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instants philosophie

L'accès furieux de notre être

8 Juin 2014, 09:29am

Publié par pascal doyelle

Notre être, ce qui est caché en notre réalité, tellement caché qu’il est « ce qui se montre le plus, et que l’on ne voit pas », est un mécanisme outrancier et furieux.

Au sortir de tous les mondes humains, apparait un mécanisme, que l’on a nommé diversement mais qui se définit comme réflexivité. On joue habituellement de cette réflexivité comme réflexion de notre réalité humaine sur elle-même, de sorte que réflexion compte mais ce qui vaut c’est cette réalité humaine qui est ainsi mise en avant. La réalité humaine se développe à mesure qu’elle réfléchit sur elle-même, et elle découvre, comble de ravissement, la raison.

Il apparait plutôt que ce qui se découvre c’est la réflexivité elle-même et que ‘humain est pour ce mécanisme impitoyable, un moyen. Ceci étant le mécanisme ne veut ni bine ni mal à l’humain ; il aurait plutôt en vue de produire cette humanisation parce que c’t ainsi que lui, le mécanisme, existe ; en multipliant le possible. Et que la violence, la bêtise ou l’irréflexion ne permettent pas qu’il puisse exister de considérables possibles.

Aussi lance-t-il la morale parmi tous les peuples, les divinités et les mythologies, afin que de la multiplication des mots, des signes, des signifiants, de ce que l’on voudra, il s’énormise en une profusion de possibilités.

Pour ce faire, il, le mécanisme, se conditionne (lui-même) en vue d’une synthèse d’abord ; il admet tout ce qu’il perçoit, là dans le monde autour de lui, et rassemble les mots du groupe de sorte à en créer une parole qui soit l’activité de tous et le monde apparaissant là au devant. Ceci c’est la pyramide fondamentale, et tout langage et toute humanisation en conserve les circuits imprimés, probablement dans le langage, voir plus (la cervelle et el corps, la mémoire, celle qui vient de loin, du début).

Mais la pyramide s’inverse ; elle repose sur la pointe, comme ça, elle décide deçà. Peut-être soudainement autour de la méditerranée, il y eut une telle affluence de signes de tous les peuples, ou un peuple, une configuration spéciale. Mais non seulement les grecs, il y eut aussi les monothéismes et puis la réflexion dans ce monothéisme en tant que chrétienne (remarquons que les musulmans surent hériter des grecs puisque si les juifs sont fondés par l’identité, dieu le père, les chrétiens par le fils, les musulmans se figurent comme la communauté même, le saint esprit, traduit selon l’ontologie chrétienne, et un petit peu Hegel J , qui dit nommément la réalité de ce qui eut lieu, toute la philosophie ne s’est jamais trompé en quoi que ce soit ; elle réfléchit la réflexivité qui avance).

On est bien en peine de définir ce qui s’inverse et pourquoi et comment et surtout en vue de quoi. Mais la pointe sur laquelle tout est renversé, ce qui est arrivé à l’humain, la pointe si fine et inexistante quasiment, réécrit, réengendre littéralement (par ex saint Paul le dit explicitement, quand même, c’est dit, nommément ; la foi réengendre notre être, elle crée un être autre, autre que tout ce qui précède, que l’on y croit ou non c’est une autre affaire, parce que dans la réalité c’est ce qui s’est passé).

L’accointance entre la réflexivité des grecs et la réflexivité des chrétiens (et affiliés) est stupéfiante ; ça se complète parfaitement. Il n’est aucun problème à articuler la pensée grecque et la pensée chrétienne ; le gant et la main.

Sauf que réflexivité n’appartenant pas aux grecs ni aux chrétiens, il s’invente ou continue de se vouloir ce mécanisme, diablotin dans la boite, et qui impose dans ses ici et maintenant son élaboration.

Au terme du périple on a découvert le mécanisme comme conscience, que l’on a nommé phénoménologique ; Husserl nous expose enfin ce qui se passe ; la conscience intentionnalise. Mais il garde néanmoins que son utilité est de produire des contenus intentionnels ; que l’intentionnalité vaut par ses contenus ; ce ne sont plus des idées qui préexisteraient (comme pensée du monde et non comme raison séparée du monde par un sujet, comme on interprétera faussement la pensée grecque ; à rebours de sa structure), plus des idées mais une production de conscience qui vise (on ne sait quoi, ni où, mais qui garderait ainsi la formulation de la vérité et du contenu qui apaise les peuples et les cœurs).

On ne peut pas tout penser à soi seul, aussi Husserl ne voit pas à quel point le mécanisme dit de conscience est une sauvagerie pure. Une brutalité effroyable. Mais une sauvagerie et une brutalité à son niveau propre ; à son niveau ontologique. Elle n’est pas violence physique ou massacres ou exploitations (quoi qu’il faudrait se demander pourquoi en prônant le bien et la vérité, il y eut malgré tout un tel déchainement de violence réelle … au point qu’elle est notre histoire même… pourquoi ? est-ce l’animal ? mais els animaux n’agissent pas ainsi).

La pointe inversée de la pyramide qui a commencé de réécrire l’humain, a donc élaboré ses intentionnalité hors des langages, des groupes et des mondes immédiats, et se déclôt, nait, apparait, toute nue, sans rien, articulée vide et arc boutée sur le donné là, le monde unique universel et gigantesque. Dans le cauchemar brut de ce qui est.

Ce que l’on réduit à par exemple l’humanisation, l’humanisme est un effet ; la raison aussi est un effet (en plus d’être soit la caricature de la pensée des grecs, soit la main mise par les sujets absents de la science sur le monde, ce que Heidegger pensait comme « la technique ») ; la morale ou bien en fin de comme les mois, les personnalisations (qui succèdent à l’humanisation), sont des effets.

Masi tout cela est très bien ; il faut que le mécanisme se veuille et produise des réalisations ; sur chaque réalisation il pourra percevoir plus loin, encore toujours plus loin. Il pourra dévorer les mondes, comme il a épuisé les mondes humains, comme il absorbe les corps et donc les mois.

Il ne faut pas croire, n’est-ce pas … le mécanisme est né de et par ce monde, cet univers çi, la manière dont il va. Il n’est pas si bien prédisposé à notre endroit. Sans vouloir notre malheur, il préférerait notre contentement, mais parce qu’ainsi ça lui facilite la vie. Parce qu’ainsi il peut passer à ce qui l’intéresse vraiment, il peut poursuivre son activisme, forcené, furieux ; que par-ci par –là il dévore les peuples ou les corps, il ne le veut pas à proprement parler, mais cela ne lui cause pas vraiment de soucis ; ne pas se cacher les yeux non plus, c’est ce que l’on a causé dans le monde, l’histoire en est pleine. C’est seulement tardivement que l’on croit deviner que le mécanisme qui est en nous se déploie vraiment, réellement qu’à la condition de réprouver la violence ; supprimer des corps, ça raccourcit le mécanisme, ça diminue sa portée, sa possibilité. Et c’est cela seul qu’il veut.

La pensée grecque n’a pas réduit la voilure ; il y eut d’autant plus et plus de pensées suite à la philosophie, et d’autant plus d’esthétiques, et de politiques ; la pointe de la pyramide inverse est un accélérateur, un dispensateur, une profusion ; c’est la pluralité jusqu’à la multiplicité qu’elle veut, qu’elle engendre. La structure, la réflexivité, la conscience est le Un. Une structure ne s’effraie pas de la multiplicité lorsque c’est elle qui la provoque, produit, crée. Et c’est précisément la structure qui génère la pluralité ; une composition tombe vite à plat ; elle use ses positions et puis s’éteint, mais la structure produit des mondes, des compositions, des pans entiers.

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