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instants philosophie

Le devenir non humain

19 Juin 2014, 09:11am

Publié par pascal doyelle

Il est donc un être décalé qui n’existe pas et qui cause des effets ; il surgit de la cervelle comme articulation de conscience vers le donné « là », et ce indépendamment de tout contenu de cervelle, mais aussi de tout conscient et dans ce conscient de tout moi (qui n’est pas exclusivement « conscient » puisqu’il opère une constante synthèse tentée de reliaison entre la cervelle et son rêve éternel irréel et le donné là, fondamentalement par ce corps que le moi est, il n’a que ça, sinon qu’auparavant il se sécurisait par la Parole, qui assignait cet être-corps dans le groupe, ou dans une simulation d’un tel groupe ; la communauté des croyants, essentiellement pour ce qui est de la période historique de notre monde humain).

On a donc ; départ de conscience, qui embarque un moi qui est lui-même synthèse immédiate de la cervelle et du donné là via un corps (le moi en revient toujours à son corps, quels que soient les détours psychologiques, les complexités construites entretemps, que l’on intercale entre le départ de conscience et le corps dans le monde et ses résultats), le moi prenant appui sur l’être là du corps (le corps est constamment seul réel) et se repère dans le conscient (lequel est hérité des autres, et langage qui marque le monde par des signes comme il marque la cervelle par des signifiants, langage à double face mais aussi langage qui se tient immémorialement de la Parole du groupe restreint qui vivait son monde local particulier en une synthèse pyramidale vers le sommet et le signifiant de clôture de ce monde qui rejaillissait vers le donné là, le monde des rivières, des petits oiseux et des totems, etc).

Puisque la pyramide s’inverse et repose sur sa pointe, il n’est plus de synthèse possible tout là haut ; la pointe doit faire office de lien. Ce qui est impossible mais réalisé néanmoins ; au prix de ceci ; que ça réfléchisse, on invente donc de réfléchir (évidemment jusqu’alors on réfléchissait mais en synthèse vers le haut, en un clôture du Signe de la parole, ce qui ensuite se décline comme Texte sacré (non parlé) et puis encore comme Œuvre (les Grands Auteurs qui disent le vrai).

La pointe doit tout réécrire ; rien n’est prévu en quelque sens que ce soit ; ça se réécrit comme esthétique, éthique, politique, idéel (connaissance, mathématiques par ex pour les grecs), et enfin philosophie qui réfléchit sur la réflexivité qui par la pointe s’est installé dans le monde, donné , vécu, là ; il fallait bien qu’une discipline (au deux sens) s’instruise de ce que précisément on réfléchit … c’eût été le comble qu’elle n’existât pas.

Dès lors la philosophie (mais toutes les autres pans de réflexivité, esthétique, etc) doit écrire son propre texte ; elle doit penser, cad élaborer des intentionnalisations par-dessus le langage (qui est le trésor commun mais fixé plus ou moins et surtout non relatif à une expérience, une expérimentation de chaque pointe pensante ou esthétisant le monde, etc, cette expérience intentionnalisatrice , cette empirie est fondamentale ; si l’on pense en dehors du groupe on pense ici et maintenant, dans « ce qui se passe » dans la réalité et pas ailleurs).

Les devenirs de la pensée sont une élaboration continuelle (la réflexivité cherche, appelle désire la réflexivité et commence de patrouiller tout ce qui manifeste la réflexivité, l’empirie vécue des sujets qui créent les dessins de la pointe sur le monde, le vécu, le donné). Elle ne s’égare pas (il est des tas de systèmes) mais elle explore (puisque rien n’est écrit). Ce qui s’amplifiera d’autant lorsque la pointe passera de la pensée (universelle) au sujet proprement dit (à partir des textes clefs de Descartes qui nomment « ce qui origine la pensée » ou du moins en formule la description, méthode d’exister). A partir de là les sujets déploieront leurs possibilités effarantes ; parce que la réflexivité n’est pas la raison (et la pensée n’était pas la raison du reste mais bien plus que cela, la cohérence même), et que le sujet est « ce qui veut prendre sur soi » la pointe de réécriture.

La pointe qui ouvre le monde donné là vécu n’est pas du tout une facilité ; c’est une horreur, une engeance, une violence fondamentale ; d’autant que les humains sont éperdus de se retrouver dans la réalité sans une Parole et un groupe pour les soutenir. Mais pourtant la pointe peut s’élaborer ; elle reste à la fois une simple pointe mais en même temps réfléchissant (son être) elle élabore sa propre intentionnalisation ; elle complexifie sa structure. Formulant ce que l’on peut nommer le système formel ; peu importe la vérité que vous avancez pourvu que vous respectiez la forme « vérité » (qui permet qu’il en existe des tas, sans préjuger mais en admettant le principe de vérité sans vérités imposées). Peu importe votre décision ou votre invention de vous-mêmes pourvu que vous admettiez le libre même et qu’il soit votre foi, la foi antérieure à toutes les autres.

Le système formel fonctionne, de fait, il s’est installé historiquement, causant évidemment du désordre, mais on n’a rien sans rien … on a les avantages des inconvénients. La pointe qui réécrit la réalité, au moins humaine, est incertaine et ne connait rien ; elle invente et invente jusque dans chaque moi ; le moi supporte le travail de la réflexivité qui installée historiquement entre tous (l’universel) devient en chacun, chacun y est assujetti ; au sens de « se doit en tant que sujet » qu’il nomme « moi », mais qui, sujet, ne ressemble pas au moi ni à son organisation vivante, le sujet est en chaque moi une difficulté effarante, effrayante, une impossibilité et une horreur ; on comprend bien qu’il n’est pas une « harmonie » en quoi que ce soit ; ça travaille et çà devient.

Il n’y eut jamais d’harmonie ; les groupes restreints formulaient d’arrache pied que leur monde local ait un « sens », que ça se dirige en synthèse vers une unification vivante et admissible, parole échangée qui gérait les échanges, qui calculait entre soi, dans la bouche et l’autre de chacun réciproquement ; ils pensaient ensemble, richesse et complexité de ces pensées de synthèse et d’autant plus qu’il n’était pas sot du tout de postuler que le monde qui se donnait là, ce fleuve, cette montage, la lune, de penser que cela se donnait tel quel en vérité, en unité, que la perception était très exclament vraie et parlée (puisque l’on parlait comme on respirait, comme vraiment réelle parole dans un vrai monde local qui forcément était tout le monde qui est).

Mais pour la pointe qui s’invente il n’est rien de tout cela ; l’articulation qu’est la pointe qui tombe dans le monde (forcément unique et universel cette fois), est très difficile, invraisemblable, non écrite, pas même partagée et nait de l’expérimentation, l’empirie arcboutée par des sujets (qu’ils soient de la pensée ou du sujet réflexif qui suivra) qui réinstallent des pseudo mondes universels (pseudos parce qu’hypothétiques et renvoyant à hypothèse sujet) valant pourtant absolument comme empiries très exactes, très précises ; on ne part pas dans le décors, on rapporte ce que l’on voit, perçoit, pense, crée, propense dans le monde, le corps, l’intentionnalisation, cad l’intensité de cette pointe sur laquelle tourne la pyramide inversée.

La vérité est donc que l’on ne sait pas du tout ce que c’est. On peut lancer « la réflexivité » la « conscience » etc, mais on ignore ce que cela est, parce que l’on ignore ce que cela peut. La pointe n’est pas un « être » commun et n’est surtout pas une essence ou une substance ou une durabilité ; elle existe comme mouvement de re-devenir, elle est agissement et ce sans perdre sa structure (puisqu’elle surgit nue et vide dans la cervelle, elle est générée comme autre, absolument puisque rapport au donné « là », à ce qui par la réflexivité devient l’empirie, ce qu’il faut comprendre au sens large et non pas dans la restriction de la pratique par rapport au théorique, de l’empirisme par rapport à l’idéalisme ; au sens large tel que « ce qui s’expérimente c’est cet être spécifique étrange qui écrit et réécrit » son intentionnalité en élaborant son propre langage, son, ses systèmes de signes qui signifient dans le monde, le donné ou le vécu (la politique, l’esthétique-éthique, l’idéel des sciences ou des parties de la philosophie, l’humanisation universaliste puis l’humanisme individualiste, contradiction dans les termes du point de vue de la raison mais continuation ontologique forte)

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