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instants philosophie

Le petit moi (comme technologie)

6 Juillet 2014, 14:18pm

Publié par pascal doyelle

Le petit moi (en comparaison des Grands Sujets) n’est pas celui que l’on croit ; il remplit superbement sa finalité et démontre de faits (innombrables) qu’il existe. ce qui est à comprendre dans sa situation ; comme faisant suite à l’universalisation qui a installé historiquement l’Etat universel, la démocratie, le droit y compris constitutionnel, mais aussi les droits, toutes sortes de droits en tous sens, mais aussi l’acculturation hyper généralisée (lecture et écriture au début du siècle passé, éducation pour tous, mass médiatisation qui accélère l’ouverture et conformer une idée-image du monde, quasi sensible présente à chacun, qui entre dans la rétine même, de se saisir ou croire adéquat au « monde », idée-image de l’humaine installation sur le monde, etc), faisant suite à l’universalisation il y eut comme ampleur fondamentale la personnalisation ; chacun y va de son moi bine à lui, au point de décrocher le monde comme étant le monde des mois ;

Ce que toutes les sociétés humaines veulent acquérir de par la planète, ce qui a débouté le communisme, puisque celui-ci en était resté à un homme générique universel, croyant , pourquoi pas, c’était tenable comme idée, croyant réguler la réalité humaine selon la vieille recette de l’universel-seul, mais alors n’y suffisant pas, puisque l’acquis est la complexité, et qu’un État universel ne peut ni gérer, ni surtout engendrer suffisamment de complexité ; le libéralisme, à tous les sens possibles, oui, il le peut.

Les grands sujets sont fondamentaux, et mènent leurs empiries et ontologies existentielles et intellectives (il en existe de toute sorte, des quantités de saisissement de la conscience par elle-même, ce qui est impossible et donne des Grands Sujets, cette impossibilité même).

Les petits mois se vivent apparemment tels quels mais comme ils sont une invention fondamentale, ils créent leur propre devenir, leurs propres devenirs, multiples ; il est hors de question de prendre un air hautain de suffisance qui dénigre ces pauvres mois ou ces egos de je ne sais quelle supériorité métaphysique prétendue, d’une Kultur rêvée et supérieure et de cracher sur précisément le monde des mois, ses représentations, ses esthétiques, ses récits, ses corps, ni même de réduire ses folies ou ses dépressions à une mention « psychologique » qui le rapetasse dans un objectivisme laborieux. Le moi est la formulation hyper évoluée de la réalité humaine, et si il n’obtient la grandeur fabuleuse (et à peu près cinglée) des grands sujets, il a de fait créé un-tel-monde, et je ne vois personne qui sérieusement envisage de se passer de son moi, de son ego, de ses boires et déboires, si d’une position méta-physique illusoire et purement théorique.

Accepterions-nous de vivre dans une communauté repliée, un milieu concentré ou une société communiste ? De nous passer de nous-même ?

Donc c’est acquis (ce qui ne veut pas dire que devant les catastrophes qui menacent, de tout point de vue, il n’y ait pas un retour de l’universalisation qui imposera un coup d’arrêt à ces débauches du moi … histoire de remettre un peu d’ordre dans tout ce bazar … on n’a pas la liberté de choix et d’inventions sans causer du désordre ; ça n’existe pas, il faut admettre avantages et inconvénients, ou alors on n’est pas dans le réel).

Le moi contrairement au sujet qui veut absurdement et comme un fou se saisir de ce qui ne se saisit pas (la conscience, mécanistique, mécanisme fabuleux et invraisemblable), le moi ignore qu’il est une conscience mécanistique ; il croit que la conscience est un passe plat, une fonction, et les sciences iront jusqu’à nier que ça puisse exister … (ce qui est confirme à leur réduction légèrement aberrante de sujet absent, de sujet qui fait comme si il n’existait pas, déplacé dans l’objet tout entièrement).

Comme il ignore la conscience, celle-ci se déplace un peu partout ; on veut dire d’un énoncé, d’un geste, d’une chose là au-devant, on ne sait pas « qui perçoit, qui entend, qui parle ». C’est extrêmement difficile de savoir qui est l’énonciateur, qui parle qui, et qui parle de quoi.

Lorsque l’on compare le moi au sujet absolu, cad au sujet cartésien, on se mélange tellement les pinceaux que cela ne veut plus rien dire ; le sujet cartésien n’a rien à voir (en marquant fortement les distances) avec le moi ; il cherche autre chose et autrement ; son rayon n’est pas celui du moi, et il faut une indistinction de base pour confondre l’un et l’autre. de même en coagulant le moi et le conscient ; le conscient est ce qui s’énonce là devant et est entendu de l’autre et idéalement de tout autre ; la raison, par ex, mais aussi les diverses acculturations (un prêche à l’église ou un JT ou une déclaration quelconque). Il est clair que le moi qui est la charge pesant de « je suis un corps qui pense, imagine, désire, perçoit, etc » n’a pas à ressembler au conscient ; il est une mitoyenneté de tous les dispositifs ; du conscient , du sujet structurel, de la cervelle, du langage, du corps physiologique et du corps perçu, par soi ou par les autres, des choses du monde, etc. il est la synthèse tout à fait limitative de « ce qui est » (limitative et non pas limitée ; il n’a pas à s’étendre à tout et pour tout, ça n’est pas du tout sa fonction).

On ne peut donc pas soumettre le moi à des comparaisons absurdes.

Le moi ignorant la conscience qu’il est (mais rien n’y personne ne sait l’activisme de conscience mécanistique ; le sujet, le grand sujet fait semblant d’être en mesure de se saisir de son être de conscience mécanistique, c’’est impossible, et ce faisant néanmoins, dans ses efforts surabondants le sujet crée et produit des tracés qui explorent cette impossibilité, se rendant ainsi fondamental. De même le grand sujet ne parvient absolument pas à réduire les problématiques considérables du moi, ça n’a rien à voir ; il n’est en aucune manière un super-moi, il aurait plutôt tendances à détruire, détériorer son propre moi, à l’abîmer, dans l’abîme donc). Le moi ignorant la conscience qu’il est, s’attache au contenu ; il est ou croit être le super contenu des contenus ; il faut bien qu’il assume cette synthèse qu’il est des dispositifs et de tous les contenus qui se présentent.

Il crée une synthèse pyramidale de « ce que il est », tout comme les sociétés humaines se représentaient selon la logique pyramidale de la synthèse tendue au sommet par un « un » qui fait-tout », qui fait office de tout (dans un monde particulier limité d’une synthèse limitative).

Sa finalité n’est pas de répondre de tout tout le temps, mais de réorganiser autant que possible « ce qui arrive », ce qui arrive constamment, aussi bien l’événement que le quotidien (le quotidien ne cesse pas d’arriver ; il est quantité de perceptions qui se produisent ; il est faux de limiter la conscience à l’attention exceptionnelle, elle est constamment sur le qui-vive, puisqu’elle est vivante au plus haut point, qu’elle le sache ou pas). Le moi n’est pas le conscient qui rend comte de soi, comme pressé par l’injonction. Aussi le moi use de tout ce qu’il peut ; imaginaire, langage, corps, signes, autrui, etc, pour maintenir autant qu’il est possible la synthèse relative et totale girouette qu’il est de pied en cap ; il est une pression formidable exercée sur le moi par lui-même (ça n’est pas « la société » ou on ne sait quelle aliénation qui l’empêcherait d’être heureux ou d’être « lui-même » ; « lui-même » est tel, sous-pression, de fait et structurellement).

Le moi est une girouette qui se tient plus ou moins, il agit. Sa finalité n’est pas d’établir un être surabondant mais imaginairement ou idéalement il tend vers ce perfectionnement ; ce qui est complètement illusoire mais nécessaire ; sa fonction de moi lui produit une telle exigence, mais sa fonction réelle est de raccommoder, de repriser, de rattraper les débordements, les incertitudes, les inconvénients de ses avantages. Qu’il se mette la pression ou qu’il croit que les autres ou les choses ou ses désirs ou etc, lui imposent de se soumettre, est le jeu de la conscience qui se déplace un peu partout et prend, occupe des positions incompréhensibles ; il croit que sa conscience est son moi, que son moi est double (il sait ce qu’il fait, dit-il et on lui colle l’étiquette de cartésien, alors que Descartes envisage lui de réguler de toutes autre problématiques et existe d’un autre règne, il ne faut pas tout mélanger), que son moi répond à ce qu’il dit (de lui-même, des autres, des signes, de son vécu, etc).

Le doublement du moi par lui-même lui est effectivement possible de ceci qu’il ignore qu’il est « une » conscience (il n’y en a pas deux mais celle qui est réelle, active, navigue de partout et vagabonde souvent). C’est structurellement qu’il ignore la conscience qu’il est (dont on rappelle qu’elle est insaisie, même par les grand sujets qui pourtant veulent la décrocher de sa cachette ontologique fondamentale, inattaquable), parce qu’ainsi il se produit doublement ; comme étant ici et là, à la fois. Si il savait qu’il est ici ET là, il se contredirait et « ici et là » disparaitraient ; comme il est ici et là en l’ignorant, il lui est possible de s’entendre parler. (ce qui est une figuration, son règne est plus étendu que la parole, c'est justement de ne plus seulement se réguler comme parole dans un monde particulier d'un groupe localisé, qu'il est, tout nu, face au monde donné "là").

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