Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

La philosophie comme centre du monde

7 Septembre 2014, 14:15pm

Publié par pascal doyelle

Le creusement s’est effectué de plusieurs instances ; les grecs, les chrétiens (et affiliés, juifs et musulmans, entre quelques uns), les modernes (de Descartes à Hegel), les grand sujets, les mois.

Dans tous les cas ce qui est né, par les grecs si l’on veut (il se trouve que ça leur est tombé dessus et que puisque c’est du même mouvement anthropologique que cela se consistait, que ces grecs ont été repris par les chrétiens et affiliés), est nommé réflexivité ; signant par là l’impossibilité de recommencer un monde clos, immédiat, particulier, lié dans un groupe et ses échanges, aggloméré par un langage, etc. que donc l’humain est tombé dans le monde unique universel et ce à partir de son être, lequel est en dessous de tous les mondes humains quels qu’ils soient. Monde unique et être unique, valant pour tous et partout.

Autrement dit tous les mondes s’effondrent et sont remplacés par un seul. De même toutes les humanisations se déconstruisent et s’y substitue un seul-être. On peut trouver cela dommage, mais bon nous n’allions pas continuer à fabriquer des mondes chaque fois particuliers, incommunicables (puisque chaque monde est une pratique particulière, si par ex les échanges s’étiolent, les symboliques disparaissent, ça tient au corps même, à telle communauté, etc). Donc on a remplacé tout cela par un-seul (monde et un seul être). Ce faisant on remarquera qu’il y eut alors une démultiplication des possibilités et non pas seulement un effondrement des mondes ; chacun était par le monde unique et par l’être unique ouvert aux devenirs que cet unicisme rendait possible ; bref on a inventé des tas de réalisations (dans et par le monde et l’être unique) qui étaient impossible de par les mondes particuliers.

Si la philosophie est le centre du monde c’est qu’elle rend compte de « cela qui est arrivé » (et évidemment non pas en tant que centre elle-même du monde) ; soit la réflexivité ou l’impossibilité de se fier au groupe, au langage, à la synthèse immédiate de chaque monde, au contenu de conscience-structure. Que donc il fallait une discipline qui puisse réfléchir sur cela qui est arrivé ; mais comme c’est la réflexivité qui s’est imposée, ce que l’on pense de (soi) crée, produit, engendre d’autant plus ce (soi). Cela n’ajoute en rien le moi ou le corps, etc, mais la fine interface dont la saisie ne peut s’effectuer que par l’ontologie ; ce discours précis qui nomme, repère, cartographie la structure. Et ces cartographies de notre être ne se présentent dans le monde que par les textes qui montre son activisme. Autrement dit il ne peut pas exister un discours second qui exposerait « objectivement » cet être et cette ontologie ; on se heurte là à ceci que ça n’existe que dans son mouvement propre et comme c’est la description non de telle partie de notre réalité, mais de l’activité même de cet être, et on ne peut passer outre (soi). Et ce pour la raison que l’activisme de cet être est la racine, est radical, antérieurement à lui il n’est rien, postérieurement il y a tout le reste.

Compte tenu d’une part qu’il existe quantité de systèmes de réalités qui le précédent (des groupes aux langages, des physiologies aux molécules, tout ce que l’on voudra découvrir pour de vrai) et compte tenu que cette racine n’est pas de toute manière dans le monde, le donné, le vécu, mais en est le bord. Elle est le bord transcendant à l’immanence et transcendant non de séparer comme bord deux plans mais comme précisément un bord au-delà duquel il n’y a rien. Qui se rabat sur le monde donné.

C’est à partir de là que la structure inapparescente dans le monde, restructure (comme son nom l’indique) le monde, le donné, le vécu ; soit donc crée l’idéel et le politique, l’esthétique et l’éthique, l’acculturation généralisée (fondée sur la double réflexivité grecque et chrétienne), les sujets et les mois. Les mouvements de conscience travaillent le donné et l’humain, et la philosophie en est la pensée. De ce fait la pensée consiste à repérer les réflexivités agissantes et s’étend au-delà de la « philosophie » caricaturale, puisque son objet n’est pas la « pensée vérité », mais l’articulation réflexive dont elle se charge de délimiter les possibilités.

Commenter cet article