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instants philosophie

Le réel de notre être

27 Septembre 2014, 07:58am

Publié par pascal doyelle

On dira donc que cessant de réunir en une fois de synthèse tel ou tel donné là, tel monde particulier, localisé, tel tribu ou tel fleuve, tel système d’échanges, cessant donc de se placer sous le langage, le groupe ou l’immédiateté d’un monde (de la représentation d’un groupe dans on monde),

Notre être apparait.

Il est la conscience-de qui auparavant se fiait à son contenu et l’élevait en Vérité. Vérité était équivalente à groupe, monde ou langage.

Dès lors que les grecs s’inventent, vérité signifie principe, tout à fait général et de même puisque l’être est nommé, tel « l’être », ça ne sera plus du monde dont il sera question, mais de la catégorie du réel (des catégories, cad en fait de l’ontologie, qui sera ensuite redéfinie par l’ontologie du sujet).

L’ontologie est le domaine très spécifique de la philosophie ; qui ne formule nullement le rapport de la connaissance à ce qui est, mais qui définit la nature, la structure, la forme de l’articulation de notre-être au réel. C’est une dimension absolument spécifique ; il n’est que la philosophie qui entreprenne de dire, de manifester, d’exposer, de représenter, de démontrer parfois et tout autant sinon plus de montrer littéralement cette articulation en mouvement en tant qu’elle ouvre la dimension.

Autrement dit la réflexivité est le régime général qui lance au sortir de tous les mondes humains particuliers, quantité de réflexivités en activité ; éthique, esthétique, politique, acculturation, humanisation, personnalisation, etc. la philosophie est la réflexion sur cette réflexivité générale et qui tente de dénommer cette réflexivité, cette articulation nouvelle qui relance l’humanisation jusqu’alors enchâssée en chaque monde particulier ; et ceci pour une raison fort simple ; que jusqu’alors l’activisme de conscience était coincé dans ses contenus, tandis que par les grecs il prend conscience de soi … comme conscience.

Cela se nome pensée au préalable parce que la pensée, ce que l’on nomme tel, n’est pas «de la pensée », mais des machines intentionnalisatrices, par lesquelles la structure de conscience se dégage des langages, groupes, immédiatetés, mondes humains, etc. de même par le christianisme s’impose une articulation extrêmement dure qui outrepasse n’importe quel vécu, corps, immédiateté, significations du donné, et bien au-delà de toute société humaine particulière. C’est dans les deux cas, grec et chrétien (et affiliés) la Même nouvelle articulation réflexive.

Qu’il y ait vérité signifie qu’il n’existe plus de Vérité, par contre s’impose le système formel des vérités (éventuelles, potentielles, virtuelles, etc) et finira par se poser la question ; si la vérité n’est pas mais qu’il existe des vérités (ce qui eut lieu), qu’est-ce qui pense ? Ça n’est donc nullement une manière de relativiser la vérité, mais bel et bien d’affirmer qu’il est un être-réel qui pense et qu’il crée, découvre, invente, produit de la vérité qui en toutes les vérités issues sont très exactes.

Les deux plans, grec et chrétien, sont d’une énorme charge, puissances nouvellement découvertes, mais rien ne dit que nous soyons capables de maintenir un tel degré de puissance ; on voit plutôt que tout s’affaisse sous la charge. Qu’il est des tas de réflexions qui ne supportent plus la puissance de cette articulation de conscience et mettent en doute qu’il puisse exister une telle forme radicale.

Il leur parait qu’il est absurde de croire encore à un tel être, que leur être réel n’est pas l’os ontologique jusqu’alors mis au jour. Parce que cette puissance implique quantité de responsabilités et que l’on ne s’en sent plus capables. Et ils cessent d’y croire malgré que précisément c’est cet être qui est par eux-mêmes, pourtant, exploré via les grand sujets, de Stirner à Lacan, que présageaient Kant et Hegel sur la trace de Descartes.

C’est précisément cela qui se continuent des grecs qui certes se disposaient sous l’égide de la pensée, mais la pensée on l’a vu, est machineries intentionnalisatrices qui se développent au-delà de tout langage, de tout monde humain particulier, et ce sur la base du mécanisme extrait de ses gangues, du mécanisme de conscience-de, cessant d’admettre ses contenus et en composant de nouveaux (que l’on nomme « idées » et plus encore idée des idées, situant par là que la philosophie n’est pas seulement la métaphysique qui se mêlait encore de connaissance, mais est l’ontologie cad la réflexion sur la situation, le lieu, le réel du penser puis qui sera le réel du sujet, cartésien).

On peut ne plus, prétendument, adhérer au réel comme étant issu du et par le sujet et ce sont ces glissements qui amènent à des « ontologies directes », qui entendent percevoir directement la matière même des « choses et des êtres » (que ce soit les mathématiques ou le langage ou l’inconscient ou l’économie ou les physiologies, etc). Mais toutes ces ontologies directes s’effectuent à partir du point radical du sujet, du sujet cartésien lequel est inébranlable, de même que l’on va commencer de concevoir la réalité à partir de la dernière invention structurelle ; celle du moi ; on obtiendra donc les descriptions du donné vu à partir du moi, de son intérêt, de sa structuration propre. Mais le moi est lui-même tout autant effet du sujet radical (il n’est aucun moi qui ne soit son sujet, quand bien même celui est impossible).

Ainsi la science absente le sujet, de même que les ontologies directes qui finalement se pensent ou se comprennent sous l’exemple des sciences et croient produire une philosophie qui serait « telle une science », de même que le moi (et les théories de la réalité qui partent du moi ou prenne le moi pour soubassement de la pensée) ignore son sujet. Ou ontologies directes qui croient reproduire la pensée grecque et énoncer le vrai sans en passer par la structure, le système formel, le sujet et le pensée au sens réel, en aboutissant à ce qui serait une Vérité (impossible) du donné « là ».

Il n’est pas de « là » sans un sujet, une structure qui le nomme. Et cette nomination comme cette structure sont effectivement acquis là dans le donné. De sorte que la pensée, réelle, est celle qui applique logiquement son attention à l’ensemble de ce qui est, notre être compris. Rappelons que si la nomination est fondamentale, c’est que celle-ci est effectrice de l’intentionnalisation ; la structure dépasse le langage et l’énonciation, en désignant par-delà ses cibles, et c’est cette restructuration intentionnelle qui nomme, parce que c’est elle qui voit, qui perçoit le réel.

Le principe général est pourtant simple ; plus on dénigrera l’être des grecs ou le sujet depuis Descartes ou la structure formelle d’exister que nous sommes, et plus cette pensée sera grecque, cartésienne ou structurelle… parce que ce ne sont pas des « idées » que l’on a produit, mais un être réel et une structure effectivement existante. Laquelle agit.

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