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instants philosophie

Le moi comme catastrophe véritable

27 Avril 2014, 13:24pm

Publié par pascal doyelle

Le moi est en lui-même totalement une catastrophe.

Notons bien qu’il y ait un Moi, est un acquis, une conquête, une performance, du jamais vu , en quelques sociétalités que ce soit, et que ce moi se déduit, lui-même, de l’humanisation (la réalisation de l’universel philosophique en tant qu’Etat de droit, et d’abord de constitutionnalité, dont l’essence constitutionnelle est la démocratie ; qu’un Etat dérive en étatisme (de quelque manière que ce soit, soft ou hard, est une mécompréhension radicale de l’Etat dont l’essence est le démocratisme, qui donc «doit favoriser les mois et les sujets en ces mois », autrement dit qui augmente les continuons d’exercices des libertés, de l’être libre récupère la pouvoir autant qu’il peut là où il est), et que suite de l’humanisation la personnalisation (qui devait aboutir à une sorte de personne idéale qui n’existe pas), il en résulte un « moi ».

C'est-à-dire un être chétif, dont la qualité est précisément sa chétivité.

Le moi est cependant une catastrophe en ceci qu’il ne possède aucunement sa résolution ; la résolution des problèmes du moi, ses déboitements idiots ou ses conflictualités aberrantes, ne se résolvent pas. Pas du tout.

C’est que le moi, qui se croit une identité (moi-je, suis un-tel), n’est pas un être, une essence, un état de chose, n’est pas un objet psychologique ou sociologique ou ce que l’on voudra en « ique », mais il est un processus. La personnalité que l’on voudrait toute une, est un processus dynamique, (est une personnalisation, de fait dispersée dont elle tente de réunir les causes en posant sans le savoir un objet qui serait en soi désirable, mais qui est en réalité construit et artificiel), et qui n’existe, ne tient que de se projeter en avant.

Ce qui relève du dynamique se constitue comme intentionnel, mais l‘intentionnel le moi le connait pas (rappelons que l'intentionnel n'est pas ici un contenu, un idéalisme mais est l'articulation vide vers le donné, le réel, en bref ça ne constitue pas une idée de soi, mais un corps, ses gestes même) ; le moi connait, ou croit, ses objets. Ses objets sont sa, ses raisons d’être ; l’objet est désirable non d’être constitué tel par l’intentionnalité, mais en tant que possédant supposément des qualités qui le rende désirable. Or l’objet est donc toujours construit et abstrait et non pas désirable en soi et raison d’être. On ne désire pas la réalité mais on désire à partir d’une structure qui se fout excessivement de la réalité, qui la constitue comme réalité désirable. Ce qui se constitue comme dynamisme du moi, ses objets, est relatif non au moi, mais à l’intentionnel, pur et formel, et donc ne trouvera jamais dans l’objet lui-même de quoi se satisfaire. L’intentionnel seul « satisfait », cad en fait relance l’intentionnel. et pour résumer, le moi désire sous sa propre formulation, ce qui se constitue sous une autre, celle intentionnelle et qui est relative non au moi, mais au sujet, et s’étonne ou se désespère de jamais trouver dans l’objet ce qu’il y a placé, déposé, tenu en réserve de son identité. Le moi n’obtient aucune résolution qui ne peut se parvenir, accéder à soi, qu’en tant que sujet. Lequel n’est pas du tout le moi(et lorsqu'il passe du moi à son sujet, il s'aperçoit qu'il n'y a rien de désirable, mais que c'est autre chose qui s'active; la source même structurelle).

Il est évident que si le moi est la suite de l’humanisation, ce serait éminemment dans l’humanisation, dans l’universalité, qu’il pourrait se saisir de soi, en remontant de son état de moi à ses conditions d’élaborations d’acculturation ; de remettre à jour l’universalité, d’augmenter sa faiblesse de moi par la validité universelle ; esthétique, éthique, politique, idéel (science et philosophie), d’une manière générale de passer de l’état de moi au statut de personne.

Ce serait souhaitable, mais ça n’est pas l’essence spécifique du moi, qui à la fois est bien plus désordonné, incohérent et bien plus concret et en un sens « profond » en ceci que comparativement aux idéalités de personne, il creuse à même le concret de son être-« là ». L’être-là du moi est le plus inquiétant et pour ainsi dire, le plus inconvenant qui soit ; le moi ça part dans tous ses états, de la névrose à la psychose, de la perversion à la dépression diverse et variée. Parce que le moi si il est cohérent avec sa technologie même (le moi est une technologie), veut la vérité et que la vérité est pour lui, il le sait, non pas l’idéal de la personne (bien régulée et ordonnée, bien rangée), mais est l’embrouillamini effarant du donné tel que « là ».

Qu’est-ce que c’est que « ça » que je suis ?

Le moi, cohérent avec lui-même, avec son principe désordonné, sait bien qu’il n’est pas raisonnable (et n’admet l’universel que de loin) et qu’il n’est pas heureux (démolissant toute idéalité superficielle qui le définirait comme satisfactions, profits, profilant de la « vie », etc° ; ça se voit et il le sait. Il en est la conscience accrue. Il ne faut pas prendre les gens pour des imbéciles ; aussi ridicule et absurde que soient les mois, cad tout le monde, ça vaut le coup, ça vaut ce que cela explore ; le donné même, le donné absolument pas raisonnable, qui ne peut pas être raisonné, et qui pour n’en pas pâtir à l’extrême réclame une pensée. Névrose, psychose, perversions, dépressions et borderliners, effectuent cette horreur indicible qu’est pour tout moi (qui admet la vérité, cad la cohérence) qu’est la réalité, le donné, le vécu, le monde ; c’est un désordre sans nom. Une masse informe ; dont le poids repose sur les épaules ou le dos de tout moi. Il doit gérer « ça », ce truc si évidemment débile et débilitant.

Structurellement le moi est une synthèse ; il admet maints composants dont il doit assurer l’unité ; cette unité est une intentionnalisation (dont il ne trouvera jamais la résolution dans sa formulation de moi mais uniquement en celle toute autre de sujet, de sujet non comme « subjectif » mais de sujet réel). Le moi se tient sur toute la gamme de la perception, du conscient, du langage et des autres, de l’inconscient, de la cervelle et du corps, y compris ses physiologies. Il réunit tout ça tant que faire se peut. Et si il s’articule intentionnellement et existe dynamiquement, c’est que la réflexivité lui intime de passer outre tout ce donné là, et de se projeter comme désir et objet de désir. Ce qui est l'articualiton structurelle hors de la cervelle (et de tous ses contenus et dispositifs).

Mais ce désir et les satisfactions supposées, imaginées, fantasmatiques, de cet objet et ce désir-même échouent ; ça échoue tout le temps. Si le moi est proche de son désir, ça part n’importe comment ; ça ne mène à rien. Si il tempère ce désir, il peut plus ou moins s’adapter, se transformer en personne, bien idéale, et cela est tout à fait louable, mais ça perd ce qui constitue le trouble-fête du moi en son intégrité déraisonnable. Si il n’existait de vérité de la nécrose, psychose, dépression et autres dérives, on ne voit pas que tout cela existerait.Le

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