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instants philosophie

Notre monde

26 Juillet 2014, 10:03am

Publié par pascal doyelle

Il parait donc qu’il est une sorte de dégradation généralisée de ce qui est humain, et que soit le libéralisme tout crin, soit la mass médiatisation intégrale de nos existences nous poussent à nous inférioriser, à régresser, outre que cette démonstrativité, cette exhibition, décomplexée, abimeraient nos affects, cad les racines quasi biologiques de notre réalité.

On peut tout aussi bien montrer l’inverse ; il est une sensibilisation hyper développée envers l’humain, atteignant non plus l’amour humain universel (cela fut réalisé, rendu réel par les constitutions des sociétés qui sont fondées sur l’universel pur, ce qui est essentiel, et que l’on oublie, on oublie l’acquis, cela permet de ne plus les penser … de ne plus les développer au-delà de leur réalisation effective mais encore limitée, de se dédouaner en somme), mais atteignant le face à face.

Quand bien même ce serait pour de mauvaises raisons (mercantiles, de société du spectacle au sens total), le fait est là qu’il devient insupportable que la détresse abattent les autres mois. Ce qui ne va pas sans cruauté, mais c’est précisément face à la cruauté que l’on est contraint pour ainsi dire de réagir ou d’agir tout court. L’exposition, l’exhibition engendre l’identification, et est recherché au travers de ces représentations la coordination démocratique (qui est l’essence en devenir de ce que l’on ne connait pas encore réellement ; la démocratie).

D’autre part l’exhibition peut sembler engendrer une fatigue émotionnelle et la dégradation de toutes les valeurs ; mais il ne s’agit plus de valeurs. Il est question de tout autre chose. Les valeurs se sont installées et fonctionnent dans l’Etat, le droit, la constitutionnalité, mais aussi l’acculturation généralisée, toute notre culture, et tout cela est ou peut être considéré comme acquis. De sorte que c’est ce qui découle de cette acquisition qui est depuis lors en cause ; qui cause ses effets.

Morale et respect humain, Etat et universel intégré, cela même qui fut pensé par Kant et Hegel, est réalisé, il reste des mois, cad depuis le début les corps. Evidemment il faut entendre par corps d’abord la physiologie, le maniement et la manipulation des corps, même par la cruauté et le mépris (ça ne s’oriente pas nécessairement vers le bien et le bonheur, c’est une Possibilité qui apparait qui contient tout, le bien comme le mal, pour le dire rapidement et selon les critères universels), même par l’invention de l’idéal amoureux (qui est la protection ultime de tout moi, son repère et sa possibilité, sa cartographie idéale du corps, de l’image transcrite et réaliste du corps engendré par son image, ce qui veut dire son Idée de soi, le moi est infiniment proche de son Idée, forcément).

Mais suite à cela, il est un être qui dépasse de fait et dans sa constitution même l’acquisition de l’universel, et donc déploie autre chose que l’universel ; de fait l’universel y est intégré ; ce qui veut dire que supprimant l’universel il se supprime lui-même, il n’obtient plus les conditions préalables de son être. Mais acquises, ces conditions ouvrent un être effectivement donné là qui doit gérer, organiser, soutenir, mais aussi inventer, créer son devenir propre ; pour cette raison, puisqu’il occupe l’intégralité de son espace et de son temps, il établit peu à peu les conditions d’être un moi (de même qu’il fut pensé les conditions de vérité ou de pensée, et les conditions de sujet et de grands sujets). C’est toute la finalité du 20éme, au moins dans sa seconde partie et nous y sommes encore ; puisque la matière de travail est très complexe, radicalement dense ; le moi n’élabore plus des universalisations, ni des retours effarants sur notre être fabriquant un sujet impossible, mais s’élabore par le corps, les affects, les physiologies tout autant que les signes et donc reprend à sa charge l’acculturation elle-même.

Ce qui veut dire que l’acculturation qui autrefois eut pour but de créer l’universalité, et l’humanisation, est relancée par ce 20éme (depuis la révolution unique, qui installe la démocratie, constitutionnalité, droit, monde du libre pur, etc) et l’exhibition mass médiatique est précisément cela qui permet d’ajouter à l’universalisation une concertation généralisée du face à face, des mois face aux autres. Le juge ultime du monde humain est l’exhibition ; ce qui est aussi l’épuisement de la représentation, qui a pour effet l’puisement des affects, du corps, des images et qui tente de remonter dans l’idée.

Il serait impossible de penser ce déploiement nouveau par les critères universels antérieurs (compte tenu qu’ils sont absolument requis, sinon tout s’effondre), il est donc impératif de créer les critères qui correspondent à ce monde là, ce monde des mois. Autrement dit ; quelle que soit la constitutionnalité des sociétés (qui est quand même la chose publique, l’exposition transparente de l’organisationnel fondamental du monde humain unique) un monde humain unique n’a aucune autre concrétisation que d’être le monde des mois. C’est par cela que ce monde unique (il n’en est pas d’autre) se juge, se coordonne et donc se pense. Ce qui atteint l’autre moi me concerne en plein.

La difficulté n’est plus seulement l’universalité, et n’est pas non plus la standardisation des êtres (je ne sais pas où l’on a vu cela … si c’était relativement et partiellement avant la première moitié du 20éme, ça n’est plus le cas, la logique ; le gaspillage des ressources, cad leur mobilisation, a permis une démultiplication insensée des différences, évidement ce ne sont plus des différences traditionnelles, mais les différences traditionnelles concernaient des mondes humains, alors que l’on s’invente ici le monde unique de toutes les différences ; de là que s’imaginent des qualifications exubérantes, des signes culturels ou plutôt d’acculturations diversifiées, variables et souvent momentanés mais qui se provoquent comme vies humaines ; c’est ce que signifie le déferlement des mass médiatisations, mais aussi des libérations et des avancées légales, des expositions et exhibitions, etc, immense melting-pot de l’idée au travers et par les images et les corps).

Il est de bon ton de mépriser ou d’écraser ces exhibitions, mais au nom de quoi ?? A moins de refuser ce qui a lieu, ce qui est réel, et effectif, serait-ce au nom de différences traditionnelles ? Au nom de la Vérité Universelle, des valeurs déjà intégrées ? Une sorte de regret d’un monde passé ? Que l’universel soit assuré oui, mais ça ne se peut que si il devient, et il est devenu le monde des mois. Ce qui veut dire que chaque moi est le centre de son jugement et que pour juger il est impératif de se coordonner aux autres et on ne voit pas comment cela serait possible sans les médiatisations (impliquant par là d’une part les universalisations, les constitutionnalités et d’autre part les devenirs subjectifs qui s’exhibent, se montrent, s’élèvent en leurs idées).

Mais parallèlement à cette débauche insensée (mais impérative, puisqu’il faut que le moi se voit et voit les autres pour que la pensée s’admet, s’intègre comme corps, déployant ce corps, y compris dans ses maladies, on n’a pas rien sans rien), une autre coordination s’est imposée ; celle des empires économiques, technocratiques et étatiques, qui au fond s’entendent comme larrons. Leur difficulté consiste en ceci que leur performance (indiscutables, ce sont des faits réels) est également une ignorance et un mépris de leur idée propre, ils ne composent pas leurs finalités (dont on se demande bien ce qu’elles veulent dans le monde, sinon en partie d’être absurdes et pauvres, sans avenir, nous privant du même coup de cet avenir) ce faisant ils délirent. S’interrogent-ils sur leurs finalités en tant que celles-ci soient susceptibles d’être pensées ? D’être des idées ? OU obéissent-elles à des finalités appauvries et sans ouverture réelle ?

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