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instants philosophie

Devenir et raison de la philosophie

31 Octobre 2014, 09:05am

Publié par pascal doyelle

La philosophie qui découvre et dé-couvre notre-être en plein, tel quel, livré dans le monde, qui expose et recherche ce que c’est que cet-être qui n’appartient plus à aucun monde humain particulier, cet être qui existe hors de tout groupe, langage, monde immédiat et corps donné là,

la philosophie commence donc dès le début à paramétrer ce que c’est que notre-être.

On a vu que la pensée n’est pas seulement la mise en forme de ce qui est en une idée puis en un système d’idées, mais que la pensée est la mise en marche de notre être comme conscience formelle vide et nue, qui prenant conscience de soi (comme conscience) élabore des machineries intentionnalisatrices ; les idées et les systèmes d’idées. Croire que ces systèmes tendent seulement à définir l’Etre ou l’Absolu ou l’Intellect, c’est ne pas voir que ce qui se met en fonction, ce qui s’active, cet être nôtre qui s’active (en se sortant de tout monde humain particulier de groupe-langage-immédiateté localisée)ne pense pas seulement un Objet énorme qui serait l’Etre tel qu’objectivement détouré ; mais que la pensée est littéralement « de se situer notre-être » au sein de tout cela qui est-là.

Autrement dit la pensée est, grecque, réflexivité intégrale qui prend en compte que en un tel-monde, existe un être qui pense ; et si les grecs recherchent les conditions de pensée (comme ensuite seront recherchées les conditions de sujet et de grands sujets, Descartes et suite, puis grand sujets déjantés et fous, littéralement) ces conditions contiennent non seulement de penser juste, par ex, mais la question ;, que faut-il être pour Penser ? (puisque pour les grecs la pensée est ce qui permet à tout individu, donné là, d’augmenter considérablement son être et que l’on n’acquiert d’être que par et via le Pensée).

Ce retour sur notre-être-dans-le-monde donné là, est la pensée telle qu’intégrale par les grecs. Et retour qui sera en partie annulé par les chrétiens (puisque notre être s’ouignera en dieu) ; ce qui transformera la pensée de la réalité en pensée de ce monde, excluant notre être ; en pensée d’un objet plus ou moins énorme, en pensée objective, en ce que l’on nommera en réduction de la Pensée grecque « « raison ». La Pensée n’est donc pas la « raison », cette objectivité à disposition d’un sujet (qui recourt à dieu) ou à disposition d’un être humain (qui deviendra un moi ensuite).

Comme il est impossible d’évacuer réellement notre être (même en ignorant le sujet comme le moi ou en absentant le sujet comme les sciences), il est clair que partout cela s’inquiète de définir les paramètres qui nous situent là ici même dans le donné-monde. Et quoi que l’on puisse penser (d’objectif ou de raisonnable ou de limité), on en revient toujours à continuer le travail, l’œuvre entreprise par les grecs, puis par les chrétiens, Descartes et les sujets ; où existons-nous ?

Or il est dit ici que l’interrogation grecque porte sur le « là » ; qu’est-ce que c’est qui est « là » ? et pourquoi existe-t-il un être qui se demande « ce qui est là » ? Rechercher les conditions de production de ce qui s’existe là au-devant et pourquoi apparaissent les choses. Mais ceci compte tenu que précisément en ce « là » nous existons comme de tels êtres qui pensent, autrement dit qui réfléchissent, qui font retour-sur, qui ramène à zéro-rien, et qui veulent ici et maintenant saisir tout ce qui peut l’être.

C’est cette ambition qui forme la cohérence même de l’entreprise grecque, chrétienne, cartésienne, etc. L’ensemble de toute la réflexivité va donc s’appuyer sur l’acquisition dans l’ici-même de tout ce qui peut être rassemblé (cad découpé, divisé, analysé, puis utilisant les réunifications à chaque fois afin de continuer de diviser et découper ; les unifications, les totalisations sont relatives à une plus grande découpe encore plus ardue à chaque fois ; la pensée n’est pas du tout fascinée par le Un-Tout, mais use des Touts afin de multiplier les uns …).

Appuyons sur cela ; de toute apparence la philosophie semble ne parier que sur le Un en tant qu’il forme Tout. La vérité, cad la réalité, est visiblement que plus on cherche le Un-Tout, plus se produit de la pluralité ; autrement dit le Un-Tout est bien plus l’occasion de démultiplier, de produire et surproduire. C’est en pas ouvrir les yeux que de croire que la promesse est ce qui est tenu, ce sont les effets qui sont seuls effectifs ; des quantités de systèmes et d’idées. Ou donc ; sous couvert du Un qui serait Tout, c’est bien plutôt le Un increvable qui découpe tout ce qui lui tombe sous la main ; c’est qu’en effet ce qui se dé-couvre est une structure qui n’a que faire de former un « tout », elle produit des touts en abondance, peu lui chaut. La structure est le Un, le Un sans rien du tout.

C’est le creusement par la réflexivité de la cohérence en l’ici même, en ce présentement par qui on veut tout rassembler afin que tout ce qui est, passe par le chas de l’aiguille du seul réel ; le présent ici même, l’ici et maintenant. Cela est la cohérence voulue.

C’est ce creusement qui se continue tout autant par Descartes et les sujets (Kant et Hegel qui tiennent à distance la raison pour Kant et la pensée pour Hegel, distance qu’a introduit le sujet cartésien, de même que Leibniz et Spinoza tentent de distancié l’Etre) comme par les grands sujets (post hégéliens), par les sujets du doute et par les mois dans leur corps lui-même… (Puisque le moi est au plus proche du foyer structurel ardent de la conscience-de).

De conditions en descriptions ce qui s’élabore, s’expose, se montre au fur et à mesure, c’est la structure et la position de notre-être sur le sol du réel. Ce que l’on nomme vérités ou réalisations, ce sont les approches de ce nœud incrusté dans le réel et qui se-sait puisqu’il s’articule comme conscience-de et n’est rien d’autre. Depuis que le réflexif est survenu (depuis qu’il s’est extrait des mondes, des groupes et des langages, comme de l’immédiateté, du corps et du donné là), il cherche vide, à explorer sa propre structure, sa position sur « ce qui est », son possible et ses effets.

L’ensemble des technologies utilisées, (de la pensée grecque aux chrétiens et affiliés, au cartésianisme, aux grands sujets, aux mois, de l’acculturation monumentale et de l’humanisation universelle ou de la personnalisation) sont autant d’expositions, d’explosions, de réalisations, mais aussi d’approfondissements de cet-être (y compris dans ses approches objectivistes ou objectaux du moi).

Parce qu’il est évident que cet-être, cette structure réelle dans le réel (puisque la conscience-de est l’articulation jetée de la cervelle vers le donné là et même vers le là du donné) n’occupe pas indifféremment n’importe quel lieu réel et que la description de cet lieu-moment constitue cela seul que nomme et dénomme la philosophie ; l’ontologie même de cet-être, la racine par laquelle il tient.

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