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instants philosophie

L’être absurde et le mécanisme abominable

14 Juillet 2014, 08:22am

Publié par pascal doyelle

Ce qui prend la main en écartant tous les mondes particuliers humains, mais aussi en luttant contre le repli que toute humanisation produit en se retrouvant entre soi, est une structure inhumaine et purement mécanique, sauf que sans ce mécanisme l’humain n’existerait comme effet. De même sans la conscience mécanistique que chacun comporte, nous ne serions pas des « mois » et la personnalisation est due à ce mécanisme sublimissime.

Il faut partir de ce principe là ; considérons tout ce qui nous compose, approuvons toutes les causalités, els déterminations, les identités du moi, le langage, le conscient, la cervelle et le corps, à tout cela il faut toujours constamment ajouter le mécanisme de conscience. Autrement dit poser le mécanisme de conscience ça n’est rien remplacer du tout ; c’est admettre tout ce qui est donné là, construit, organisé, plein de systèmes divers et variés, mais la conscience est le truc en plus.

Pour une raison tout à fait effarante ; parce qu’elle est actuelle.

Il n’est aucune conscience qui ne soit pas actuellement en acte. Puisqu’elle est l’articulation qui surgit de la cervelle vers le réel et que le réel est toujours « là », dans le présent pur.

On pourra la soumettre à quantité de déterminations (qui sont toutes vraies), rien ne fera que l’acte de conscience ne s’arcboute sur le réel là au présent pur et simple. Tout ce qui est déterminé, vient buter sur le présent et l’actualité-même, et passe au tribunal, à la moulinette.

Ajoutons à ceci que l’articulation de conscience est la rétroactivité qui veut venir remplacer l’être de conscience comme surgissement ; ce qui est impossible puisque la conscience de surgit de la cervelle, toute nue, sans rien, pure articulation vide, qui absorbe ce sur quoi elle tombe, de rencontre hasardeuse, et qu’elle est elle-même un maelstrom vibrant qui varie incessamment et qui de plus peut se permettre de jouer de tous les dispositifs qui lui sont antérieurs diachroniquement, temporellement (le corps, la cervelle et ses mémorisations, le langage et le conscient et les autres, etc), de mélanger tout cela en n’importe quel sens, en se composant et décomposant librement.

On obtient donc une sorte d’être radical et structuré (selon l’actualité, le surgissement nu et la connivence des registres divers), qui n’a rien à voir avec quoi que ce soit bien qu’il apparaisse en plus de tout le reste, de tout ce qui n’est pas sa structure.

Sa structure est dite mécanistique, pour bien insister sur ceci qu’elle n’obéit à rien ni à personne (elle est un rapport, vide, à soi qui en contient rien, n’est pas composé et purement formel), mais ce mécanisme est conscience de conscience ; elle sait qu’elle sait ; et ce qu’elle désigne par ce savoir, ce « soi » qu’elle est, ne désigne rien sinon sa naissance sans rien. Entendons bien qu’elle ne nait pas d’elle-même ; elle nait de la cervelle, mais naissant de la cervelle et puisque son être est d’avoir conscience, elle échappe instantanément puisque cet avoir-conscience est un rapport (qui exclue donc tous les autres). Son savoir de soi (totalement vie et purement structurel) réussit la performance fabuleuse de couper instantanément les rapports qui le précèdent en instituant son rapport propre, lequel étant vide et sans rien obtient tous les rapports possibles et impossibles.

Parce que cet être n’est pas une station fixe, mais un devenir pur, celui qui absorbe n’importe quelle donnée, et n’importe quel donné. Il n’est pas celui qui choisit librement ceci ou cela (à quoi on ramasse le liberté, et ce qui est absurde), il produit des ceci et des cela, en quantités. Il ne joue entre les déterminations qui sont, il crée de la détermination prise dans ses filets ; il invente ce qui n’est pas ; puisqu’il est activisme pur et sans rien, sans reste aucun, dès qu’il s’agite (et il ne fait que cela il s’agite), il ajoute à tout donné encore plus de données. C’est bien par cette instantanée inventivité qu’il dépasse toujours-déjà ce qui est donné là, ce qu’il reçoit même comme perception est déjà transformé ; ce qui veut dire qu’il rapporte déjà les rapports immédiats, dans l’instantanéité de son rapport (lequel est toujours dans l réel, puisqu’il articule la cervelle au « là » externe).

Évidemment il ne peut pas tout (et soit dit en passant il est la preuve que le tout n’est pas, qu’il n’est que des uns mais aussi que le un ça se structure et s’élabore, c’est la prouesse qui utilise le mécanisme de base de la conscience mécanistique en élaborant une machinerie intentionnalisatrice, ce que l’on nomme les grecs), mais un par un il explore et un par un il impose ses devenirs successifs ; par lesquels il (se) veut. On précise d’une mise ne parenthèse puisque que cette conscience mécanistique n’est pas une identité, mais un réflexe, littéralement, elle réfléchit déjà tout de suite. Elle n’est pas une simplicité donnée là inerte, elle est déjà constitutive, elle absorbe l’être et le recrache.

Rapport des rapports donc (rapport articulé au réel seul) et inventivité expresse.

Il faut insister sur ceci ; c’est une monstruosité. Ça n’a rien de naturel, rien d’humain, rien du donné, rien du monde ou de quelque fantasme que ce soit ; elle travaille au réel et produit comme effets soit l’humanisation (que l’on doit aux grecs, aux chrétiens et aux renouvellements, notamment cartésien, puis aux grand suets ), soit la personnalisation (et les mois dans le monde humanisé, les mois sont des créations en plus du monde humain, risquant même de décomposer ce monde universel). Mais son être en propre est tout à fait autre que tout ; il est le rapport (et donc n’a rapport à rien), comme tel incompréhensible, non supporté ni par les humanisations, ni par les personnalisations, ni par la cervelle, ni par le corps. Il vise tout ce qui est.

Par ailleurs il est impossible de contrôler le mécanisme ; toute pensée, toute décision est déjà elle-même un donné sur quoi « ça réfléchit ». On ne peut pas remonter jusqu’à la racine puisque la racine n’appartient à rien, est uniquement le surgissement de la cervelle qui ne comporte rien, ne programme rien, mais pré-voit. Il ne prévoit pas au sens de construire une intentionnalisation consciente, il pré-voit directement dans la réalité. On dira si il ne comporte rien ce mécanisme, il ne peut pas même pré-voir… mais il n’en a pas besoin de réfléchir par lui-même, puisqu’il vient après tous ces dispositifs, du conscient ou de l’identité du moi ou de la cervelle physiologique et de ses mémoires, et que tout cela pense de fait à sa place, sauf qu’en plus il relance tout ce matériel (y compris l’humain et el moi) vers le réel ; c’est cette articulation là qui est. Qui seule est.

On ne parle pas ici d’une sorte de conscience spontanée qui serait quelque chose, mais d’une structure qui vient en plus et admet déjà tous les dispositifs antérieurs, mais qui de par sa prestation (son se-savoir, son réfléchissant de ‘soi’, son rapport vide à «’soi ‘), n’est jamais atteint en son être par tous les systèmes déterminés qui pourtant le cause. Son in-dépendance ne renie aucune de toutes ces dépendances … elle n’oppose aucune résistance puisque son attractivité est de rajouter du donné au donné, en et par l’actualité aberrante (celle qui nous dit que nous « existons » réellement, dans le réel réel, et non pas irréel ou imaginaire ou dans le rêve éternel de la cervelle).

Il n’est absolument pas question de renier qu’il y ait des causalismes et des dépendances, puisque le mécanisme de conscience vient en plus de tout cela ; il n’a affaire qu’au réel seul, cad à l’altérité pure du donné là gigantesque. Non pas aux réalités (qui sont déterminées dans le réel) mais au réel seul comme contenant effectivement « là », absurdement là.

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