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instants philosophie

L'immersion dans le non-sens

3 Septembre 2014, 14:52pm

Publié par pascal doyelle

Ça n’a pas de sens, parce que c’est le sens.

Le retour sur soi, ce que l’on définit habituellement par la réflexivité, n’est en l’occurrence pas ce qui agit véritablement.

Ça n’est pas notre réalité, humaine ou personnelle, qui fait retour sur elle-même et se convainc d’une raison, d’une rationalité, d’une liberté. C’est « cela » qui nous permet éventuellement de réguler notre réalité, c’est « cela » qui existe et non pas nous.

La réflexivité est le retour sur soi de cette conscience sur elle-même. Il se trouve que dans le mouvement nous y sommes emportés, que l’humain, ou l’humanisation, la personne, ou la personnalisation, sont des effets de ce mouvement de retournement.

Il se trouve que la conscience opérant sur elle-même, vers elle-même, provoque que nous nous développions. Parce que si notre être n’est pas le nôtre, il se pourrait très bien que cela qui nous possède nous veuille du mal. Et du reste qu’est-ce que cette suite de massacres, exploitations, anéantissements et folies diverses qui occupent toute notre histoire et tout notre vécu ? N’est-ce pas la preuve visible que « ce qui nous agit » est tout à fait autre et que nous n’en sommes que des effets, et bien souvent la viande à déchiqueter ?

Le retour sur soi, ce que l’on nomme « conscience », n’est pas du tout humain, mais est la brèche par laquelle le donné-là, le donné là gigantesque et monstrueux, invente, crée, engendre un autre monstre, une autre sorte de monstre, bien égal et collatéral à la puissance incoercible qu’expose un univers, milliards de milliards de soleils ; et qui dit si il n’en existe pas d‘autres univers, des tas, des quantités.

Alors au sein de cette puissance indéfinie, il s’invente un être qui fait retour sur lui-même et on nomme cela « conscience ». C’est ce mécanisme qui est. A partir de ce mécanisme se construisent des machines intentionnalisatrices, des idées, des systèmes, des acculturations dites humaines et puis dans l’humanisation, se produisent des personnalisations, parce que le mécanisme avance et ajoute constamment des réalités aux réalités. Les mondes humains se superposent au donné là gigantesque. En un seul de ces mondes humains, surgissent les grecs, et puis les chrétiens, opérant chacun une réflexivité, cad une tentative d’approche de ce mécanisme effrayant.

Comme il est LE mécanisme absolu, son devenir est radical ; il se prend à la racine même, et interroge précisément ; lui, le mécanisme qui a rapport avec lui-même, se demande pourquoi il existe à au-devant un Réel qu’il ne contrôle pas. Il nomme cela l’idée de l’être. Il ne comprend pas pourquoi cela qui « est » là, au-devant, n’entre pas immédiatement dans le rapport que lui-même, cet être, est pour et par lui-même.

Il faut bien se demander ce que cela signifie ; qu’un être puisse établir avec soi-même d’exister face à soi. Que cet être soit le rapport qu’il est. Ça n’a rigoureusement aucune signification. Ce rapport étant totalement disposé par lui-même, ne peut se reconnaitre lui-même en rien ; tout ce qu’il présentera de lui-même, ce ne seront que des représentations quelconques, aucune représentation n’est adéquat à ce qui existe de par soi.

Alors évidemment çà nait dans une cervelle. Bien. Mais et alors ? La cervelle ne contient pas ce rapport à soi, pour la bonne raison que ce rapport existe face à lui-même, et que c’est non pas son causalisme qui est inquiétant, mais qu’il existe en un rapport réel face à lui-même. Cela, ce rapport ne peu être dérivé de rien.

Ça n’a pas de sens, parce que c’est le sens.

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