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instants philosophie

L’objectivité et au-delà

8 Mai 2014, 08:30am

Publié par pascal doyelle

Il est par ailleurs impossible, comme dit, de laisser ces devenirs pluriels à une contingence quelconque ; une sorte de conglomérat de déterminations arrangées de tel ordre arbitraire ou négligeable. Parce que la compréhension consiste à placer l’intellectivité de ce qui est, au niveau où cela s’existe ; si notre être est indéterminé (il absorbe de fait toute détermination à sa portée et celles qui lui manque il les invente), on ne peut pas lui substituer une prédétermination que l’on situera qui dans la nature, qui dans le langage, ou dans la logique des groupes, ou dans le corps, etc.

C’est à partir du rien, mais du rien structurel, que les réalités sont pensables adéquatement ; on remarquera alors que les pensées suffisantes, adéquates, sont celles qui ne se précipitent pas à définir « ce par quoi l’on pense ». on se référera à l’idée du bien de Platon, au un de Plotin, à l’esprit sujet de Hegel (qu’est ce que cela peut bien être ??), à la volonté toute formelle de Nietzsche , etc.

Dans ces unités super éminentes on serait peut-être tenté d’y placer le mana ou quelque formule éthérée, mais réellement le bien ou l’esprit hégélien sont cela même qui structure la pensabilité. Ici encore l’activisme de réflexivité ne se place pas comme une unité béate antérieure, mais comme le bout du bout de l’architecture intentionnelle ou donc inversement comme ce qui rend possible, origine, si absurdement en un retour effarant, les développements accumulés en dessous ; que le bien surexiste implique que les idées soient (soient l’augmentation de la visibilité du monde rendu à lui-même, à sa forte distinctivité par essences, qui hors les idées n’apparaitrait pas).

Il est absurde de réduire le bien (ou toute faitière architecturale semblable) à une figure dissimulant l’être ; c’est cela même qui permet qu’il y ait une visibilité de ce qui est, qui autrement se perd dans une détermination qui sacrifie, inadéquate, des pans entiers de réalités en plus d’ignorer l’unification plurielle mais une parce que formelle, qu’opère notre être sur tout le donné gigantesque.

Or si l’on suit le procédé général qui consiste à placer au-delà de la pensabilité cela qui rend possible cette pensabilité, on aboutit toujours à une tautologie (apparente donc comme vu) ou à un blanc sans visiblité, par quoi l’on invoque l’œil qui perçoit mais ne se voit pas lui-même. Ou encore on s’épuise à croire être en mesure de déduire la pensée, de transformer donc la lumière en tracé objectif, alors que hors de la lumière tenue telle il n’est plus que l’obscurité, divers aveuglements limités.

Cette prédétermination qui parait intrinsèque à la raison, la rationalité, l’objectivité, les mathématiques, continue de tenir l’objet ou l’objectivisation ou l’objectalité comme le summum de l’apogée définitive. Elle voudrait se saisir là devant de ce qui est. C’est qu’un tel principe admet implicitement ou clairement que la raison ou la pensée froide, nait (on ne sait comment) dans un sous être, une sorte d’animal humain doué d’un peu de raison, bien que l’on ne sache pas trop ce que cela signifie, qui doit s’élever, s’efforcer de ressembler à ses pensées, à sa pensée, ou une espèce d’animal contraint sous le rouleau de l’universel qui n’existe pas du tout comme individualité singulière, laquelle décrète-t-on est impensable et donc non existante selon ce critère abstrait, ou encore un être psychologique, animal parlant, parlêtre, et la vérité toute extérieure l’abreuverait comme un tel animal, cqfd.

On ne voit pas ce qu’il y a de démontrer de la parousie la Vérité (mathématique, universelle roide, universalité inerte et abstraite, objectivité).

On voit plutôt que la vérité est énoncée d’un point qui se sait, et qu’aucune vérité énoncée n’est susceptible de convaincre ce point individué, sinon d’une arme sur la tempe ou d’avaler un antidépresseur, ce qui est de la triche flagrante, ou de longues très longues séances de psychanalyse qui vous convainc que votre sujet inconscient vaut bien mieux que votre petit moi étriqué (ce qui par ailleurs mais autrement est peut-être à demi vrai). On remarquera que la Révolution cet idéal en sautoir, qui prétend annuler la révolution unique réelle (qui eut lieu partout, ou s’y simule affreusement souvent), est équivalente à la Vérité, objective, remplaçant le pauvre animal éberlué, par la chose aliénée, et pour qui la dite révolution pseudo universelle ressemblera aux abattoirs.

(La révolution unique est celle réelle qui ne fut pas voulu décrétée, mais s’est imposée réellement dans l’historicité réfléchissante et dont on ne peut pas y substituer une pseudo réflexivité).

Puisque l’on pose au préalable le pauvre animal tronqué qui n’est rien sans la clarté éblouissante de la raison, des mathématiques ou des objectivités, il est clair que l’on ne songera pas ramener la Vérité à un être plus demeuré, plus misérable qu’elle.

Le problème est que la raison vérité ne peut pas se fonder, et que le sujet n’est pas l’animal langagier (ou variante). Ce qui s’est imposé ça n’est pas la raison, mais la réflexivité ; soit donc à la fois la pensée digne de ce nom et le libre pur d’un sujet qui est autrement consenti et performant que toute dérivée théorique ou abstraite et surtout qui dénote totalement d’un être psycho-physiologique. Quelle aberration si l’on ajoute que le sujet n’est rien que le corps lui-même, mais qu’il est entièrement sujet et absolument corps, qu’il est donc une assomption fondamentale qui transmute le corps lui-même.

Mais un corps tout autre.

Et donc la réflexivité n’est pas la réflexivité d’un être sur lui-même, mais la réflexivité est l’être lui-même ; notre être n’est pas autrement qu’en suspend indéfini. Mais cet être en suspend est. Il relève d’une certaine nature de ce qui est, d’un mode d’être de l’être (ce qui plus incline à devoir penser l’être lui-même selon cette révision ; si il est au moins un être, très bizarre, qui est supporté par l’être en général, quel est la logique de cet être général, qui est au moins aussi étrange).

Si il est un être bizarre dans l’être étrange, et que cette bizarrerie et plus loin étrangeté, ne cède absolument pas sur la cohérence, (c’en est même l’originel, tout purement), cet être bizarre est ce qui a tramé sous couvert de notions, d’idées, de systèmes, de constructions, une visibilité de sa structure mais qui également a élaboré ses ramifications intentionnelles (vides, sans contenus, par delà le idéalismes ou les matérialismes, les subjectivismes ou les objectivismes, les domaines tels l’esthétique ou la politique, par-dessus l’humanisation à fondement universel ou la personnalisation à fondation du libre pur), et ce système est lui-le réel.

Puisque l’arc réflexe interne à la cervelle donne sur la réalité « là », est l’accrochage de cette cervelle à l’externe, au grand dehors. De même non attaché essentiellement à la raison, ni même à la pensée (bien que pensée rende bien mieux compte de ce que grec signifie), ce qu’il manie est une structuration du donné ; ça tombe dans le « là », la conscience. Ça débouche dessus. Et il devient impossible de lire même les dérives apparentes vers dieu ou vers le ciel de l’idéalisme ou l’éprouvant engouffrement idéaliste allemand autrement que comme une telle exploration rigoureuse et précise de cette articulation même ; ça ne parle pas de contenus mais de mouvements vers, vers la saisie impeccable de notre être en son mouvement même.

Pareillement il est rendu à rien de croire constater le drame de la cohérence en Nietzsche ou Heidegger ou structuralisme divers, dont finalement la neurobiologie ou autres sont des variantes ; Nietzsche ou Heidegger maintiennent la cohérence et c’est uniquement que celle-ci ayant atteint l’être là de notre structure, cherche en fouillant sa pesanteur (H) ou lance fondamentalement une fusée au travers de tous les donnés (N).

Si notre être est la réflexivité telle quelle (sans qu’elle soit la réflexivité d’un « être » sur lui-même, la réflexivité "est" cet être), ça n’indique pas platement du tout une raison ou un corpus d’idées, mais un attelage forcené.

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