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instants philosophie

Le devenir pointu de notre être

7 Mai 2014, 17:50pm

Publié par pascal doyelle

Il faut donc placer d’emblée qu’il y eut l’émergence de notre être.

Ce qui s’impose au travers des deux modes (grecs et chrétiens et affiliés) et indépendamment de ceux-ci (qui en sont les effets), c’est l’être réflexif ; autrement dit notre être en tant qu’il se sait purement et simplement face à face, et qu’alors de cette représentation, il s’accélère.

Il existait auparavant mais cette fois il se rencontre et se veut.

Déroulant toute sa capacité il crée une acculturation gigantesque, hors de tout monde particulier, ayant accès au monde unique, de même qu’il se sait tel quel en tant que l’être de toute humanisation, quelle qu’elle soit et quel que soit son monde, et ayant affleuré, cet os, au centre de l’historicité, sur quoi il devint possible de prendre appui. Acculturation qui au travers de déploiements continués, se cristallise comme universalisation et humanisation, puis comme libre pur et personnalisation.

Ceci repose en somme sur l’hypothèse que ce qui se parle en tant que réflexivité, n’est pas une idée ou une représentation (et donc ne dispose d'aucune intériorité ou contenu ou essence ou idéalité ou raison ou esprit ou logos, laissons tout cela), mais qu’il s’agit de notre être même comme structure, arc boutée sur le réel. Il se parle et se figure lui-même comme pensée ou comme dieu du retour vers-nous, et ce en un arc réflexe aigu qui empêche que l’on réduise cette pensée ou cette singularité christique à de simples énoncés. Mais à rebours qui pousse à les comprendre comme signe et orientation vers la structure dont l’un et l’autre sont des effets, ses développements, que ni les grecs, ni le christianisme ne figent(ce qui se voit suffisament de tout le devenir ultérieur, et qui vaut ontologiquement).

Si c‘est notre être qui apparait en s’apparaissant (son expression, sa représentation dans la pensée, accélère et précise et augmente et amplifie sa capacité même, puisqu’étant réflexivement, lorsqu’il se sait, il se démultiplie indéfiniment), tout ce qui suivra cette apparition ne cherchera pas la vérité ou le sens des choses, mais épuisera vérités et significations, en les redoublant ; autrement dit l’apparition de notre être (réflexivement face à soi) dépasse toute vérité et toute signification, car puisque cet être est, c’est sa structure qui se dénude, se dépouille au fur et à mesure. C’est son déroulement même qui est « ce qui est » ou le sens de notre existence.

Cela implique donc que nous nous vivons non plus par telle vérité ou par telle personnalité, mais en tant que principe de vérité ou principe de l’être libre, et que tous les contenus ou tous les choix postérieurs ou conséquentiels sont seconds ; principe de vérité (ce qui n’est pas la détention de la « vérité ») et principe de liberté (ce qui ne commande aucune autre morale ou éthique ou politique ou inventivité que celle du principe de respect du libre pur de chaque conscience) sont l’épaisseur transcendante, non existante (qui n’existe pas comme le monde ou la détermination), incompréhensible, insituable, impossible, l’épaisseur même, le poids, l’exigence, la possibilité de ce qui est vécu, pensé, organisé, inventé, créé.

En quoi donc vérité formelle et liberté formelle s'augmentent de leur possible réel (le formel est le réel).

Ou donc nous sommes déjà existants du pur système formel général. Ce système général est la méta organisation qui s’est mise en place. Les contradictions philosophiques ou ses impossibilités apparentes ou les devenirs politiques (en exemple il est clair que se jouera pour nous la qualification politique de l'économie tôt ou tard), ou les acceptions éthiques ou les explosions esthétiques dessinent une conscience vide structurelle valant en et par elle-même, un corps supplémentaire, un devenir fulgurant, puisque toute fulgurance de conscience se dresse et remodèle, renouvelle constamment par ses précédences la structure elle-même.

Puisque notre être apparait (en se faisant face dans la représentation de la pensée ou du sujet), ce qui s’élabore travaille la densité matérielle et déterminée réelle (l’esthétique fait voir, sentir la performance du réel lui-même, par exemple), parce que dans ce travail à même « ce qui est », s’élabore l’architecture intentionnelle par laquelle notre être émergent tricote son être intentionnel vide et formel. Chaque élaboration trame le tissu intentionnel et plante des points d’attirance de conscience sur la surface du réel. Ceci produisant ce que nous nommons œuvres ou vérités ou libertés et décisions ou politique ou personnalisations concrètes (le moi est une production réflexive en plein).

La représentation de notre être par lui-même (étant réflexivité et se tenant auparavant de tel monde ou tel groupe humain, étant réflexivité donc il n’est pas étonnant que tôt ou tard il se prenne pour cible et visée et organise sa propre visualité de son être), soit comme pensée soit comme réflexivité en singularité (chrétienne et affiliés), produit donc non seulement quantité de vérités et de libertés (tout cela se multiplie sous la puissance de la structure), mais également est cette flèche lancée qui crée sa propre architecture intentionnelle. dont on ne reçoit que les résultats, mais résultats qui en réalité ne tiennent que des points d'attirance.

L’ensemble formalisant un système en acte, ce qui vaut pour l’esthétique, éthique, politique, idéel (connaissance), mais tout autant pour la philosophie ; ses plus extrêmes pointes, aussi éloignés paraissent-elles de la « raison », la rigidité caricaturale dont on la recouvre, sont effectuatrices. Ce sont ces tracés obtenant les plus fines avancées dans le réel, qui réévaluent et remodèlent le tissage qu’est cet être de conscience, d’architecture arcboutée sur les performances dans la réalité même.

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