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instants philosophie

Les sujets et les mois

25 Juin 2014, 08:28am

Publié par pascal doyelle

« Je suis un-tel »

Que vous soyez « un-tel », sans doute, mais qui est le « je » ?

Il est donc trois solutions, qui n’en sont pas, trouvées au problème unique et fondamental du sujet de Descartes. Les grands sujets, le sujet absent de la science et les mois.

Rappelons que Descartes découvre, dé-couvre, le sujet dans sa structure ; qu’il ne nomme pas « sujet », qu’il décrit tel quel et au plus proche. Celui-là est le sujet fondamental, l’unique, inexprimable en réalité, mais qui se pose « là ». Qui donc fait l’objet non d’une démonstration, mais d’une monstration ; « voila, l’origine de la pensée est ici même, cet être là. »

A ce sujet il est trois résolutions qui s’offriront ; les grand sujets, le sujet absent de la science et les mois.

Les grands sujets essaient de se saisir de la conscience mécanistique, ce qui est impossible. Le sujet absent de la science, de tout remplacer par des objets. Le moi croit se saisir comme identité et que la conscience soit son contenu (« je » est réellement « un-tel » croit-il).

Les grands sujets sont absolument incompréhensibles par les mois. Rimbaud, Mallarmé, Nietzsche, Heidegger, Proust, Artaud, Céline, etc, Lovecraft, Ph K Dick, et toutes les dimensions singulières qui furent créées, ouvertes, et s’empiffrèrent de leur altérité fabuleuse. Cela fait appel à une dimension de sujet, que le moi a évacué et que la science ignore par principe.

Le sujet absent de la science fait comme si il n’existait pas (tout le poids est transporté sur l’objet ; il doit former Un, si il ne forme pas Un, il faut des petits uns par addition, soustraction, etc, qui au bot du compte formeront le Un, mais compris).

Le moi exploite immédiatement le contenu de conscience, sans chercher à remonter cette conscience jusqu’à sa racine (ce que veulent les grands sujets et ce qui inquiète fondamentalement le moi), et puisqu’il se voit objectalement (dans des objets ou plutôt des contenus), le moi sera donc son corps, (qui est lui-même objet affreux) et entretemps, de retrouver ce corps dans la mort, il multiplie les interfaces ; son identité, ses désirs, ses objets (puisque le corps est insupportable et qu'il n'est pas vraiment un contenu de conscience, on le remplace par des signes plus maniables). Il délaisse son sujet, et n’enquête pas plus que cela ; et puisqu’il est ce moi et ce corps, "ça" lui viendra par le corps.

Ses catégories ; névroses, perversions, psychoses, et la liste n’est pas close, (ça invente ses « maladies », si cela peut être nommé encore tel), ce sont son travail à lui, au moi, son œuvre à lui. Le moi est profondément engagé dans son élaboration selon son principe propre et plus que cela ; il est de pied en cap cette élaboration. Pour cela le résultat de son principe (celui idéal, non le réel) est l’amour, ce qui veut dire l’objectalité (de même que la science est l’objectivité). L’amour est de se trouver comme et en l’autre comme objet (objet absolu s’entend, et par objet entendons "contenu" de conscience, ce qui entraine évidemment bien plus loin que l'objet "objectif"). sans cela le contenu par quoi il se connait, et se nomme « moi », reste sans rien du tout.n'étant objet de rien, il perd non seulement son moi, mais perd aussi qu'il soit une conscience (ce qui est abominable).

Les grands sujets ont abandonné leur moi (plus ou moins évidemment, c’est souvent une question de proportionnalité, d’investissement sur et par la structure seule de sujet, puisque réellement il n’existe que des mois, sauf qu’il peut se prendre pour un sujet et le re-vouloir), et commencent d’élaborer leur singularité intentionnelle ; ils veulent remonter vers le « je » de « je suis un-tel ». Pénétrer le secret abominablement.

De tout cela rien n’est écrit pour les sujets (comme pour les mois) ; cela va s’inventer, se découvrir, s’explorer, et éprouver le corps du moi comme le moi du sujet comme l'être du sujet.

Jusqu’alors l’horizon des sujets se constituait de l’horizon humaniste ; Montaigne écrit pour tous les êtres humains. Mais une fois acquis l’humanisme, et l’Etat et le droit installés historiquement, les consciences sont abandonnées, là, sur la rive du monde réel ; plus on élaborera l’humanisme et le droit (que l’on songe aux libérations continuées des deux derniers siècles), plus le malheur interne, structurel, est étrange et incompréhensible ; ça se creuse par en dessous.

De même que la révolution s’est proposée, un temps, comme nouvel horizon (en substitution de l’ancien universel réalisé historiquement), de même le moi, et la science à ses côtés, (puisque les deux ignorent le sujet) s’est bien convaincu qu’un moi il était (et pas autre chose, pas une sorte de monstruosité ; le sujet est en chaque moi, la monstruosité, l’engeance, l’affreux). Se multiplient les prises en tenaille de notre être défini comme un moi. Une sorte de composé, un agrégat, et les irruptions du moi, des dysfonctionnements de compositions (et non une unité affreuse singulière).

A partir du sujet dé-couvert, cartésien (il peut prendre ce nom, mais Descartes montre un être et non pas en produit une idée), il y eut donc trois semi résolutions de notre être (les sujets, les mois et le sujet absent de la science), mais aucune n’est adéquate ; en réalité il n’est sans doute pas du tout de résolution possible, notre être (ce par quoi créent les grecs une nouvelle intentionnalisation par dessus les langages et les peuples, les cultures et les mondes particuliers, (et ici par delà les sujets et les mois) ; la pensée qui n’est pas la raison et qui se continue impitoyablement par Descartes et le renouvellement réflexif fondamental incrusté comme corps), notre être donc est non pas représentations et idées (ce qui tranquilliserait bien et nous laisserait inchangés) mais structure active, agissement non représentable.

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