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instants philosophie

la question de l'être

5 Février 2014, 11:09am

Publié par pascal doyelle

Si l’on en demeure à la recherche de l’Etre, on ne parviendra pas à saisir au vif ce que la philosophie renvoie.
Et elle renvoie à ce sujet ou cette structure qu’est toute conscience en ce que cette conscience est, est l’articulation au moins au donné, là, et peut-être à l’être en tant que « ce qui est ». c’est ce que veut Heidegger qui est le seul à prendre notre être tel que là, dans un monde certes mais en ce que ce monde est et qu’ainsi l’humain et le monde sont ouverts, exposés dans l’être.
Le sujet cartésien est posé sur le monde étendu, et attaché par son être propre, la volonté, à l’antériorité absolue qu’est dieu ; il est absurde de préjuger de cet attachement en arguant d’un athéisme ou agnosticisme. Il faut au contraire comprendre que le pont lancé entre l’infini et le fini, est très exactement positionné afin de faire surgir notre être en sa structure ; par dieu notre être se lance sur le monde et par ‘l’infinie volonté au travers de tout. il est de cette manière articulation pure et simple, quand bien même Descartes entoure-t-il cette structure de ses et ces formulations propres ; on ne peut lui demander phénoménologiquement, il n’est pas Husserl, et on ne peut que le comprendre selon cette avancée husserlienne pour ce qui nous occupe.
Or tout ceci, plus Nietzsche ou Kant ou Hegel, etc, vise à réorganiser l’ancienne articulation qui était grecque et qui administrait notre finalité en tant que recherche de l’idée de l’Etre. Il s’agissait d’augmenter notre limitation, individuelle, donnée, vécue, immédiate, par et dans cette élaboration seconde, en seconde puissance du langage, que l’on nomme la pensée ; la pensée est la cessation du langage et de la parole ; le langage est plié et réorganisé en et par une expérience radicale ; celle qui pose notre être comme vide, formel (l’idée de l’être est purement formelle et donc soumise à des contraintes, de cohérence en tant que compréhension, qui sera ensuite par Descartes des contraintes ontologiques, relatives à notre être précisément) et tel que son énonciation (cohérente) décentre cet être immédiat ; hors du groupe-langage-monde immédiat.
Cessation du langage, du groupe et du monde immédiat (de même que la science sera la mathématisation ; on connait le donné non de ce qu’il est expérimenté d’(abord mais de ce qu’il est réorganisé par « le plus cohérent qui soit », les mathématiques et le calcul ou les mesures), mais cessation et reprise du langage ; l’idée de l’Etre (ou du un ou du tout ou de la vérité, etc) est imposée au langage et le remodèle. C’est cette expérience radicale de « vouloir penser l’être » qui ré-administre tout ce qui est. C’est uniquement de maintenir une telle cohérence exigée que l’on passe de l’immédiateté (du monde particulier, du donné immédiat ou du vécu limité individuel) à son augmentation par et dans l’universalisation ; on perçoit plus, veut plus, pense et parle plus selon l’universalisation comme processus nouvellement découvert qui surpasse l’unilatérale parole dans un monde-groupe particulier.
N’étant plus unilatérale, la pensée est en elle-même et par elle-même contradictoire ; c’est que l’on est en la puissance seconde, celle qui se découvre après le langage et la seule vérité ; la vérité est devenue un principe et non pas un contenu. De même la liberté ne définit aucune finalité sinon celle d’être ou de décider ou inventer librement et donc la liberté est un système formel indépendant de quelque choix ou invention ; par contre comme système formel, elle les rend possibles. Ce sont ces deux systèmes formels qui s’imposent puisque nous basculant d’une saisie immédiate de telle ou telle vérité (il y en a des tas et des tas de mondes) en un seul, purement formel, qui les autorise toutes (à condition de respecter cette formalité de ce qui est ; puisque c’est cela… c’est que tout l’humain existe dès lors formellement d’abord et puis ensuite de telle ou telle vérité, choix, invention, etc).
Il n’existe donc pas de vérité en soi, mais seulement des vérités relatives à un principe de vérité généralisée d’une part et au fondement de cette vérité principe articulée à un être-libre.
On dira qu’alors les vérités sont disposées par l’arbitraire de cet être libre. Mais si elles sont relatives à cet être libre, cet être libre n’est pas relatif. En tant que système formel il est absolument certain de lui-même ; ce qui est marqué dès le début par la philosophie ou par l’extraction du sujet de Descartes (il est absolument certain qu’il est, même ne ignorant ce qu’est cet être ; cet être est formellement indépassable).
Autrement dit depuis le début nous sommes à l’extrême bout du monde, de tout monde, de toute vérité relative, et le principe de la vérité (généralisée) est en soi l’ultime. Le principe de liberté est indérivable ; il est ce à partir de quoi le reste, tout le reste se dérive. Pareillement il est inutile de comprendre la philosophie comme système de l’Etre ; ça ne fut jamais le cas, sinon par caricature. Ce qui révèle ensuite comme devenant système du libre.
Lequel ne veut pas n’importe quoi et n’importe comment ; il explore et s’aventure (en ordre et tout autant sinon plus en désordres évidement, heureusement) et est sa propre loi, mais il Est cette Loi, il est, en tant que libre, le système du libre lui-même. C’est systématiquement que le libre parcourt tout ce qui est au monde, et qui multiplie et diversifie les mondes possibles ; et que chacun est en sa personnalisation propre l’accès ultime à son être propre (tout autant subjectivement qu’objectivement, selon les sciences ou selon son vécu, selon non pas la soumission à ses conditions mais selon la reprise de ces conditions, selon donc ses délibérations et libérations successives et plurielles, le champ du libre est absolument ouvert et partout ; que l’on y regrette un ordre ancien est encore une décision et un positionnement face à un prétendu « désordre calamiteux»).

Pour les grecs la pensée, la raison, l’universel, n’est pas une contrainte abstraite ; ils découvrent cette possibilité indéfinie. Elle est une libération totale et intense. C’est devenu pour nous très limitatif, parce que nous nous situons dans le second principe, du libre pur ; lequel n’a pas seulement affaire à la pensée mais aussi au monde donné là, et sa variété à démonter, remonter, composer et inventer. le monde est contrairement aux grecs, le champ ouvert de ses possibilités (il était pour les grecs le champ ouvert de l’augmentation universelle de tout l’immédiat au-delà de lui-même, et non plus la clôture des mondes particuliers qui pensait le donné là particulier comme étant la vérité apparaissant et parlée dans le groupe).
L’idée de l’Etre était certes un discours objectivement réalisée par la pensée, et donc s’appliquant en tout et partout (en tant que non pas rouleau compresseur, mais à l’inverse comme révélateur de toutes les profondeurs du perçu, du vécu), mais la philosophie est passée outre depuis longtemps. Ce qu’elle recherche (ayant inventorié le pensable à partir de l’universalisation) ne se lilmite pas à la structure du « sujet » (entendu péjorativement) mais inclut dans l’idée formelle de l’être qu’il n’est pas seulement « ce qui comporte des choses définissables » mais contient aussi un être étrange qui ne correspond à rien du monde donné vécu.
Il faut donc comprendre Nietzsche ou Husserl ou Marx (sous la règle de l’être commun ou générique) ou Kierkegaard ou Heidegger comme décidant de recomposer l’idée de l’être en tant qu’il admet un tel-être étrange. C’est la même question qui est posée constamment ; au lieu d’appliquer la cohérence à un compte rendu strict selon ses contraintes et ses conditions de vérité, il est apparent qu’il cherche selon les conditions et contraintes du sujet ; c’est l’être du sujet qui est mis en place d’exploration en exploration, d’expérimentation de cet être-çi, lequel, c’est visible, ne le cède en rien à l’exigence de cohérence. C’est avec acharnement que les sujets tentent de mettre en exposition, d’exprimer, de représenter, leur être, leur structure réelle. il n’est pas de désordre ou de subjectivisme, ou de dépression généralisée suite non pas à l’abandon de la pensée-raison-vérité, ou de l’idée de l’Etre, mais suite à la poursuite de la même cohérence telle qu’elle s’investit, s’intensifie, se rapporte à son altérité fondamentale. C’est que l’être libre qui suit la pensée de l’Etre, si il est la suite de celle-ci, reprend intégralement sa cohérence et son exigence ; l’être libre est tel ; il est l’exigence ou l’intensité comme il se le dit à lui-même, et manie la plus grande précision (en sa description de et aussi à partir de sa structure) et la plus forte pénétration dans, vers « ce qui est, et qui pour lui se nomme le réel.
C’est donc une zone étrange et autre radicalement qu’explore le sujet (de là les départs et déboitements qui s’avancent en tous sens que ne peut pas prévoir l’ancienne vérité-raison-pensée) ; et il faudrait demeurer aveugle pour mésinterpréter ces explorations advenues (comme simplement révoltes, folies, subjectivismes, bavardages, dépressions, désespérances, etc) et/ou en rester à l’ancienne interprétation qui rechercherait encore une pensée de l’Etre, (caricaturant tout, y compris la pensée libératrice ancienne, et surtout les « subversions » dites telles comme cacophonies) ; laquelle pensée de l’Etre est non suffisante pour aborder les lancements, les advenues des structures-sujets que nous sommes devenus.

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