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instants philosophie

S'exister un corps (le corps du moi)

24 Juillet 2014, 10:36am

Publié par pascal doyelle

Le langage est ce qui marque la cervelle ; il installe des attaches ici et là en se représentant dans la cervelle, qui autrement ignorerait qu’il existe un monde, un donné externe.

Ce faisant un signe du langage délimite un versant conscient (tourné vers l’autre, puisqu’il faut bien se faire comprendre, et que hors de cette communication on n’existe plus, on ne survit pas, notons que l’Etat ou le droit vise précisément à se substituer à cette survie, à réparer ou subvenir à l’isolement de fait), et un versant inconscient et par quoi se constitue un inconscient ; de sorte que cet inconscient se crée comme versant de ce conscient précis. Mais ça n’est pas suffisamment dire ; l’inconscient en question est celui de ce moi en tant que le moi est synthèse, unification, activité synthétique qui non pas réunit mais actualise le conscient et l’inconscient, le langage et les autres, la cervelle et le corps, le monde et le donné (le monde humain et le donné « là » naturel si l’on veut, le déterminé extérieur).

Le moi actualise, rend actuel les dispositifs et systèmes en une unification (qu’il ne faut donc pas confondre avec les dispositifs et qui ne forme pas un tout, qui est, le moi, une fonction).

Mais le moi est aussi par la structure de conscience ; laquelle l’arcboute vers le réel. En ceci que la conscience est rapport à, tel que désignant la présence du réel comme unité autre absolument inconnaissable. Le réel n’est pas connu (parce que posé par la conscience) il est seulement posé là, positionné, une simple position externe (à tout). Il est ce qui positionne en retour la conscience comme décentrée ; elle n’est pas son propre maitre mais c’est dans la nature même de la conscience que de s’échapper ; il n’existe aucune conscience qui serait « de par soi », mais ce par quoi elle est, c’est le réel.

Mais par ailleurs s'il est confronté au plus redoutable problème qui soit ; où est sa conscience ?

Pour faire image, il faut tomber amoureux, exemple essentiel puisque c’est une des logiques que le moi emploie, une de ses prodigieuses inventions afin de s’éprouver, une technologie ontologique fondamentale, pour parvenir à approcher son redoutable secret, repli, instantanéité insaisissable. Où est ma conscience lorsqu’elle se transpose en une autre conscience ? La perception du réel change intégralement non de ce que tout soit modifié mais de ce que le point de vue se métamorphose ; il bascule ailleurs, et l’on pourra multiplier tous les discours neurologistes ou chimiques, l’origine de cette articulation que j’étais n’est plus là où elle est ; l’image du corps devient une Idée. Au sens propre (qui fut toujours celui de l’Idée ; le rapport au donné réel, le virement intentionnel extensif, intensif et dense).

Alors pour l’instant il est en plein dans son propre existant ; ce qu’il métabolise c’est son corps, ou plus exactement la répercussion qu’il ait un corps, qu’il soit l’accès à son corps via l’externe, via le monde, les choses, les autres, le signes, le langage, etc. il n’est nulle part d’autre accès à ce corps (le corps proprio est inconnaissable par le moi, il doit passer par des discours de découpes autres), sinon cette image qui est le corps en tant qu’il s’agit d’un corps qui se meut, qui se perçoit, qui se crée.

On sait bien que l’on doit se forger un corps, le construire ou mieux le rassembler ; lui assigner des finalités. Pour le moment la majorité se vit comme étant ce corps-là, comme existant naturellement, spontanément en telle nomination ; je suis un-tel, signifie que l’accepte l’entièreté de ma réalité et je fais comme si cela était naturellement ou éternellement ou destinalement donné tel de toute éternité, point de vue, réalité.

Mais dans le même temps il se travaille un corps qui soit modifiable ; ce qui requiert toute l’industrie, la technologie, la représentation et c’est pour cela que l’on se fascine des mass médiatisations, ce qui est une dénomination trompeuse (bien qu’il soit vrai que les images et les mois soient presque produits industriellement), parce que la mass médiatisation est précisément ce qui découpe des densité de psychismes, ce qui marque et remarque les corps, les images des corps, leurs corporéités, leurs déplacements et leurs déplacements intentionnels ; comment s’existe-t-on ? Comment se trame les complexités qui nous envoutent, nous rebutent, nous orientent et désorientent ?

Il ne faut pas rêver ni à l’inverse critiquer à tout bout de champ, comme si les gens ignoraient ce qui se passe, comme si ils n’étaient que de pauvres agneaux dépiautés ; ils avent parfaitement ce qu’ils sont parce qu’ils le font.

(Le principe de ceci est que pour la conscience mécanistique, tout le reste fait office de réflexivité ; elle se perçoit dans l’immédiateté de tout ce uqi est là, elle en fait instantanément retour et réinjecte la réalité dans la réalité, via le réel mais selon les passages médiants de hautes densités que l’on nomme l’humanisation d’une part et le moi ou la personnalisation d’autre part)

Évidemment cela n’opère pas comme une machinerie bien huilée, et pour la raison que l’on ignore où cela aboutit (si cela aboutit, parce qu’il n’est pas écrit que l’on réussisse et que l’on survive ; il se peut très bien que notre articulation au réel échoue, et que tout se dégrade), et non huilée elle se route et se déroute, répète et annule, délire et compose. Que le réel soit cohérent ne signifie que l’on, nous humains, en soyons capables … Et d’autre part obtenant les avantages on en reçoit aussi les inconvénients ; il faut être délirant pour croire que l’on puisse s’organiser en un Ordre ou un Sens hyper exact, ça ne peut pas être.

Les mois succombent donc mille fois, mais dans ce débroussaillage, ils se créent mille folies. Ça n’est pas un hédonisme du tout, ça ne veut pas exclusivement être heureux, lisses, transparents, narcissiques, mais cela, ce corps, est atteint de sa passion fondamentale ; qui est de se créer un corps coordonné et coordonné non pas seulement aux autres (ce que l’on voudrait nous faire accroire) mais au donné là. Aux conditions effrayantes qu’il y a d’exister, c’est en ce sens que l’on avance que le moi est le seul existant, il se vit, se compose et décompose (au sens propre) dans l’Existant. Le donné « là » effrayant dont il a seul la conception, l’idée, l’idée vivante (il n’en est pas d’autres sinon les caricatures par lesquelles on a voulu soumettre la pensée, la philosophie, la structure réelle et pour le cas soumettre les mois).

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