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instants philosophie

Avant et après Descartes ; la structure potentielle

19 Avril 2014, 09:03am

Publié par pascal doyelle

La pensée après avoir étendu sa capacité par les grecs, jusqu’à Plotin, et tenté d’adapter cette pensée à dieu ensuite (qui outrepasse la pensée même, puisqu’il relève de la dernière conscience indéfiniment réelle qui réunit toutes les consciences, par le christ qui fait-retour vers et pour chaque conscience, et le saint esprit qui dans la communauté en esprit réunit les consciences à l’exemplarité d’une seule, appelées toutes par l’unique conscience surdimensionnée de dieu ; toutes les consciences sont articulées par l’unique, communauté de l’islam et identité absolue du dieu juif),

La pensée s’arcboute donc en un-seul ; Descartes qui devient soudainement l’unique conscience qui règne ; non plus l’unique de dieu vers laquelle l’on devient (ce vers laquelle on se produit, par laquelle on nait à nouveau intentionnellement par le christ ; que l’on y croit ou non, c’est un fait archétypal unique qui e déploie partout) mais Descartes n’est plus vers l’unique conscience mais est le prototype qu’aucune « idée » notionnelle ne démontera plus, puisqu’il est, lui, l’être antérieur aux idées qui les articulent toutes.

Notons donc que pour les grecs la Pensée n’était pas non plus la « raison », cet objectivisme second qui signale l’absence du sujet (et donc raison tardive et elle-même proposée pour et à partir d’un sujet, que les grecs ne positionnaient pas, objectivisme du sujet absent que veut re-prendre Kant en ajoutant une conscience transcendantale). La Pensée grecque est la compréhension vivante de « tout ce qui est », par quoi enfin nous existons en notre être universalisant, activiste, qui comprend parce qu’il pense et non pas recevrait les idées tout extérieurement. La pensée est ce qui augmente la perception, la capacité de notre corps dans le monde, ce qui agrandit notre être à sa dimension universelle vivante.

Dans tous les cas, il ne s’agit nullement d’une raison froide et extérieure, mais de notre-être se mouvant enfin dans son devenir propre (qui a quitté les mondes particuliers, le groupe, le langage, et propose en échange l’unique monde universel, la politique, l’esthétique, l’éthique, le corps renouvelé, ce qui sera repris par le christianisme évidemment, et supprime le langage ayant en vue de le plier selon l’intentionnalité nouvelle, qui n’obéit à aucun monde, et impose l’idée, le rapport neuf qu’est l’Etre, en tant que surface vide, neutre, sans rien a priori).

Dans tous les cas on est sorti des systèmes clos (dans la mesure où toute philosophie reconstruit à zéro ce qui est, tout système est une articulation, un rapport ou série de rapports et non pas une fonctionnalité d’idées inertes et molles, ordonnées objectivement) ; aussi ce qui se découvre est notre-être littéralement, qui utilise les systèmes d’idées et donc de rapports (de rapports intentionnels) afin de devenir selon sa propre dimension intentionnelle , vide, formelle, aboutissant en fin de compte à élaborer un système formel (celui des conditions de vérité puis des conditions de sujet, et ce non en vue de la vérité ou de notre identité, mais afin que la réflexivité, qui n’est rien de défini, de déterminé, soit capable de se saisir de soi, de sa structure ; la philosophie est la manipulation de notre être par lui-même ; chose impossible et pourtant réalisée).

De sorte que la suite vint.

Descartes inaugure que cet-être est articulé non seulement par la réflexivité universelle (ce qui est déjà une réalisation absolue), mais aussi qu’il est à lui-même sa propre médiation ; qu’il se distancie, qu’il courre plus vite que lui-même ; que la volonté est notre être (que l’on tient de dieu, ce qui es t singulièrement remettre les pendules à l’heure quant à la nature de cette dernière conscience indéfiniment réelle du bout du fin fond du réel).

Leibniz et Spinoza qui paraissent dérouler la pensée, ne bordent réellement que la raison, qui est détenue par un sujet (le cartésien qu’ils tiennent par devers eux-mêmes, en étant radicalement marqués). De plus Kant et Hegel commencent de distancier d’une part les conditions de ce sujet effarant (Kant par le paramétrage du sujet transcendantal, n’oublions pas que le « sujet », n’est pas le subjectif, mais est l’articulation, la réflexivité pure qui est au-delà et autre que la pensée et la raison, que « sujet » signifie l’articulation réelle qui déborde de partout et se donne aussi bien comme éthique ou esthétique, ou politique, ou donc sujet individué, un cartésien, vide et formel absolument).

Kant et Hegel libèrent le sujet de sa réflexivité en ses contenus ; ils exportent tout au-devant de chacun ; et comme le dit sujet est la réflexivité, ceci atteint toutes les formulations ; de l’esthétique à la politique ou éthique.

Hegel est le plus stupéfiant en ceci qu’il débarrasse en un coup, la conscience de tous ses contenus ; le spectacle total de la pensée comme esprit (pensée Une du concept qui se-sait, Hegel entend par là « qui se connait », ce qui une mésinterprétation ; le savoir de notre être n’est pas la connaissance déterminée, sinon la réflexivité ne serait pas existante ; le savoir est la compréhension du formel), libère notre être de tout son passé, de tout son devenir. On voit par là que ce qui se réalise, se rend réel, est ce qui est effectivement en cours et ce qui devient ; le sujet cartésien est par Hegel libéré instantanément de tous ses contenus ; il se retrouvera tel Stirner complètement nu et sans rien.

Descartes impose donc notre être ; c’est notre être qu’il montre tel que un et là, instantanément (selon donc la méthode, le doute-cogito-infini de volonté, cad d’intentionnalisme, d’attentionnalisme pur, qui se suspend à être, qui est hors de l’être, hors de ce qui est). C’est la saisie, la saisie plurielle de cet être par lui-même, par sa rigueur et par son expérimentation, torturée, travaillée, qui aura, par lui, libre cours ; de Descartes à Lacan, en passant par Kierkegaard, Husserl, Nietzsche, Heidegger, Sartre, Lacan mais ceci pour les meilleurs repérages de notre être ; on peut ajouter d’autres et notamment Bergson, tout à fait fondamental dans sa tentative, mais qui « pêche » par son accointance aux données, réalistes, (c’est ce qu’il voulait et on ne lui reprochera certes pas !), desquelles il entend retrouver notre-être (qui en fait ne se retrouve en rien, qui est radicalement Autre que tout, autre que tout monde, tout univers, toute réalité, tout corps : tout.)

Les devenirs qui suivent Descartes sont donc l'expérimentation de "cet être que l'on est" ; qui élabore son système intentionnel en explorant son propre devenir, sa propre dimension. Il se prend de très haut, du plus élevé de son être possible ; afin de ne rien manquer, de ne pas mésinterpréter ; il dépasse tout objectivisme, qui ne prend appui que sur des réalités limitées, et selon tel ou tel principe de "réalisme" fausse la capacité même d'exister. Tout dépend de la densité et de l'intensité que l'on utilise au départ afin de produire le système formel intentionnel adéquat

Par Bergson, qui sait parfaitement ce qu’il fait, il ne connait pas nécessairement ce qu’il fait, mais il le sait (comme tout le monde en réalité ; on sait ce que l’on agit, même si on le connait pas consciemment, la conscience n’est pas le conscient). Par Bergson on découvre que la fondation en conscience prise, en prise de conscience de notre être, de « ce qu’il est », constitue la motivation à exister ; la motivation qui ne convient pas de tel ou tel donné, mais de la source même qui devient ; il interprète cela comme une orientation « magnétique », orientation de notre réalité, il veut inscrit cet être dans le donné de l’expérience, de la matière énergie ; aussi ne se place-t-on pas encore au pur niveau de Husserl, Heidegger, Sartre, Lacan ; qui partent eux, du creuset lui-même, de la structure ontologique vide et articulée à vide, dont le vide est non pas « rien » mais est ontologiquement un « être » de la nature duquel on ne connait rien.

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