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instants philosophie

Les Grands Sujets

5 Juillet 2014, 12:02pm

Publié par pascal doyelle

Il est probable que les devenirs des grands sujets recèlent des vérités exactes qui nous remonteront au fur et à mesure, n’ayant pas encore suffisamment de distance pour en préciser les contours, les dessins, les schémas, les précisions et fondamentalement la présence bien effective et causatrice dans le réel même de chacun, qu’il soit un moi ou une tentative de sujet (ce que chacun est, doublement).

Devenirs des grands sujets depuis deux siècles ; à partir de la révolution, unique et extensible ; voir trois si cela débute par Descartes, qui exprime, représente, décrit notre être au vif, le premier et l’unique, il n’y en aura pas d’autres, sauf qu’il existera donc des sujets, pluriels et aventureux ; voir encore antérieurement, puisque se cherchait la source de notre possibilité en propre et ce au travers de la Pensée, grecque, ou de la pensée chrétienne ; la réflexivité étant de fait face à elle-même et instantanée, par la dénomination de « ce qui est » et se représentant selon la médiation du Fils, vers la dernière conscience indéfiniment possible de dieu, que l’on y croit ou pas peu importe.

Parce que si l’on a mis au jour depuis et avec les grecs notre être lui-même, non pas si l’on a animé une « idée », ou des systèmes d’idées, mais notre être dans sa structure même, alors cet être, à vif, a commencé à cet instant-là de réagir et d’agir en propre ; tel quel. Il faut écarter toute interprétation qui présenterait la pensée (ce que l’on nomme tel à partir des grecs) comme simples systèmes, entre autres au travers de l’histoire et du monde, et comprendre que c’est une structure, active, toujours active, forme sans contenus elle n’existe qu’activement, et que donc c’est cette structure qui est la « vérité », non plus au sens d’un objet ou d’un monde puisque tous les objets et les mondes sont relatifs à cette forme.

Ce qu’il faut entendre comme suit ; notre être, exposé vivement au donné là, au monde même (au monde en deçà des mondes particuliers qui eurent cours jusque là), au là gigantesque du donné indéfini (on ne sait où commence où s’arrête l’univers ou les univers possibles de matière/énergie ou autres), notre être exposé ne s’est jamais égaré, jamais perdu lui-même de vue, mais a suivi sa structure (qui ne cesse que si elle meure de ce corps-çi qu’elle est ou dont elle est issue instantanément et immédiatement). Les tracés qu’il a poursuivi, qu’il a voulu, qu’il a tenté et toutes ces aventures, sont réelles et correspondent au réel. De sorte que cela explore mais ne se trompe à proprement parler, jamais.

Aussi lorsque Descartes expose cet être là, le mécanisme de conscience commence de s’exposer aux réalités et commence de (se) travailler. Non pas ne vue de produire l’esprit (hégélien, qui consiste à rassembler les résultats de ce travail de conscience, mais en quoi donc il faut absolument conserver et affirmer qu’il y a des résultats et que ceux-ci prirent la forme des concepts, puisque la négativité est « ce qui produit » ce rassemblement, momentané, qu’est l’esprit, devenu), non pas hégélien donc mais en vue de réarticuler constamment notre être en tant qu’il doit créer ses formulations (qui sont non des idées, notionnelles, mais des idées comme rapports, cad comme structures actives, en « dur » et non pas idéellement, dans un monde donné « là » dont il ne connait rien a priori et de son être qu’il sait mais ne connait pas et qui doit se créer non par des contenus (des idées, images, etc) mais par des structurations nouvelles dans la structure même de conscience mécanistique.

La réaction et tout autant l’action de notre être (qui n’est pas seulement selon des « idées ») est instantanée ; parce que dans sa contenance, sa réalité, son réel, sa réalisation même il est menacé et dissout par le réel là donné gigantesque et incompréhensible. Parce qu’il doit absolument se considérer comme corps, comme moi si il écarte qu’il soit (aussi) suejt hétérogène, comme identité (momentanée), comme langage et y compris comme conscient (qui s’échange et se mémorise en et par les autres et desquels le sujet à rebours du moi, veut prendre sa partie essentielle).

Les sujets et le moi

Rappelons que les sujets ( dont l’essence descriptive est assurée par Descartes, exprimant là le sujet purement et simplement un mais seulement décrit et exposé, in vivo, qui pose l’idée réelle instantanée et parfaite de son être, idée que recompose, restructure Descartes ; les idées pour Descartes ne sont plus les notions scolastiques), les sujets donc sont ceux qui veulent se saisir de leur être de conscience (ce qui est impossible) tandis que le moi, qui se découvre et s’invente encore plus pluriellement, élabore les contenus de cette conscience ; langage et corps forment les deux longes par lesquelles nous nous élaborons ; mais au fondement du langage et du corps, il est cet être de conscience mécanistique qui travaille (et torture).

Lorsque les grand sujets s’en prennent à leur être de conscience, à la structure qui outrepasse les mois, leur propre moi, leur propre vécu monde donné, ils créent non seulement les contenus nouveaux, mais surtout les structurations de conscience (qui n’existaient absolument pas auparavant et qui, ces structurations, produisent les contenus qui les exposent dans le monde). les structurations poussent à des positions extrêmes (le suejt est un être tout un, sans faux fuyant, il affronte l’impossibilité même et l’altérite lui recouvre le monde, le corps, le conscient, le moi, il est extrapolé hors de tout, mène un devenir absolument effarant ou effrayant).

Il apparait donc que Hölderlin (Heidegger en recherche la vérité), Rimbaud, Lautréamont, Proust, Artaud, Céline, Joyce, Dostoïevski, bataille, Beckett (il en est des centaines, puisque le sujet est ce qui multiplie la liberté, de fait, la vérité se partage, la liberté se propage), explorent non pas tel désespoir ou telle dépression ou une folie ou une idiotie devant le monde, mais explorent leur être ; en tant que grand sujets ils performent au sein du réel qui apparait seul aux grands sujets, leurs aventures dont, si l’on suit l’hypothèse générale ici, on peut penser qu’ils en ramènent nos possibilités outrepassantes elles-mêmes ; en ceci qu’elles concernent les possibilités, les capacités (que l’on ignore a priori, qui doivent s’exercer, se lancer, se tenter, aussi folles et difficiles et intenables soient-elles ; se saisir de notre être de conscience est impossible, ça n’empêche nullement de le tenter et de ramener de ces explorations effroyables ou fabuleuses des avenues fort réelles).

Il est ainsi un assaut de connaissances qui nous viennent de l’expérimentation de cet être tel que s’existant dans ce monde, ce monde donné dont le là gigantesque s’offre aux possibilités des sujets qui veulent saisir leur être mécanistique de conscience, et produisent ainsi des nouveautés qu’aucune ancienne vérité ne peut attraper. Et il serait profondément absurde d’interpréter ces devenirs comme expériences négatives, sortes de manques et de déchéances diverses, de dégradations et de regret ou de mélancolies qui présupposent un état éthéré ou une idéalité éternelle ou un monde jadis autrefois si « humain » ou si « vrai » ; ce serait encore et toujours de manipuler une « vérité » qui serait la totalité (à l’image de ces mondes particuliers pour lesquels la parole était le groupe et le groupe le monde donné localisé).

Les sujets n’en appellent pas à une totalité (harmonieuse, immédiatement vécue, et si ils jouent de la « Vérité », de dieu ou des grecs idéalisés, ou de l’idéalisme même, ce sera uniquement et au fond afin de creuser leur être un, un tout seul, un sans rien, la pure structure impossiblement saisissable qu’ils éprouvent dans la dureté, la sophistication, du langage par exemple, se rendant incompréhensibles, l’absurdité et le morcellement, et donc comme monde, naturel ou humain, comme vécu et comme moi, comme donné et comme corps).

En vérité, même au travers des extrémités auxquelles leur passion structurelle les mène, ils n’en ont invraisemblablement que faire ; puisque le structurel, la forme impossible de leur être les supporte. Ça remplace tout. Ça remplace tout parce que c’est originellement à partir de là que « ça est ».

Mais si il n’est pas une telle « vérité » (à la fois universelle et totale, qui ne peut pas exister, il n’y eu que des vérités de monde particuliers limités, puis très loin des grecs idéalisés, des systèmes Pensée exploitant les mille possibilités de la réflexivité et cela se voit ; ça se voit que les systèmes de pensées sont des aventures extrêmes et valant une par une, s’originant en un seul arc de réflexivité repris par chacun et par tous), il est par contre une multitude de Uns. Ou plus exactement les possibilités des uns sont apparues lorsque l’on a rétrogradé la vérité en l’élargissant indéfiniment dans un système formel ; ce qui rendit possible qu’il y ait des vérités, des vérités situées dans la pluralité des uns en tant que les unes relèvent eux non pas d’un système de pensée ou de pensées, mais d’un système formel élaboré par son propre activisme (les uns se communiquent aux uns, il faut penser pour comprendre, on n’a pas le choix du tout). Et donc le système formel (de l’absence de vérité qui crée des vérités) est ce que bizarrement on nomme la pensée entendant par là la raison ; alors que visiblement c’est tout l’inverse ; chaque système se détache absolument des autres ; une volonté farouche de générer. Les Uns se réjouissent de leur profusion.

Assigner à celle-ci qu’elle ait à former un système de vérité unique et totale, c’est vouloir écraser la profusion. Alors que véritablement la profusion est bel et bien là, vérifiable ; ça part en tous sens. et l’on en désespère … de quoi en désespère-t-on ??

De même que l’on maltraite les grands sujets et les couvre de maladies (mentales ou spirituelles, allez savoir), de même on néglige la profusion des vérités (sous prétexte que de vérité totale il n’est pas, alors que ça n’est plus cela qui est en question, en marche, mais l’activisme de notre être, qui étant réel et un se passe du tout et de la Vérité en les multipliant et non en les excluant) et pareillement on assigne les mois à leur saleté de corps, sa chosification par l’objectivisme et l’objectalité (qui le déchoit de son sujet potentiel).

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