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instants philosophie

Devenir soi, impossiblement

4 Janvier 2014, 10:25am

Publié par pascal doyelle

Puisque la philosophie n’est pas d’abord un système d’idées, mais premièrement le retournement de notre être sur lui-même, raison pour laquelle elle est difficile non d’être complexe mais qu’elle soit la suspension de notre être, (ce qui contrevient à l’attitude « naturelle » de notre identité dans le vécu), ce qu’elle avance est la progression interne à cet être. Notre être, par la philosophie, avance.


On ne le conçoit plus très clairement puisque nous existons tous sous la logique du libre pur, lequel étant-avec soi, se croit immédiatement lui-même ; il l’est, réellement, mais dans l’ordre des priorités il sera de ce fait toujours sous l’égide de sa propre Idée de soi, (il se croit un corps par ex ou un moi, ce qu’il est, mais existe d’abord comme Idée, qui non pas du tout commandite toute sa réalité, mais l’oriente, le rive ou le dérive, l’oriente ou le désoriente), et bien qu’il soit-libre, il serait absurde de croire que le libre se limite à lui-même ; il est dans sa nature, sa structure, de devenir, est l’introduction, le début intemporel à ce qui est (entre autre ...).
Si l’on doit comprendre la philosophie qui nait de et par l’universalité, et le libre d’autre part, qui lui semble contradictoire, c’est sous le principe de réflexivité ; étant « ce qui arrive » à l’humanisation, et tend à remplacer tous les mondes humains préalables. Au lieu de s’articuler comme synthèse (extrêmement complexe et intellective elle aussi) du monde donné là immédiatement et de croire vrai ce qui apparait (après tout il n’est pas de raison de douter que ce qui est perçu soit vrai), par l’universalisation, le devenir conscience, le libre, notre réflexivité s’articule selon sa propre cohérence.
Ainsi une personnalisation, qui est décrite comme identité psy (de quelque psychologie que ce soit, ou sociologiquement, etc) est une telle, pour chacun, articulation ; un être libre (sous entendu « qui se sait tel », se représente tel, et chacun est par statut dans le savoir de sa liberté, de droit par ex, mais aussi de toutes les productions ou créations esthétiques ou littéraires, etc) une personnalisation est dans le lieu de s’orienter, désorienter ou réorienter. Evidemment notre-être n’est pas « tout ce que nous sommes », mais la pointe qui rive ou dérive ; si notre être était la totalité de ce que nous sommes, notre identité, pour qu’il se meut il devrait placer et déplacer et remplacer cette totalité à chaque fois, ce qui serait impraticable.
Il n’en est pas loin de devoir se placer et déplacer tout entier, mais la pointe intentionnelle qui rive et dérive, peut en sa mesure (qui est fragile et subtile et pour cela se doit de s’astreindre à des distinctions, des séparations, des signes, etc) s’introduire en et par cette identité massive et crocher ou décrocher ici ou là la masse lourde. Pour cela il est impératif pour tout être libre d’être sensible et fragile ; puisque cet être pointu n’existe que dans le micro, le millimétré, le subtil ; mais tout autant selon le stratégique et tout autant le tortueux.

On ne manœuvre pas une identité massive sinon de ruser, de se ruser ; comme un tanker empruntant une passe dangereuse ; c’est notre être qui est incertain et incompréhensible, mais il doit devenir et exister de par soi, ne pas se laisser étouffer par l’identité massive, et ce par quoi il se maintient n’est pas du tout cette sorte de volonté monolithique (issue du fantasme du conscient sur de lui-même et d ‘une mécompréhension de Descartes, soit dit en passant), mais d’une ou deux notes éventuelles en bas de page.
Etant de subtilité, de distinction, notre être pointu s’oriente et désoriente selon des signes, il élabore invisible le tissage de signes minuscules.

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