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instants philosophie

La surface antérieure à notre moi

24 Mai 2014, 15:18pm

Publié par pascal doyelle

On n’est donc pas le moi que l’on est.

Pour qu’il y ait un moi, il faut que quelqu’un regarde. Comme on n’attend pas qu’il y ait réellement une autre personne pour être qui l’on est, il faut donc supposer que l’on est toujours ce quelqu’un qui regarde et qui n’est pas le moi.

Or le moi sait ce qu’il fait ou dit, ou perçoit, plus ou moins, et considération prise de ses limitations pratiques. Si celui qui regarde n’est pas le moi (puisque le moi se sait au-devant de lui-même), alors celui qui regarde ne se retient pas, ne se mémorise pas, en tous cas pas de la même manière que le moi.

Ou donc ; il faut toujours supposer un point de vue pour que quelque chose apparaisse. Ce point de vue, on le sait, n’apparait jamais. Même si on le convoque, il est « ce qui convoque » et non pas ce qui est convoqué. On ne peut jamais saisir le point de vue en retrait.

Lors même que le moi non seulement fait comme si il était le moi actif dont il est question, mais lors même que le moi Est réellement un tel moi actif, il contient ou plutôt est déporté par le devant par le regard qui le pose.

Comprenons bien que le moi est réellement ce moi là, et qu’il est lui-même, et que personne ne prend sa place ; il ne s’agit pas d’un double ou d’un autre être ; c’est une structure qui existe ou qui plutôt préexiste.

D’aucun présente que cette structure préexistante se produit non pas d’abord, puis le moi, mais qu’il y a d’abord un moi qui produit par l’envers un tel regard (qui le suppose et donc IL se produit). De sorte que le regard contient comme en inversion ou double face le moi lui-même ; qui retient pour sa part ce qu’il veut bien, ou donc évidemment ce qui le compose plus ou moins raisonnablement et en tant que ce moi a à se présenter (au devant des autres, de soi-même, de son corps, etc). qui se compose au-devant.

Mais qui n’a aucun accès à la conscience de surface première.

Il n’est pas question de définir cette "préconscience" comme existant en soi et dotée d’une unité ou d’une identité ou de lui affecter des possibilités de quelque ordre que ce soit. il faut la prendre comme une surface parfaitement unie et unilatérale. Elle n’a qu’une seule face. ce qui est absurde et impossible, mais il faut entendre que l'autre face est composée par le devant par exemple du moi ou de la perception.

Sauf donc que ce qui se produit (le moi par ex) se produit au-devant de cette surface. De sorte qu’elle le sait, mais elle est impossiblement objectivable, objectivisable. Elle recule continuellement. C’est structurellement qu’elle recule, sur la même surface unilatérale.

C’est cette unilatéralité qui permet que se produise un moi. Le moi peut se connaitre (je suis un tel, etc, je perçois ceci), mais ceci sur la surface première, qui n'apparait jamais.

Il est probable que la surface première se produise d’un moi, qui se rétribue à rebours par la conscience première. Mais ceci n’importe pas pour l'occasion. Parce que cette première surface qui se produit, est absolument parfaite et native.

En ceci ; qu’elle acte un être spécifique, qui existe comme ça, ainsi ; de se produire en plus d’un moi.

Il serait, il eut été étonnant que l’être humain soit si aisément et « là » comme une chose, même une chose complexe… C’est uniquement de manière retorse que l’on est. Parce que cette re-torsion est cela seul qui nous constitue comme « au-devant » « là ».

Avancer donc que cet au-devant est « conscience » ne signifie pas qu’elle est « conscience de soi » (de quelque "soi" que ce soit), mais par contre elle est un point, un point au-devant, se produisant sans doute par un moi (une personne humaine, telle que décrite par la psychanalyse de Lacan), mais ce point, cette surface point se propose ou doit être pensée ou com-pensée en tant que conscience à même, conscience surface.

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