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instants philosophie

La fabrique universelle des mondes

21 Juin 2014, 14:39pm

Publié par pascal doyelle

Alors comme la philosophie pense cette articulation réflexive qui abandonne les mondes particuliers en synthèse et commence de réécrire l’humanisation, elle croit ou suppose que son énonciation (de philosophique) est ce qui réécrit le mécanisme (qui lui-même ne fait est ce qui réécrit) ; elle n’y parvient pas, à identifier l’énoncé et la source de l’énoncé et elle le sait parce qu’elle le voit ; l’idée des idées, la physique-énergie d’Aristote, le un au-delà de l’être de Plotin, atteignent la limite même et se retournent, cad engendrent par le devers ; il n’est plus d’à-venir parce que les grecs ont atteint l’être même, la pointe unique commune à toutes les humanisations, et unique en toutes les pensées (les idées étant dans intentionnalisation par-dessus les mots, les langages, etc). Là où elle s’effondre, la philosophie se trouve.

C’est là que se situe l’être dont elle a en charge de parler, d’énoncer la structure. C’est ce pour quoi elle est faite ; exposer ce qui arrive à l’humain, à savoir la structure mise à nue, et non recouverte par des mondes, et débouchant dans et sur le monde-même, le monde donné là, antérieur à tous les mondes humains, mais aussi antérieur aux mois, aux personnalisations qui agissent telles des synthèses immédiates dans le monde limitatif des mois, de chaque vécu.

C’est cette articulation qui est arcboutée sur le donné là ; la réflexivité de la pointe de la pyramide qui partait de la base d’un monde donné là, localisé, en un groupe qui parle et se réunit en synthèse jusqu’au sommet de la pyramide, qui est renversé cul par dessus tête, cette réflexivité qui n’est plus recouverte par un monde humain particulier, débouche sur le monde donné là ; l’externe (que les grecs perçoivent comme cosmos, tentant d’intégrer l’ordre et le désordre, la matière et la pensée, qi seule donne à voir le monde comme pensée vivante et apparaissante, surgissant comme choses et êtres ; si on n’exprime pas ces choses et êtres dans la pensée, on ne les voit tout simplement pas, mais ces choses et êtres en pensée n’existent pas dans le langage et le commun, il faut en inventer le vocabulaire, ce qui signifie que toute l’apparition de monde sera exprimée dans un système élaboré par un seul, à chaque fois, qui restructure le langage et le corps et la cervelle par ses idées intentionnelles.

N’étant plus recouverte par des mondes particuliers, la pointe réflexive entame la surface même de « ce qui est » ; elle est à égalité d’être avec le donné là, la surface du monde même, les choses et les êtres ; la réflexivité ne crée pas un monde en plus, elle recherche instantanément le monde même ; et ses erreurs ou vagabondages sont des explorations, les aventures de cet être imprévu, non naturel (qui de toute manière n’appartient à rien ni à quelque humanité que ce soit, puisque formel et sans rien, structurel).

Puisque cet être uniquement formel, il ne contient rien ; il affirme la vérité comme « il y a de la vérité », les rendant toutes possibles ; ou le libre comme libre pur, n’engageant en rien les choix ou les inventions ; ce système antérieur aux systèmes (que l’on voudra pourvu qu’ils admettent les conditions de vérité et de sujet ou de liberté) est lui-même le système formel.

Autrement dit la réflexivité n’étant pas du tout une « idée » ou un système d’idées ou n’étant pas la « raison » (mais la pensée et sa cohérence proprement réflexive), est de fait et structurellement arcbouté sur le donné là, comme réel. La réflexivité ne parvient à son résultat que si elle constable que c’est effectivement le cas. Elle ne se satisfait pas même d’un tel résultat, elle en veut d’autres encore ; ce qu’ont mis au jour quelques uns , que ce soit effectivement le cas, sauf qu’ils ne prenaient pas en compte que par exemple l’idée, un système des idées quel qu’il soit, est aussi et tout autant « ce qui est le cas », un système est effectivement là tel qu’il se dit, s’organise, tel qu’il tisse avec le monde donné là, la conscience mécanistique dans un corps, un sujet dans le monde humain unique, tel qu’il tisse des rapports élaborés.

Ainsi le droit ou l’Etat ou la science ou l’acculturation ou le fait qu’il existe des mois, sont des performances fondamentales ; que leurs réussites respectives ne soient pas du même ordre que l’exactitude mathématique, c’est tout autre chose ; parce qu’en un sens ils sont bien pus redoutablement performant que n’importe quel énoncé mathématique … ce sont ces élaborations structurelles qui permettent qu’il y ait ou non de mathématiques, des sciences ou des machines qui fonctionnent. Et si telle science matérialise telle sorte d’objet, les structures intentionnelles fabriquent des mondes, et fondamentalement le monde unqiue universel commun. Ce système là antérieur est l’antécédent de tout monde ou toute personnalisation ; la fabrique universelle.

Les matrices intentionnelles sont soumises à de bien plus vastes contraintes que les mises en forme spécifiques. La pointe de la pyramide renversée a donc élaboré l’ensemble des intentionnalisations qui échappent à tous les mondes humains particuliers, intentionnalisations qui ne sont pas soumises au langage et aux mondes, mais bien plus que cela ; les structures agissantes, les consciences, dans leur articulation même au donné là qui leur est octroyée à l’instant même de leur apparition, commence déjà-toujours à réarticuler le donné, leur corps, leur cervelle, leur langage.

On peut dire que la « conscience » cet être mécanistique structurel et agissant, use du monde, du donné, du vécu, comme d’une surface réfléchissante ; il ne repère pas d’abord la surface puis il pense ou penserait, il est déjà toujours avant lui-même (mais aussi avant toute réalité, tout langage, toute humanisation, toute personnalisation, tout corps et toute cervelle), il est déjà toujours avant lui-même en arcboutant vers le donné là (qu’il appariasse dans une cervelle, un langage etc, ne fait rien à l’affaire ; puisqu’il est structure vide et sera toujours déjà là…)

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