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instants philosophie

L'inconscient, le conscient, la conscience (esthétique)

31 Mars 2014, 08:30am

Publié par pascal doyelle

(Rappel, la « conscience » n’est ici en aucune manière la conscience idéaliste, le sujet idéaliste ou le moi, ou une entité mystique ou spirituelle ; elle est adise comme pur mécanisme de conscience vide fonctionnelle, qui s’est soudainement émancipée et a développé sa propre puissance. De même elle ne déploie aucun sens, mais elle crée ici et là ; sens et signification qui sont eux-mêmes pris dans la puissance, la potentialité de l’acte de conscience, qui avance et dévore les mondes humains ou les personnalisations, les systèmes d’idées ou les idéologies. L’acte de conscience est pure articulation au réel).

Si notre être est acte de conscience, la conscience n’est pas le conscient. On prévisage habituellement la conscience comme si elle était le conscient, mais cela n’a rien à voir. Par exemple ; pour le conscient un mot s’entend, se comprend mais pour la conscience un mot se perçoit. On perçoit d’abord le mot comme si il s’agissait d’une couleur ou d’un objet. Cela implique que perçu le mot ne sera pas nécessairement compris ; il peut très bien glisser dans la cervelle, sans être épinglé ou tenu en tenaille par le conscient.

Le conscient est ce que l’on entend dans l’oreille de l’autre, d’autrui ; est conscient ce qui est compris, la signification que l’on en retient en tant que l’autre va l’entendre et lui-même le retenir. Le langage est ce qui est retenu par l’autre ; cette fonction de survie est impérative ; ce sont les autres qui nous permettent ou non d’accéder aux objets.

Ainsi la conscience est à la périphérie et n’obéit fondamentalement à rien ; pareillement le schizo va percevoir directement dans le monde les signes. Le conscient est une zone limitée de la conscience si l’on veut, mais une conscience sans conscient s’affaisse ; elle déploie l’intégralité de son potentiel, peut-être, mais cela ne dure pas, ne peut pas se stabiliser. Il ne s’agit pas de remplacer le conscient par la conscience, (de même que le langage par le conscient, ou la cervelle par le langage), mais de voir que la conscience présuppose le conscient mais est en plus (de même le langage présuppose la cervelle et ses mises en formes propres, mais est en plus également). C’est une mise en étages dont le dernier palier suppose les précédents et intégralement et en leur spécificité.

Ainsi le sujet cartésien ne renie pas ce qui le conditionne (Descartes en est tellement d’accord qu’il ne veut pas du tout supprimer le corps ou les perceptions ou mémoires fines), mais s’ajoute ; le sujet cartésien est en-plus et ce qu’il dit de lui-même, c’est notable, ne tient que dans l’instant de le dire ; il ne sait pas si son sujet existe hors du cogito lui-même... (Descartes est absolument impartial et scrupuleux sur ses énoncés, lucidité exemplaire).

De sorte que la conscience est à la périphérie de ce qui est perçu et donc ce dont elle est la fonction est le monde, le corps, la perception, les ou la chose même. Elle implante ici et là des points de perception ; mot, couleur, geste, peu importe puisqu’elle n’est pas assignée come le conscient à tenir une parole entendue (au deux sens de audible et comprise). Pour la conscience énoncé en communication ceci ou cela, écrase le corps, la perception du corps. Et encore une fois ceci sans qu’il soit possible ou envisageable de se passer du conscient ; c’est par et selon les distinctions du conscient que la conscience peut mener perceptivement la perception (pour ainsi die) ; c’est en plus et autour des propositions énoncées que la conscience perçoit les variations et entame telle ou telle possibilité de tourner autour, de réunir, de recomposer, d’orienter ou de désorienter.

Aussi retrouve-t-on la bande Moebius ; la conscience tend vers l’inconscient mais ceci via le conscient ; lequel marque la cervelle de mots, de chaines signifiantes, de signes (qui sont entendus par l’autre). il s’agit d’un tricotage. Une trame dont les points apparaissent sur la surface duc conscient, de l’inconscient et de la conscience en acte dans le monde des corps, de la perception.

Ce qui revient à dire que l’on peut percevoir esthétiquement ; au sens plein. Une personnalisation par ex, perçoit esthétiquement son corps (puisque pour nous le moi est un acquis essentiel qui ne se rencontre à ce degré en aucune humanisation). Ou donc que l’on peut ou qu’il faut percevoir esthétiquement et cela peut s’acquérir, se travailler, s’approfondir, s’orienter ou se désorienter et que cela trace des explorations dans l’épaisseur. Et ce faisant on use du conscient comme d’un moyen, et de l’inconscient puisque l’on laisse venir à la surface (de la perception) la surface en-dessous du conscient, mais pas seulement ; on laisse advenir au-devant de soi ce que la conscience perçoit dans le monde, comme corps, comme possibilité qui apparaissent au détour du donné « là », du « là » immense et inconnu.

Puisqu’il est clair qu’alors le donné « là » n’est pas seulement cet objet ou ce geste, mais implique des variations d’objets et des modulations de gestes, que le possible surgit de la perception indéfiniment qui dessine dans la réalité d’autres mondes dans le monde. Et ceci non pas dans une abstraction mais dans une incorporation immédiate, celle du corps, puisque de perception exploratrice.

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