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instants philosophie

Le « sens » de ce qui devient

17 Septembre 2014, 09:18am

Publié par pascal doyelle

On ne sait donc pas ce qui se passe. On ne connait pas notre être. On ne sait pas où cela nous conduit, on ignore complètement ce que c’est que cet être de conscience, qui s’est imposé à nous, les humains, et dont inversement l’humain ou la personnalité sont des effets. On ne sait pas ce que ça signifie, ce que comporte son potentiel ; d’où sa nomination ; la puissance. Puissance ne veut pas dire surpuissance sur on ne sait quoi, mais potentialité. Possibilité.

Il est clair que ça nous est tombé comme la foudre. Grecs, chrétiens, cartésiens, grands sujets, mois y compris, ça déclenche tout. Il est particulièrement absurde de renier tout ce qui fut par cette ouverture mirifique, découvert ; à partir des grecs. Croire que l’on va réinventer la pensée ou le sujet ou enfermer ces énormités structurelles dans des sortes de nouvelles « vérités », c’est en pas voir que toutes les vérités subséquentes ont été créées, inventées, découvertes et dé-couvertes par et pour la pensée et le sujet. La vérité comme principe et la liberté comme principe.

Principes donc et qui constituent, se sont élaborés comme conditions de toute vérité(s) parce que de ce fait il y eut des tas de vérités possibles, et comme conditions du sujet, (il y eut des tas e libertés possibles, tout cela étant parfaitement logique), et enfin plus surprenant comme conditions de moi. Rappelons que conditions de vérité signifie aussi ; que faut-il être pour penser ? Ou que faut-il être pour assumer le sujet ?

Les détracteurs de la pensée, du sujet ou du moi ne voient apparemment pas que l’on a depuis longtemps, très longtemps, abandonné l’hypothèse générale d’une « vérité » unique qui nous révélerait … je ne sais quoi. Que par contre on a trouvé beaucoup mieux et bien plus profitable et prolixe et exubérant ; l’ensemble de toutes les vérités et des libertés, ensemble doté de son système formel adéquat (que l’on nomme cela constitutionnalité des sociétés humaines ou structure du sujet ou inconscient des mois, etc). On a réussi cela. Cette immense systématisation de notre être formel et de la conscience structurelle.

Que l’on soit le nez dans le guidon et que l’on tente par mile astuces de s’en sortir, on ne le pourra pas. Parce que c’est structurellement que l’on est ainsi ; que l’on porte ou supporte ou admet ou approuve ou affirme la structure.

Peu importe ce qui fut nommément affirmé ici et là, au travers de tas de systèmes, de pensées, de politiques ou d’esthétiques. Toutes sont vraies en ceci qu’il est impératif d retrouver les raisons de toutes les constructions ; chaque construction est logiquement dessertie à son point nommé et nommant. Parce que dès le début il ne s’agit nullement d’une « pensée », de systèmes d’idées, mais de l’exploration menée par cette structure telle que vide et nue, elle se dé-couvre et découvre sur le sol même du réel.

L’être est ou je pense donc je suis (pour faire court). On ne cherche pas la vérité, on est la vérité, la vérité est du réel, et non de la pensée (qui est donc l’ensemble des machineries intentionnalisatrices qui permettent d’avancer dans l’épaisseur du donné là gigantesque, des forets). De même le moi n’est pas cette identité psychologique dont quelques uns aimeraient bien qu’elle nous dévore, le moi est le corps.

Un corps étrange, bizarre, une immense amplitude, et qui se cherche. Le moi est cela ; la structure qu’est chacun (le sujet ignoré, absent ou impossible ; le moi, la science ou le grand sujet), la structure qu’est chacun et qui cherche un corps capable. Un corps potentiel et réel d’une part et un corps de densités, d’intensités et d’extensivité ; densité, le moi ; intensité le sujet ; extensivité, l’universel.

Ça ne se fait pas tout seul. Dans les deux sens. Ça ne se s’opère pas facilement et ça ne se réalise pas sans les autres.

C’est que là où l’on en est, (la structure ayant parcouru la pensée, le sujet cartésien, les grand sujets, les mois), ce qui se compose, c’est la densité, les concrétions, le comment accéder à son propre corps pour le rendre capable d’assumer à la fois l’universel (grec et chrétien) le sujet cartésien, les grands sujets et cette énormité fondamentale de « moi » ; les mains dans la crasse. Il ne s’agit plus d’idées et d’universel, de sujet et de réflexivité cartésienne, d’explorations ontologiques individuelles des grands sujets, mais de la survie des corps et d’autre part de leur déploiement.

Comme corps. On n’y coupera pas. Si ça n’existe pas incorporé, ça ne tiendra pas. Si ça n’était que des idées, ça ne supporterait pas le réel, les réalités. C’est uniquement parce que la structure veut être un corps et dans ses densités et ses compostions réelles, effectives, que l’universel pourra se transformer, que la réflexivité s’existera. Et c’est en cela que se produit Lacan, hors de doute qu’il affronte « cela même ». La pensée du moi tel qu’il est effectivement.

On a donc accompli beaucoup de détours (des grecs via les chrétiens, Descartes, etc, et ce sont seulement là des marques simplifiées), mais tous étaient impératifs et jusqu’à aboutir à la personnalisation et au statut si étrange et autre des mois. Ce qui parait le plus infime est le plus essentiel, le plus méprisable est le plus crucial. De même que l’activité de la structure de conscience ne se considérait que comme faire valoir de contenus (on nommait cela la Vérité, dieu, etc), la structure s’est révélée cela même qui agit.

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