme ou l’esprit ou la pensée, etc), mais justement parce qu’il est.

C’est ce point qui est activé philosophiquement, mais ceci encore en prolongation de toutes les autres réflexivités ; politique, éthique, esthétique, idéelle (de science-connaissance et philosophie-savoir). En tant qu’il se veut intégralement explicitement « là ». Au devant de soi puisque la réflexivité est « ce qui refuse de se laisser faire ». Ce qui n’acceptera jamais qu’un élément présenté puisse décider pour nous.

Lorsque la philosophie rassemble tout ce qui est dans sa perception, elle ne le compile pas ; elle le soumet aux contraintes de cohérence. Par laquelle on est égal aux contenus ; aucun contenu ne se détient plus lui-même en gardant son hétérogénéité ; non pour appauvrir la diversité mais afin que la diversité se manifeste réellement comme telle, diverse, parce que seul ce qui est appréhendé nous est accessible tel qu’il est. Autrement de quoi il n’existerait pour nous qu’un enchevêtrement rapidement indistinct, passage d’un concret à un autre, sans mémorisation ni universalisation, et appauvrissement généralisé.

Lorsque la pensée est vraie (rassemblant un maximum d’éléments dans un maximum de cohérence à tel moment), ce qu’elle montre c’est le monde donné vécu dans toutes ses variabilités, et même dans sa variation (à supposer que toutes les idées se rassemblent elles-mêmes en une seule qui les expriment toutes et idée unique qui soutient, qui est capable de soutenir, de rejaillir en et par les idées et les choses à la fois). Il est consternant que l’on puisse comprendre la pensée comme un appauvrissement au profit de tel donné prétendument concret ; le concret ne s’anime que d’être admis en pensée, qui seule permet qu’il rejaillisse en variations. La finalité est de saisir ou d’être saisi (en pensée ou en réflexivités, esthétique par ex) de toutes les variations.

C’est uniquement bien au chaud dans ce qui est déjà acquis (droits de l’homme, science, philosophie, humanisme, etc) que l’on en vient à décrier cela même qui nous crée. Pour exemple, la révolté nietzschéenne est singulièrement naïve de ne pas vouloir saisir (il en joue) le platonisme comme augmentation fulgurante de notre être ; c’est seulement ayant intégré le platonisme ( ou la pensée en général) qu’un Nietzsche est possible, et ce serait ridicule si précisément Nietzsche n’était pas lui-même (en son jeu propre), le dépassement et l’actualisation de la philosophie entière. Sa révolte est interne au même destin, et lui est nécessaire afin de réactualiser la philosophie, et de destin il n’en est qu’une, parce que la philosophie montre cet être-çi, que l’on est, le point central tel que nous l’acquérons au fur et à mesure, qui est seul uniquement réel. Il n’y en a pas d’autre.

De même puisque nous possédons dès lors notre être en partie, selon les grecs et les chrétiens et affiliés, l’acculturation généralisée, l’humanisation et la personnalisation, etc, il est effectivement vrai que nous nous sommes attachés à démonter (l'ayant d'abord démontrer, puis montrer) notre être tel que là ; Marx ou Lévi Strauss ou Freud ou la linguistique, toutes les sciences, etc. Mais ce faisant nous usons d’un sujet ; le sujet abstrait de la science qui s’absente et ne veut que son objet ; en aucun cas il ne s’agit d’une pensée intégrale qui se-veut. En aucun cas elle ne sera capable de ramener à soi l’intégralité puisque par principe elle sectionne.

Quels que soient le langage, le groupe humain, le moment historique, la personnalité, etc, il est un être-identique en chaque être humain et un être identique absolument (il n'est aucune différence entre une conscience et un autre, elles sont formellement absolument identiques) ; si il ne peut pas se définir par les langages, peuples, personnalités, etc, quel est-il ?

Parce qu’il n’est pas non plus raison ou humanisme ou religiosité ou etc ; du reste la philosophie dans sa durée montre bien qu’il est par-delà « ce que l’on pense », et il n’en tient pas moins au travers de tous les systèmes comme unique procédé qui dévore les pensées comme les mondes humains. La réflexion que mène la philosophie est d’apprivoiser cet être dévorateur qui transparait au travers de n’importe quelle production, représentation. En ceci elle montre notre-être.

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