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instants philosophie

Le sujet et le moi

9 Avril 2014, 08:34am

Publié par pascal doyelle

Le moi cherche une unité, mais son unité est un bricolage de toutes choses vaguement rencontrées dans le vécu. Le sujet est son unification, mais celle-ci est formelle et sans fond, sans substance. Le moi croit le sujet qui le préoccupe possède une unité solide et substantielle, le moi ne peut imaginer son au-delà que matériellement ou corporellement investie. Le suejt sait qu’il n’y a rien de substantielle mais que par contre la forme existe et que c’est cela qui bouge et se formule.

Le moi est assujetti ; il n’est pas le centre de qu’il est (seul le sujet est tel, mais au prix de n’être pas « quelque chose », d’être un pur mouvement, ce qui implique également un mouvement certes mais structuré, architecturé, qui sait prendre ses appuis et ses navigations). Dans le moi, la conscience est son contenu ; ce qui existe est la conscience, mais ce qui se veut, se désire, perçoit, se saisit, ce sont des contenus. Pour le moi la raison de son désir est l’objet ; l’objet s’impose immédiatement comme désirable en soi. le sujet sait que l’objet est construit, rapporté, élaboré de çi de là, (et pour cette raison le sujet veut, lui, élaboré un objet complexe, un ob-jet, qui soit la manifestation de sa structure de sujet ; le sujet se déverse et à partir de la source qu’il recherche, le moi poursuit à la remorque du monde son objet).

C’et structurellement que l’on engage l’un ou l’autre, l’un et l’autre.

Le moi existe extérieurement en une image ; mais il ne voit pas le cadre et le miroir lui-même. Le sujet a perdu l’image mais il veut que le cadre et le miroir produisent des images, lesquelles seront non plus simples images, mais mages restructurées du dedans, difficilement appréhendables lorsque l’on en demeure à l’état de moi. Il faut se structurer comme suejt pour saisir et être saisi des images restructurées des sujets (ainsi le moi, qui est la personnalisation du 20éme, a produit quantités d’images, et de sons, etc, qui lui permettent de se saisir de soi, comme moi, l’énergie du rock, l’imaginaire de BD et de SF, le cinéma, évidement, à la fois en demeurant le moi qu’il est et en supposant dans ses réussites, un sujet par-dessous).

Le moi est saisi extérieurement, puisque son être est de contenus, et tendu par l’image seule ; en cette dépendance, il se soumet allégrement à l’objectivité (qui le caractérise par ex psychologiquement) ou à l’objectalité (du désir mais aussi du marketing, etc). Il est bien content qu’on lui tende l’image.

Le sujet est ce qui remonte dans la structure, et qui a abandonné les images (de soi, le suejt est sans visage, sans représentation, mais il ne se confond absolument pas avec le suejt absenté de la science et de l’objectivité, il ‘est’ cette remontée structurelle, et non pas substantielle, dans la structure antérieure à l’image ; la surface du miroir et le cadre du miroir).

Le moi est saisi par son extériorité et est déjà pris dans son contenu ; lorsqu’il tombe amoureux, il se saisit de ce qu’il est-déjà, de sa structuralité même ; c’est son apogée, sa mythologie (ce qui n’enlève rien) ; de trouver un contenu qui lui soit son être. Et plus loin c’est aussi sa sexuation, sa division du monde entre homme et femme (ou diversement), entre soi et autrui. L’extériorité du monde pour le moi, qui détient dans cette extériorité son intériorité, n’est pas l’externe monde donné « là » du sujet, qui n’a pour correspondant en lui que l’internalité de sa structure vide.

L’interne de structure et l’externe du « là », du grand dehors, ne s’opposent pas mais s’ajoutent, tout à fait autres, à l’extériorité pour le moi tel qu’il en a tiré son intériorité.

Esthétiques ou éthiques, ou politiques, visent à introduire aux voyages dans le structurel, de même la philosophie est la remontée dans le structurel de conscience, de notre être, purement vide mais architecturé ; le moi désire des choses du monde( qui sont sa raison d’être, littéralement) mais le sujet produit des ob-jets, complexes, qui lui montrent son être ou montrent plus exactement l’agissement de son être formel aboutissant à des « choses » non compréhensibles, puisqu’elles bougent sa structure même.


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