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instants philosophie

La structure inhumaine d'existence

3 Août 2014, 10:07am

Publié par pascal doyelle

La naissance de l’être, de notre-être, est incertaine, puisque cet être est purement formel et sans rien, dépouillé, sans plus aucune réalité, insituable. Il n’obtient aucune satisfaction sinon de l’exercice de sa certitude (vide).

Or c’est ce vide qui fut élaboré.

La structure vide s’existe à propos de n’importe quoi, peu importe en un sens puisque ce qui compte est sa possibilité dont elle prend prétexte de ceci ou de cela ; mais en un autre sens cela importe fondamentalement puisque ce vide structurel n’a d’autre aboutissement que le réel.

Il est une part de nos productions, réalisations, désirs, décisions qui relèvent de la cervelle ; la conscience nait dans et de la cervelle, elle y surgit et articule hors de la cervelle au réel même (en son positionnement, et non pas que l’on connaitrait ce que c’est que le réel, bien qu’il soit possible d’en tirer de considérables considérations, comme dirait l’autre). Mais arc boutée sur le réel à partir de l’arc réflexe (et donc la conscience est un mécanisme pur et simple), elle s’en tire, s’en extirpe et emporte avec elle son lot de concrétions, de flux et de sécrétions cervicales, pourrait-on dire. La conscience est emberlificotée dans sa nasse cervicale ; rappelons que le langage marque la cervelle en créant des points d’ancrages (tel ou tel signe ou l’ensemble des signes disposés par telle personnalisation) à la fois dans la cervelle (qui existent irréellement donc, ces signes) et dans le réel (qui sont issus essentiellement des autres consciences qui marquent, elles, le donné , le là et spécifiquement le corps ; le corps de tout Chacun est marqué par les Autres signes, les signe sdes autres).

Cette démarcation des signes (qui existent en et par eux-mêmes, mais qui aussi sont des rapports ; un signe est un rapport, une liaison ou reliaison de la conscience entre ceci et cela, un signe çà indique)inclut la structure de conscience d’un côté et de l’autre ; la masse du rêve intérieur s’accroche à des concrétions, des signes articulés à la présence jetée dans un corps ; le corps n’est pas une intériorité mais substitue à toute intériorité (on n’a aucune perception physiologique de comment le corps vit, aucune qui soit conséquente et puisse former système, cad rapports et relations), l’image-idée du corps. Autrement dit on se sait par l’image, externe, du corps ; l’image externe du corps est une création au point le plus extrême. Ce qui veut dire qu’elle nous échappe singulièrement ; le moi ne possède rien sinon l’image-idée de son corps ; et cette image étend considérablement le corps lui-même.

L’articulation d’une conscience au réel, surgie de et par la cervelle, est une charge, une puissance, une dureté dans un corps ; elle le pousse au-delà, elle l’oblige à, elle le crève, l’accélère ; cette augmentation est hors nature pour un corps. Aussi tente-t-on de produire une image-idée du corps qui puisse supporter l’insupportable, l’imprévisibilité (ontologique) d’une conscience structurelle (qui n’appartient à rien, pas plus au corps qu’à quelque monde humain que ce soit, ou quelque personnalisation ; on n’est pas la conscience de son moi, de son identité, c’est le moi qui est le retour de la structure de conscience, et le corps physiologique comme les causes mondaines de notre être de Chacun sont annulées par l’empiétement de la conscience vers le réel, hors de la cervelle et de tout ce qu’elle contient ; la structure n’a aucun contenu).

Articulée au réel, elle pourrait se lover dans le langage, le conscient, les autres, la pensée du groupe, le monde localisé et répertorié par la parole commune et qui pense-ensemble, qui parle-échange le monde, dans une synthèse. Mais cet être en plus, la structure de conscience, surgit et articulation ua réel ne s’intéresse qu’à cela seul ; le réel et donc les réalités. Il ne vise pas selon un programme conscient le réel ; il est-dans le réel. Pour cela elle mérité le qualificatif de mécanique ; en ce qu’elle se produit comme absolument instantanée ; mais cette instantanéité n’est pas immédiate, elle ne relève pas du monde ; elle est instantanée en ceci qu’elle est instantanément réflexive ; en bref on « pense » tout le temps. Sauf que cela n’est pas de la « pensée » (des idées conscientes) mais des articulations ; la conscience est uniquement des rapports ; elle ne se tient ni en ceci ni en cela, mais dans le rapport d’un ceci et d’un cela ; elle utilise n’importe quel support, (langage, signe, perception, état du corps, autrui, etc) pour rebondir incessamment.

Elle part toujours de quelque chose (il n’est aucune conscience qui existerait comme ça, suspendue on ne sait où), mais étant structurelle, cad réflexivité mécanique, elle dépasse-déjà, toujours-déjà, ce dont elle part ; elle installe donc un plan horizontal (qui peut bien se crever de quantité de verticalités ou qui se donnent comme tels), qui a pour horizon des horizons le réel, cad ce qui se passe là maintenant.

On peut prendre cela pour l’infini ; elle est infiniment toujours déjà activité, activiste fondamentale ; mais comme on ne sait pas ce que signifie « infini », on dira qu’elle est indéfiniment réelle ; en ceci qu’elle ne trouve nullement dans l’infini quelque unité à son activité ; elle n’a pas d’unité et n’en a pas besoin, puisqu’elle est. Son activisme est son unité (de sorte que l’on peut dire en extrapolant qu’il n’est aucune unification, totalisation de quoi que ce soit ; il n’est qu’un Un qui se produit, qui se propage, qui se diversifie ; pas besoin d’infini mais une source indéfiniment active ; ou donc ; les infinis sont internes à l’indéfini, l’indéfini est plus grand que l’infini).

L’accroche au « ce qui se passe là maintenant » est super essentiel ; c’est là que cela se juge, se perçoit, se décide, se produit, se crée ; le rapport horizontal est ce à quoi tout revient (après mille détours qui produisent l’humanisation ou la personnalisation et tout ce qui va avec, des monde humains aux, ensuite, universalisations, esthétiques, éthiques, politiques, idéels, lorsque l’activisme a pris savoir de lui-même, par les grecs puis les chrétiens). De sorte que pour un moi, ça revient au corps, à l’image-idée corps (celle qui doit sup-porter la charge de la structure invraisemblable).

La structure n’est donc nullement séparée de tout le reste (corps, cervelle, langage, autruis, etc), elle s’en sert ; ici et là elle utilise tout cela ; elle réarticule et le travail n’est pas le conscient, le conscient est compris dans l’activisme ; son travail de conscience est de lancer un plan horizontal indéfini qui redistribue ; le plan est inaccessible et cela n’est pas un défaut mais sa structure même ; on ne peut jamais remonter le plan horizontal purique toute remontée sera déjà le plan horizontal lui-même ; et cette installation comme « là » (le plan horizontal est « là » dans le monde, le corps, les signes perçus, etc), n’est pas lui-même une immédiateté (une objectivité ou objectalité) mais une réflexivité accrue, toujours extrême.

Tout moi existe à l’extrémité de lui-même ; la charge est radicale (la structure de conscience est ou n’est pas, elle n’est pas à demi). On est toujours au plus loin dans l’exister.

Ce qui a été produit par les grecs, chrétiens, etc, (ce qui se constitue comme réflexivité activiste et non plus activisme synthétique, se crée et s’élabore comme analytique intentionnalisatrice, qui divise tout en idées, grecques, ou en consciences relativiste de soi, chrétienne, face à l’être-conscience indéfiniment réel qu’est dieu, inscrit comme corps du christ, au deux sens ; division absolue, séparation de toutes les consciences, et libération donc, et ensuite comme réunion en « esprit » par la conscience-unique qui les libère-unifie toutes), expose soudainement notre-être (et non un système de plus, créant dès lors un système formel, et non pas une interprétation de plus mais la structure de notre être se produit en se sortant des langages et des groupes humains), et notre-être est tout entier déjà absolument là.

Ce qui était entouré et dénommé par les groupes-langages, s’expose, s’exhibe, se montre ; autrement dit ce qui est vécu est la structure même, et ce d’autant plus que tout moi (naissant dans la séparation absolue, la crevaison de toute synthèse humaine, garantie par la constitutionnalité même des sociétés humaines) est totalement sans rien ni personne à son secours ; il doit élaborer son devenir corps, sup-porter la charge structurelle, l’horreur invraisemblable ; rien en prévoit, dans le monde naturel, les mondes humains, ni même l’humanisation et l’universalisation ni dans le moi et la personnalisation qui lui fait suite, la puissance dégoupillante et profondément inhumaine de la structure de conscience activiste et acharnée à être (à être non pas idéalement, elle n’en a aucune idée puisqu’elle n’a aucune idée du tout ! mais structurellement acharnée, forcenée).

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