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instants philosophie

L'extrême gouffre sous nos pieds

6 Septembre 2014, 09:50am

Publié par pascal doyelle

La conscience-de est ainsi ce mécanisme qui surgit de la cervelle et s’arc boute au réel. Il n’est aucun repos en cela ; si notre être est cette articulation, il est nécessaire, impératif de tendre cette articulation au plus d’elle-même. L’articulation est un activisme et c’est de son dynamisme qu’elle existe.

On remarquera que chacun, dans la formulation actuelle de notre être, qui consiste en ce moi, ce moi-même, cette personnalisation qui fait suite et poursuit l’humanisation fondée sur l’universalisation, que chacun donc est déjà au bout de lui-même ; il y est-déjà. On n’existe pas sans exister absolument. Parce qu’entre exister ou de pas exister, il n’est pas de demi mesure ; on est déjà poussé à être à l’extrême de soi (de là que chaque moi est un difficile équilibre ou pourquoi pas déséquilibre, fondamentalement dans l’angoisse et sur le fil de ses réalités).

De même depuis l’apparition de la philosophie qui pense ce qui arrive à l’humain, à savoir la réflexivité formelle intégrale, qui est la discipline qui se charge de penser cette articulation qui s’empare de l’humain, la philosophie est instantanément dans le droit cheminement de l’élaboration. Pour cela elle ne se trompe jamais ; s’il était question d’idées et de systèmes, on pourrait reconnaitre qu’il n’est qu’égarements et hypothèses lancées à la diable. Mais comme c’est une structure qui s’est activée, c’est en tant que structure qu’elle interagit avec le donné là (les réalités) et la position du rapport en quoi consiste le réel (le réel n’est pas connu, il est su).

C’est donc sur le fil du rasoir, sur le bord du monde, du donné là gigantesque que l’on existe. Et ça n’est pas une facilité, c’est de fait d’une part tout ce qui existe (il n’existe rien d’autre) et d’autre part on y est intégralement. C’est la limite ; le bord désigne non ce qui sépare (deux plans) mais ce qui se recourbe, se retourne vers le monde.

Il n’existe qu’un retour sur le monde ; de sorte que sans quitter le plan d’immanence, il est de fait intégré une transcendance. La transcendance n’est rien que le retour-sur.

C’est dans le minuscule décalage qu’introduit le retour sur l’unique plan existant, que l’enjeu se situe. Littéralement on ne sait pas ce que c’est que ce décalage ; si il faut le tenir pour spirituel, pourquoi pas, ou métaphysique (indiquant par là quand même une autre réalité et quittant ce plan çi, auquel cas le bord serait une séparation, par un logos ou dieu ou l’Être heideggerien, par ex), ou phénoménologique (introduisant le Sens ou l’idéalisme dans le monde), ou enfin strictement ontologique.

Par ontologique il faut entendre ; qui provoque une dimension dans le donné là. C’est ce qui se cherche depuis Descartes, mais qui se renouvelle avec Husserl, et se marque avec Sartre et Lacan. C’est tout autant ce qui se veut dans les sujets et les grands sujets ; puisque le moi est l’invention qui succède à l’universalisation qu’est l’humanisation (du 18éme), le moi est au plus proche de la structure qui surgit de la cervelle ; le moi est ce qui veut tenter parfois de se transformer en sujet afin se saisir de son être (non plus de son corps, ce que désire, et non veut, un moi, mais de son être). Il est tout à fait perturbant de comprendre comme Rimbaud, Artaud, etc, cherchent l’être dont ils s’originent. De même que Lacan soit si proche du gouffre interne au-dedans du moi (névrosé, pervers, psychotique, borderline, dépressif ou tueur de masse si l’on veut ; les maladies du moi sont légions).

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