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instants philosophie

La racine réelle

20 Août 2014, 16:06pm

Publié par pascal doyelle

On voit bien que ça traine, quand même, ça traine alentour du (sujet).

(celui qui est et n’est pas :-) )

Ça traine depuis Descartes au moins, mais les grecs aussi ça les turlupinait. Ils se demandaient bien mais comment faisons-nous pour être-libre ? Qu’est-ce que c’est que ça « penser » ? Pourquoi ça nous arrive ? Etc.

Ça traine depuis Descartes, de ce que cela s’est précisé radicalement en une fois (pour toutes), c’est continué par Kant et le sujet transcendantal, par Husserl et la définition enfin que notre être est « de conscience », jusqu’à Sartre de ce que notre être est conscience-de.

Entretemps cet être voulut s’inscrire en et par lui-même selon Nietzsche, ameutant une totalité de la détermination en général comme monde de la volonté surpuissante et ne rendant compte qu’à elle-même (cad à rien, à la forme pure et simple) mais aussi cela a voulu se savoir en son « lieu », là, où nous sommes, non pas le monde, mais le lieu en lequel se produit notre être, soit donc l’être même, par-dessous ou au-delà on en sait pas, la réalité telle qu’ontologiquement détourée par cette structure que nous sommes (notre structure révèle l’être en-dessous du monde, ce que veut « Etre et temps » nous montrer le lieu ontologique) et heideggerienement rassemblée (mais on ignore comment et par où); le lieu étrange qui ne se révèle que par l’activisme de conscience.

Et bien que l’on ait tenté cent fois de renommer cette structure, il faut revenir sur son acte pur de conscience-de. Husserl est sans aucun doute la clef, mais l’aberration qui nous tient consiste à croire encore (comme lui-même) qu’il découvrait là un contenu essentiel alors qu’il exposait une structure vide, sans rien, mais formelle ; le rien ou ce que l’on continué de qualifier tel depuis au moins Hegel et la négativité qui tout en boulait le discours, comme néant, est bel et bien vide, mais en tant que formelle. La forme est tout, non pas la totalité (de quoi serait-elle totalité ? de ces amas de ces conglomérats, y compris ces mois bricolés ?), mais la forme est el Un qui préside et envoie tout ce qui est.

Il n’est qu’un pas entre la Pensée et la conscience, mais il fut longuement franchi. C’est par là que ça pense, que ça outrepense ; le un plotinien qui clôt la pensée ancienne et prévoit déjà le un chrétien, suréminent (que l’on nomme éventuellement dieu).

La philosophie pour une part, et en son essence même, consiste donc à approcher le un suréminent qui est impossible ; puisque c’est notre être qui est apparu (au sens où il fut amené à se re-présenter et à rendre actif analytiquement ce qui se jouait synthétiquement autrefois), et comme la philosophie est la réflexion sur cette apparition, (réflexion sur l’activisme réflexif formel qui éclot au travers des mondes humains particuliers et lance le monde unique universel relatif à cet être-même qui est nôtre, qui impose donc un seul monde à partir de la structure unique qui couvait sous les mondes divers), ce qui se décrit, se vit, s’invente et se crée élabore au fur et à mesure notre structure telle qu’existante.

La philosophie est donc l’introduction à « ce que nous sommes », à cette structure minimaliste, un rien du tout, un fétu de paille, un creux, et il devient ainsi possible d’user de la philosophie pour amener au jour et exister la structure abyssale non plus en la subissant mais dans et par son activisme forcené.

De toute manière (quoi que l’on fasse ou pense) c’est ce qui se passe. On est déjà cette structure ; on existe déjà au bord du monde (tout moi, cad chacun, est déjà à la limite de lui-même, dans son dynamisme épuisant, et parfois épuisé ; la structure est-elle supportable par un corps ?). Littéralement et dans tous les sens. Dans tous les multiples sens. Puisqu’il est de la nature même de la structure de se réaliser indépendamment en quantité de déversements dans le monde, en bien effectivement des réalisations, des rendus matériellement réels. Ce qu’est un corps, comme rendu matériel, entre autre mais essentiellement pour chacun. « Ceci est mon corps »

La structure est suréminente non de se conférer on ne sait quelle totalité (qui n’existe nulle part), mais de ce qu’elle revient incessante telle que une et formelle ; la prééminence du un est de cette sorte là ; le un n’a pas besoin de former un tout pour exister, c’est pour cela qu’il revient sans cesse identique absolument à lui-même ; vous êtes la même conscience qu’il ya vingt ans, et pourtant tout à changer ; votre conscience est absolument identique à toute autre conscience (et de là qu’une conscience animale s’approche profondément de la conscience « humaine », humaine entre parenthèse parce que l’on ne voit pas que cette structure soit « humaine » … l’humain et la personnalisation seraient bien plutôt des effets).

La structure (de conscience pure) est donc ce qui relance le monde, le donné ou le vécu. Ça vient en-plus et cela commence de recréer le donné là, ça éjecte puissamment hors du localisé, mais cela s’incruste radicalement, comme si par la structure qui apparait, s’existait soudainement un autre plan ; un réel sous les réalités. Inutile de chercher à caractériser ce réel comme si il s’agissait d’un autre monde sous le premier, c’est autre chose que le monde que n’importe quel monde et peut-être que n’importe quel univers (à supposer qu’il en existe des tas, d’univers). Quelque réel surgit, là, qui n’appartient à aucune réalité.

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