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instants philosophie

Le pouvoir et le corps

7 Août 2014, 16:04pm

Publié par pascal doyelle

Le mouvement général est donc que nous passons insensiblement et longuement d’une affectation de notre réalité humaine au Contenu à une constante structurelle ou formelle qui outrepasse n’importe quel contenu.

Nous passons d’un monde humain toujours particuliers à la forme du seul et unique monde valide adaptable partout et par tous. Nous passons d’une identité personnelle, enfermé dans un donné là, un vécu, à la forme parfaite d’un sujet sans rien et libre.

Autrement dit la forme qui s’impose dans l’humanisation, ne peut pas se transverser telle quelle dans le monde, le langage, les groupes humains, les corps ; pour la raison que cette forme est vide et sans rien, qu’elle ne dispose d’aucun contenu qui puisse remplacer le monde, le donné, le vécu ; il faut ainsi travailler le donné et les corps, œuvrer.

C’est une vide l’esprit qui penserait imposer une vérité par-dessus les réalités et les vérités des mondes humains, tel délie sectaire ou telle religiosité abstraite (les vraies religions sont concrètes), telle idéologie universalisante (le communisme pensait imposait la vérité, universelle, au monde des réalités), mais aussi telle idéologie qui simple partie du monde se prend pour le tout du monde (les absurdités libéralités), mais aussi de croire mesurer le moi à l’aune d’un idéal falsificateur simpliste ou d’une psychologisation limitée (qui prend la carte pour le territoire).

C’est donc que la vérité est au contraire cela même qui travaille le monde, le donné, le vécu ; elle se compose et se décompose, s’oriente et se désoriente en tel ou tel système (réel et mondain ou de pensée et d’idéalités). Mais oriente et désoriente aussi les vies, les vécus, les expérimentations intenses et denses de notre être, tel qu’il est, pour nous, enclos dans et par une personnalisation, une proximité radicale, à la racine de notre être ; tout moi est en devenir avec sa structure de conscience, quel que soit le moi. La conscience que vous êtes, cette structure, n’est pas le moi que vous vivez, alors même que c’est uniquement et seulement par ce moi, réel pas fantasmé, que votre structure redevient elle-même.

Rien ne situe mieux le travail de la vérité que l’injonction de la philosophie ; pensez !

Ce qu’il faut entendre non comme construction abstraite de systèmes bizarroïdes, mais qui fut toujours ; réfléchissez ! Réfléchissez, cela veut dire à propos de ceci ou cela qui est réellement rencontré, réfléchissez ; renvoyer l’image, l’idée, les systèmes, les décisions, les imaginations, les perceptions, les langages, les identités de vos mois, renvoyez les uns dans les autres toutes ces élaborations ; la réflexion est et sera encore au-delà, au-delà de tous ces ensembles aussi conséquents soient-ils.

Réfléchissez ! C’est de toute manière ce qui se réalisera. Tout moi, toute individualité du fait même qu’individualiste elle est, réfléchit. Elle réfléchit comme moi dans son corps ou comme sujet dans la structure, et puisqu’elle est née par et dans l’universalité (tout moi est le fait d’un Etat qui se destine en son essence, impensée encore, vers le pouvoir de tous et de chacun), tout moi en plus de (se) réfléchir, réfléchira la part d’universel (sans laquelle aucune liberté n’existe, part d’universel que le déferlement des libertés, la débauche de libéralisme ultra parait annuler, mais qu’il ne peut abolir puisque ce serait se détruire réellement lui-même en tant que libéralisme, ce qu’apparemment il n’a pas encore compris).

Réfléchissez, parce que notre réalité (en l’occurrence pour nous cette identité, ce moi, que ‘on s’empresse de définir extérieurement par mille disciplines objectivistes, images objectales, maladies mentales diverses des moindres au plus affreuses, et il ne s’agit nullement de nier les descriptions objectivistes ou les imageries objectales, les mass médiatisations, mais de comprendre leurs rôles réels et non de s’y complaire), notre réalité est déjà en instance de réflexivité radicale, accélérée, nous sommes déjà dans l’augmentation fondamentale de notre être par lui-même. Et c’est une manière de récupérer ce que l’on a voulu nous convaincre comme étant extérieur et autre que nous-mêmes, que nous soyons déjà les agents réflecteurs du devenir, c’est ce dont on a voulu nous dépouiller, retirer de nos regards ; le pouvoir.

Le pouvoir même qui, prit en et par lui-même, se nomme la puissance, ou autre dénomination ; la potentialité. La puissance ça n’est rien d ‘autre que la potentialité et pour chacun le possible d’une part (ce qui actuellement est possible à tous points de vue) et la possibilité (ce qui virtuellement est toujours indéfiniment possible, et peut s’intercaler dans le vécu même).

Mais il est clair que la possibilité virtuelle n’agit pas en aboutissant à telle possibilité concrète (cela c’est le possible actuel), et que si la structure n’est pas le moi, c’et qu’elle offre un autre champ de réalisation, de « rendre réel », que le monde, le donné ou le vécu ; si le moi est le libre même (la dernière formulation inventée suite à l’universalisation, le citoyen devenu une personnalité réelle et concrète qui doit non seulement gérer un corps et ses appendices (ses psychologismes), mais surtout qui doit et a, de fait et indéfiniment, inventé son devenir, son possible, qui a écraser l‘histoire de son déploiement puissant de réalisation de soi), si le moi, chacun, est le libre même, il est à la fois l’image et l’idée de soi ; on a visiblement privilégié l’image, l’image de soi, l’image de ce corps que l’on est, mais l’un ne va pas sans l’autre ; l’idée est absolument la conscience que l’on en a (de soi, de ce corps, mais aussi par effet intégré de cette humanisation, de cette universalisation ; le libre intègre l’universel ou disparait, cesse).

Puisque l’on bascule tout doucettement d’une inventivité selon l’image vers une inventivité selon l’idée, c’est cela qui s’élabore. Au travers des images, ça pense (puisque ça réfléchit).

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