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instants philosophie

La catalysation de l'abîme

14 Mai 2014, 09:38am

Publié par pascal doyelle

La logique du devenir

A partir de la dé-couverte de notre être par les grecs, ce qui vient au jour, ce qui nait, est ce qui s’apparait à soi-même comme entièrement dépourvu de toute qualification, permettant que cette inqualification pure et simple (dont on n’a pas encore exposé la pureté et la simplicité fondamentale) puisse exposer l’intégralité de tous les contenus.

L’acculturation et l’a-culturation (tous prolétaires)

Tous les contenus de conscience sont exposables et déposées « là ». Ce que notre pensée a mené bon train, dépliant toutes les cultures et toutes les civilisations, toutes les humanisations et ce en cet immense recollection qu’est l’acculturation (rappelons qu’acculturation ‘entend en de directions ; d’une part a-cculturation qui est une absence de culture, une a-civilisation, une non civilisation (intégralement positive) et pour cela mondiale, qui ne tient à aucune terre, peuple, localisation, temporalité. D’autre part en tant acculturation, volontaire, voulue, partie de rien, du vide formel, pur et simple et qui s’élabore à et pour et par ce vide formel ; les philosophes grecs créent la pensée hors du langage, hors du groupe, et élabore le réseau intentionnel, l’architecture d’idées qui sont des rapports, institués et créés par et dans l’intention vers l’être, pure surface vide et neutre.

C’est l’idée -rapport de l’être comme surface vide qui maintient les grecs dans la pensée, de même que ce sera l’idée sujet, purement décrit, cartésien qui portera tout le possible succédant.

La dévoration de ce qui est

Ces deux-là dressent les formes ontologiques uniques du saisissement par notre être vide de lui-même et de « là » où il est ». on est posé sur une surface « là » et on est un être qui n’en a d’autre que son rapport à cette surface vide, étant lui-même purement formel, sans rien, expulsant tous les contenus, mais d’une manière effarante ; en les dévorant.

Il dévorera les grecs comme le christianisme comme l’humanisation par la personnalisation et la personnalisation se dévorant elle-même ; la structure de réflexivité (qui est le sujet pur et simple, cad retors, difficile, impossible, aberrant, distordu, qui ne peut pas se penser ou se saisir mais qui pense et veut se saisir) est ce qui travaille, torture, accélère, produit indéfiniment les mondes et les personnalisations.

L’intentionnalité vide

Pour éviter les quiproquos, Husserl a tort de présupposer que l’intentionnalité va vers, se dirige, élabore un contenu intentionnel, un idéalisme ; ça n’élabore rien du tout, ça crée sa propre dimension vide. L’intentionnalité est un système formel sans rien, qui épuise les mondes, les personnalisations, mais aussi qui épuise le sens. Ça n’a pas de sens, c’est le sens ; de produire, de démultiplier les significations, pour rien, comme ça, c’est son boulot, son travail formel pur et simple.

L’a-civilisation

Ce qui s’apparait à soi-même c’est le mécanisme de conscience (débarrassé de tout contenu, de tout groupe humain, de tout langage, de toute immédiateté ou localisation et donc mondes particuliers humains).

Ce qui s’impose, pourtant, n’est pas la raison ou on ne sait quelle civilisation spéciale ; puisque cela qui fut créé, a été repris incessamment par quantité de possibilités, non grecques, de même que la réflexivité fut produite purement par le christianisme et outrepassât ce christianisme lui-même.

De sorte que l’on ne joue plus civilisation contre civilisation, mais que l’on s’existe de la même identique a-civilisation mondiale hors des localisations particulières, et au fondement de laquelle il est l’être vide acquérant sa formulation même d’une part (elle ne sait encore « ce que elle est ») et dépouillant les mondes et les personnes d’autre part.

Et ce qui se crée est le système formel d’un tel saut périlleux, hors de tout donné, de tout monde, de toute personnalisation, qui vise à explorer l’articulation par delà les civilisations dans l’a-civilisation, la première, de notre être, de notre être vide qui n’est pas « rien » mais qui est formellement existant.

La cohérence et son attraction

Si ça n’est pas la raison qui se lance dans la réalité (en se représentant elle-même comme réflexivité, les grecs savent parfaitement que « ça réfléchit » et que la philosophie est la pensée, la théorisation que ça se réfléchisse, en esthétique, éthique, politique, hors des groupes resserrés humains, et que la philosophie d’une part théorise ce mouvement, qui existe hors d'elle, et en même temps prend sur soi sa propre part de réflexivité et enfin accélère de ce fait considérablement que « ça pense » architecturalement une intentionnalisation généralisée).

Si ça n’est pas la raison, c’est quoi ? On nomme cela la réflexivité en tant que ça n’est pas un être qui se réfléchit, (qui serait préexistant à la réflexion), mais c’est la réflexivité qui est cet être. De même que le sujet est la réflexivité qui se sait soit implicitement, soit ayant extrait son être au-devant d’elle-même, se sait explicitement, comme pensée grecque ou sujet cartésien.

Soit donc à partir du mécanisme minimum qu’est la conscience-de, il se re-présente, à lui-même (se nomme pour les grecs non pas « raison » mais pensée, idées de rapports via la surface vide l’être), et commence d’élaborer la machinerie de ce mécanisme et que l’on nomme intentionnalisation ou tout aussi bien intensité, intensionnalité .

L’intensité, l’intensionnalité de l’intentionnalité

Puisque cet être, se produisant à ses propres yeux, rend absolument intense et furieuse la conscience qu’il a de lui-même. La conscience qu’il a, il l’est. Et si le mécanisme formel s’impose instantanément et commence de courir le monde, le donné et les vécus ; c’est qu’il est « ce qui refuse de se laisser faire ».

Ce qui refuse d’admettre quoi que ce soit, sinon lors qu’accepté dans la surface vide et formelle de l’être et donc selon la cohérence fondamentale vide qui énonce en idées ; par des rapports qui existeront tous « là », au-devant et en saisie au-devant de cet être lui-même.

Celle qui outrepasse les synthèses hâtives (de tel ou tel monde particulier humain, de tel groupe ou langage, de telle personnalisation ou de telle perception ; esthétique, éthique ou politique engagent le combat pour leur propre compte et leur propre ligne de devenir soi, cohérence réflexive libre). Saisie en conscience qui précipite cet être lui-même au devant de lui-même, et ce non dans la réplique de lui-même (il n’est pas, n’est rien, que pourrait-il dupliquer ?), saisie qui l’écartèle et le transporte de là où il pense vers ce qu’il ne pense pas, mais qu'il "voit", parce que cela tient au corps même, là dans le donné monde des grecs, là dans le sujet invraisemblable cartésien, là dans le surgissement nietzschéen du "je suis un poitn c'est tout" (et qu'il ne connait pas ; puisque c’est un rapport et qu’il connait un peu ce dont il part, mais ne sait pas à quoi ça aboutit, il le subodore plus ou moins sans rien voir du tout ) ; ce basculement ne le déporte pas hors de lui-même, mais est ce par quoi il précède son être et par quoi il tente, veut son être le ressaisir ; par son être même il refuse de se laisser faire ; il ne se constate pas « là » comme grec ou chrétien ou René Descartes, il est dans la précipitation de catalyser son être dans le mouvement d’y devenir, parce que de se nommer grec ou chrétien ou Descartes, il est déjà passer à autre chose, ailleurs.

Si l’on se tient dans le conscient, la chose nommée est la chose dite, mais si l’on se tient en réflexivité toute nomination renvoie à son mouvement et par exemple, il est impossible de comprendre Descartes sans l’interpréter ; ça réclame un autre surcroit de conscience ; on ne sait pas où cela, tout cela, aboutit ; ça avance et c’est tout. Il faut se méfier de telle compréhension de Descartes, parce que réflexivement rien n’est clos ; les grecs ne sont pas connus, ça devient encore. Ça reporte dans et vers le rapport surplombant toutes les réflexivités qui avancent vers leurs possibilités.

De par soi-même

De ce fait la philosophie n’a jamais dévié de son trajet dans le réel. Puisque ce devenir est libre instantanément il y eut évidemment quantité de possibilités explorées, mais ce n’est pas le système « vrai » qui devient, c’est cet être de réflexivité et donc peu importe les systèmes ; c’est toujours le même être structurel qui se veut. Il les use, les épuise, les utilise et se conclut finalement de ceci : pensez !

Acquérez vous-même cet être, qui ne peut pas être dupliqué d’en haut, transversalement copié collé ou imposé d’un autre point ; il est votre être. De là, que la difficulté de la philosophie modifie cet être même et ne peut pas s’objectiver. C’est en tant que vous produisez cet être en-plus que la structure, réelle et « solide », se produit.

Le report invisible de l’être réel

Ce qui n’est pas prévisible. Ça se produit, mais ça ne prévient pas. De sorte que l’on peut même supposer une influence, ce serait la déesse ou l’inspiration ou le langage ou l’inconscient, ou ce que l’on voudra. Parce que ça ne démarre pas du conscient mais de la conscience.

Ça se déclenche et commence de happer ce qui est, ou alors ça travaille en sourdine dans les humanisations ou les personnalisations, de toute manière « cela » existe. Cet être en plus qui n’appartient à rien, qui veut tout et se veut intégralement.

Si il fut dé-couvert par les grecs, ou les chrétiens (parce que le christianisme fait retour vers le dieu mono, est ce retour réflexif vers, et ce retour modifie tout, toute la logique antérieure du « vers-dieu » , c’est tout autre chose qui advient là, qui est fondamentalement réflexivité ardue et difficile, qui reprendra aisément les grecs, la pensée, etc), si il fut dé-couvert par les grecs, on ne sait toujours pas ce qui est apparu, effleurant là le sol réel. Cet être.

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