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instants philosophie

La difficulté de la philosophie

16 Avril 2014, 09:38am

Publié par pascal doyelle

Notre être est donc situé tout en haut de la pyramide et si sa dénomination générale est « réflexivité », sa nature, son réel est nommé « conscience ».

Evidemment il ne s’agit pas du conscient ; la conscience est l’émergence qui rapporte soudainement (étonnement, aberration, existentialisme, excès, sauvagerie et violence) le conglomérat conscient-cervelle-langage-inconscient-corps au donné « là », ce qui veut dire au réel. La « conscience » n’est pas un contenu (esprit, raison, personnalité, moi, conscient, sujet inconscient lacanien, etc), mais est mécanisme, un mécanisme ontologique ; qui réclame donc pour se définir la philosophie. L’ensemble de la philosophie eut pour but de situer les points d’applications de l’articulation de conscience ; que ce soit la pensée des grecs ou le sujet cartésien ou la structure phénoménologique de Husserl, etc.

Elle ne reprend pas le donné tel quel (il est en soi, non connu a priori, et suit ses propres pistes et nécessités et contingences), mais ajoute une intentionnalité au donné ; l’être est le ramener en conscience de « ce qui est » ; l’idée de l’être est de réorganiser le langage, le conscient, le groupe, le corps, en cette intentionnalité nouvelle qui par les grecs se-sait, se représente (et non plus les dieux ou la nature ou les « forces »).

La philosophie est « ce qui a cessé de définir selon le conscient », en admettant que cet-être de conscience se-sait (mais ne s connait pas) et doit élaborer un discours complexe, cad tordu, qui rend compte de l’aberration qu’est son être émergent, qui n’appartient à rien et qui refuse de se laisser faire par quoi que ce soit (de donné, de là, d’inerte ontologiquement) et qui doit élaborer les possibilités mais aussi les dérives de cette articulation conscience-cervelle.

Ce faisant comme l’on se considère encore comme étant « quelqu’un » ou « quelque chose « , on passe à côté de la structure purement réelle, qui n’est rien, se définit ponctuellement (toute conscience est absolument identique à toute autre, par ex), et joue son propre jeu. Notre être, en son émergence, est autre que tout, rien en lui correspond et rien ne peut lui correspondre ; sans visage, sans représentation, sans idée ni système évidement, sans détermination, notre être est purement émergent ; autrement dit il est capable de tout, non pas dans les faits, mais potentiellement, pure puissance, pure virtualité, et n’est accessible en sa structure que philosophiquement. Toute autre « définition » que philosophique de cet être passe à côté ; pour cette raison la philosophie est « difficile » parce qu’elle pointe, montre, expose, est l’activité de conscience et celle-ci n’existe … qu’activement. Pour comprendre la philosophie, il faut philosopher.

Mais philosopher est donc la modification de "ce que" l'on est, de la fine pointe limitative de conscience.

Et philosopher consiste à se tenir au plus haut possible, au plus large potentiel qui soit accessible (et cette limite bien sur se meut, les lignes bougent, tout système définit les lignes de front mais, étant activisme, qu’il dépasse en et par lui-même, il montre "ce qui est au-delà" de chaque ligne posée). Le conscient se tient sur ses positions, il retrouve incessamment son monde ; la conscience est ce qui relie autrement et ailleurs tel ou tel monde, telle ou telle personnalisation, tel ou tel système.

La philosophie est ainsi ce qui ne peut pas définir raisonnablement, objectivement, consciemment en un mot, un objet, dans un discours étal, inerte ontologiquement, plat, mais puisqu’elle met en jeu notre être même (et donc l’être de conscience du philosophe) elle aboutit non pas à un irrationnel mais à un ob-jet ; un ob-jet complexe qui réclame l’ensemble des ressources (la conscience est l’activité émergente qui passe outre le langage, le monde humain particulier, le groupe, le conscient, l’inconscient, la personnalisation, etc, mais qui passe outre et ce compte tenu de tous ces dispositifs, elle est le dispositif surajouté aux dispositifs, et en aucun cas ne peut les ignorer).

Réduire la voilure, et redescendre dans l’objectivité ou l’objectalité (des psychologies ou du marketing) c’est ne pas se positionner sur l’émergence, et partir d’une prise en compte insuffisante de ce qui est. Ce qui n’annule en rien la validité des objectivités ; toute conscience émergente est au sommet, ou plutot à la limite des lignes, à la pointe de ce qui est déjà tenu, acquis, elle est en-plus de ce qui est et tisse dans le tissu même des réalités et réalisations.

De là que la philosophie poursuit au-delà des mathématiques, des sciences physiques, des sciences humaines, de la psychanalyse, des esthétiques, des politiques ; il s’agit de percevoir ce qui se dessine, ce qui peut se tisser au-delà des lignes de front. Mais ce tissage dans le tissu (du monde, du donné mais aussi du vécu et ceci concerne chacun dans sa personnalisation même) doit se dire de lui-même ; je philosophe ; puisqu’il ne s’agit pas de se prendre pour une objectivité ou encore moins un subjectivisme, une idéologie ou un marketing, cela ramènerait la position en-deçà de ce qu’elle se doit, de ce que l’on doit à notre-être, celui en-plus qui ajoute-à, qui pousse plus loin le réel. Qui avance hors de la cervelle (langage, groupe, conscient, inconscient, etc).

Il est donc depuis le début une continuité durable et assurée, formulant ses possibilités, l’élaboration du tissage articulé, purement intentionnel qui n’apparait qu’intentionnellement et en tant que l’on veut exprimer, mettre en forme (non plate) cette articulation ; on ne peut pas penser étale ce qui est une activité, un mouvement, un devenir, cad un possible. Le possible doit s’acquérir lui-même en tant que possible (sinon il s‘inertie abominablement).

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