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instants philosophie

Position de la philosophie

19 Décembre 2013, 10:09am

Publié par pascal doyelle

Il ne faut pas prendre la philosophie comme assénant une vérité ; elle est la remontée antérieure ou les conditions de vérité ; son but peut-être non explicite est de manifester, faire voir, montrer notre-être.

Elle n’est donc pas relative aux idées ; ça n’est pas aux idées qu’elle est relative (ce qui permet d’interroger une « idée » ; qu’est-ce que c’est ? Sinon un rapport, aboutissant finalement, au bout du compte à un être-là, un être-ici-même, à être-ce corps tel quel et tel qu’il n’est pas abordé dans le quotidien, dans la fascination, dans les mises en ordre, dans les idéologies ou les religions, etc, ou tel qu’il est vécu psychologiquement, selon les diverses personnalisations, dont on a vu qu’elles étaient des inventions, littéralement ; folie, perversions et dépressions diverses, comme autant de réponses d’un moi, d’une personnalisation, larguée dans le monde donné unique « là »).

Si elle n’est pas relative aux idées, elle n’est pas un « ceci est la vérité » mais les conditions et toutes les conditions énonçables de la vérité (que l’on ne connait dès lors pas en elle-même, sur laquelle on ne se prononce pas). On ne la connait pas signifie qu’on la maintient mais que notre être est philosophiquement en stase, suspendu, pour ainsi dire. le désir de vérité est suspendu, le désir d’être est stoppé et extrait, extrait de lui-même ; qu’il faille des conditions pour la vérité soit, éventuellement, devient réellement et effectivement « notre-être ».

c'est cette suspension qui devient notre-être, qui forme système et système formel (qui n'est dès lors plus système d'idées). Les conditions de vérité comporte quantité de paramètres dont exemplairement le libre pur (il s'étend au-delà des techniques de véridicité).

De sorte que la philosophie ne préjuge pas de ce que « ça peut être « ; de ce que ça peut être ailleurs ou en un autre monde ou ce que l’on voudra. Elle substitue à un « ceci est la vérité » la remontée en cet être-çi tel qu’il est « là », et ce avec la plus grande hyper objectivité, si l’on veut, et la plus réelle rigueur ; elle décrit ce qu’elle voit, et quand bien même ce qu’elle voit, est ce qu’elle invente ; le chemin qu’elle trace est la réalité de ce chemin, ses résultats sont effectivement présents et articulés. Elle n’est donc pas séparable d’une « scientificité » dans la mesure où la cohérence, qu’elle soit celle des sciences ou celle de la pensée réfléchissant son être (fut-il en devenir) est la même cohérence (ce qui porte donc à se demander ; de quelle cohérence s’agit-il, qui se retrouve dans tous les domaines et qui avec ou indépendamment de la philosophie surgissent ; éthiques, esthétiques, politiques, acculturations, humanisations et personnalisations, etc).

Par la philosophie on remonte dans le corps de notre être ; et par conditions de vérité il ne s’agit pas du tout uniquement des conditions « techniques » de véridicité ; ça remonte dans la structure jusqu’à l’os de notre être (Descartes) dont on essaiera ensuite de reconstituer le squelette entier (des sciences humaines aux sciences dures, de toutes les philosophies qui suivront, des esthétiques, éthiques, etc, mais aussi toute personnalisation, tout moi, est en soi la reconstitution de notre-être ; tout être-libre est sa propre Idée, laquelle étant « rapports » avance dans l’épaisseur du donné « là »).

La philosophie est donc la discipline qui se positionne à la racine, en cet ici-même, sans préjuger de quoi que ce soit d’autre ; dont on ne sait rien a priori ni a posteriori (ceci étant reporté ailleurs et autrement, autre monde, dieu, âme, tout ce que l’on intuitionnera éventuellement soi-même). L’être de l’homme décrit est ce qui, la base qui peut, le devenir potentiel ou la structure effectivement donné « là », ou donc la prédisposition (qui laisse ouvertes toutes les possibilités de l’ordre de « ceci est la vérité », lesquelles positions sont donc secondes mais en un autre sens par rapport à celle philosophique).

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