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instants philosophie

Le conscient, la conscience, le moi, le sujet, et le corps

24 Septembre 2014, 07:54am

Publié par pascal doyelle

Vous pouvez vous animer, vous agiter de mille et uns contenus, la conscience-de reviendra absolument identique et vous comme gros-jean, aussi stupide après qu’avant. Vous reviendrez au Même.

Ça n’a pas de contenu.

Alors évidemment tout le reste est « là », toutes vos réalités, et il semble que le retour incessant du Même vide parait juste seulement une fonction, une constatation ou un tourment ; la vérité est que c’est ce vide qui est la structure et ce par quoi vous tenez.

Sauf que cette structure doit vous animer ; vous devez trouver dans le monde donné là, un intérêt. Et cet intérêt il est probable que ça n’est pas celui que vous vous donnez ; ça n’est pas, l’intérêt, votre intérêt conscient et consciemment acquis, mais un plus souterrain.

Pourquoi ?

Parce que la conscience n’est pas le conscient. Non que la conscience soit en-dessous et avant le conscient et contenant une sorte de vérité dense et compacte. C’est le contraire ; la conscience est en plus du conscient et en-avant ; elle n’existe pas, elle s’ajoute. Elle en tient par rien, sinon d’être la courroie d’entrainement, laquelle peut lâcher. Ça se situe par « en-dessous » du conscient parce que ça se situe par-devant.

C’est tellement par devant existant que, échappant au conscient, ça glisse par en-dessous. La difficulté de la conscience est derechef celle-ci ; elle surgit de la cervelle, nue et sans rien, mais en tant que structure active (et en ce sens « non vide » puisque vide et plein n’ont pas lieu d’être appelés ici). Les contenus sont distincts de la structure (puisque la structure, la conscience revient constamment sans rien, comme articulation « physiologique » vers le réel), et les contenus varient constamment ; on voudrait clore ce va et vient, et lui définir un sens ou un contenu électif ou une substance ou le définir comme Contenant (cad super contenu élu). Mais il n’en est aucun ; aucun contenu ne remonte jamais jusque dans l’articulation même (sinon la conscience-de qui s’utilise constamment et diversement, se remplacerait par tel contenu défini et statique, ce qui est impossible).

C’est ce remplacement (impossible) même que tente tout moi, que de se croire être une identité (remarquons qu’il est effectivement une identité, il n’y a pas lieu de lui ôter cela, c’est juste qu’il se croit une identité absolument alors qu’il est une identité, oui et très vraie, mais relative, à un être, et c’est cet être qui est le sujet). Remplacer la conscience-de par une détermination (qui en tant que cela est son moi, lui permet de se conduire dans le monde, d’interfacer le corps qui sinon n’a aucune représentation, etc) c’est évidemment glisser la conscience-de par en-dessous (ce qui veut dire tout aussi bien par devant, en avant, ça fait toujours retour impossible).

Alors le sujet à quoi est relatif le moi, rappelons que c’est le sujet impossible ; il ne peut pas devenir la conscience qu’il est, puisqu’il l’est déjà … c’est à cela que l’on se heurte et qui pousse à effectivement constituer un moi ; on ne peut pas faire autrement puisque notre être ne peut se représenter, la conscience ne peut pas (se) remonter puisqu’elle surgit de la cervelle (et aussi bien étant articulation à partir de la cervelle vers le réel, cet arc de cercle, on peut dire que la conscience surgit du réel … à voir). On compose donc un moi mais qui laisse derrière lui le sujet (fut-il impossible, il (se) travaille et /ou se torture ; les grand sujets qui veulent radicalement se saisir de leur sujet, de leur origine, de leur origine ontologique par le sujet ou métaphysique par la pensée, le savent bien, que c’est impossible).

On comprend donc que la conscience-de n’est rien, elle agit cad relie la cervelle et le donné là (ou le « là » encore plus étrange du donné, ce qui est donc un autre, un second problème), mais étant arc-ticulée au réel, elle conserve toujours la logique de son être propre ; qu’elle irrésoud comme réel. Et pour le moi, comme corps, puisqu’il ne connait au fond que cela, et toujours même pour les sujets, ça se rétribue vers le corps ; la question est ; quel corps ?

Les grecs et les chrétiens, le corps

Depuis le début on est loin, bien loin de « l’idée « ; c’est autre chose qui est entrepris, par les grecs, ils le savent. On a cru que l’on oubliait le problème par les chrétiens ; mais c’est le Même. Après tout le christ est nu sur la croix, c’est « cela » qu’il expose. C’est « cela » que l’on voit. Alors si on le voit, précisément, c’est qu’esthétiquement ça existe et éthiquement et politiquement, etc. Et lorsqu’il vous dit ; « non, non, ça n’est pas ce corps « là », c’est un autre », c’est littéralement. Depuis c’est ce corps là que l’on cherche.

Le corps de l’interface. Interface entre la conscience-de et le corps donné là. Entre les deux (puisqu’ils n’entrent pas en contact immédiat, il n’y a plus d’immédiateté dès lors qu’il y a conscience-ce ou plutôt celle-ci rétrocède), on remplit à craquer de tas de composantes, compositions. L’image du corps est cette interface, mais tellement densifiée qu’elle est extrêmement difficile à élaborer, et évidemment on ne peut pas l’élaborer n’importe comment. Ça n’aurait pas de réalité et cesserait donc même d’être possible, telle élaboration irréaliste, aussi ce qui se cherche est l’élaboration réaliste d’un-tel-corps. Qui puisse supporter la charge effarante de la conscience-de, de cette structure vide absolument positive mais étrange.

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