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instants philosophie

Extensivité de la pensée, intensité du sujet, densité du moi

5 Octobre 2014, 09:55am

Publié par pascal doyelle

Le propre du moi est donc qu’il ignore le sujet. Il n sait pas du tout qu’il est en réalité un sujet ; à cela rein d’étonnant parce que le sujet en peut pas exister. Une conscience-de ne peut pas remonter dans son être et le ramener à elle-même ; la conscience de départ se tend en un contenu, et tente de reporter ce contenu sur la conscience de départ mais ce report est toujours bifurqué et puisque la conscience-de surgit constamment nue de la cervelle, elle zappe quelque contenu que ce soit.

Or pourtant le moi se sait lui-même (en quoi il est sujet) mais se sait dans le dit contenu que donc il n’est jamais ; il s’y croit être. De sorte qu’il est, ce contenu, toujours déjà repris par la conscience de départ qui relance incessamment les dès.

Remarquons que de ce fait la conscience ontologique (de départ, qui est inscrite en dur dans et par le surgissement dans la cervelle) est imprenable. Aucun contenu ne prédispose la conscience, pour la raison qu’elle n’est rien, purement vide. Cependant il n’est aucune conscience sans représentation ; n’ayant aucun contenu elle ne se représente pas en son état même, et donc emprunte toujours une apparence.

Cependant par ailleurs bien qu’empruntant une apparence, elle se-sait, mécaniquement pour le dire (mais ce mécanisme est absolu, ce qui Est rapport à soi, n’a rapport qu’avec ce (soi), qu’avec et dans cette formule nue) ; elle est instantanément le savoir de soi comme conscience ; le se-sait est absolument vide et est uniquement le rapport à (soi). Littéralement n’importe quoi pourrait prendre ce (soi) ; une identité du moi, un objet, une chose là, un signe, etc. Si le moi est fixé en son identité, les quelques éléments par lesquels il se définit, par contre la conscience-de est instable et étant instituée, elle est insituable, ce qui veut dire que sa forme prend la forme d’un contenu potentiel.

La formule de se-savoir, ne connait évidement rien ; mais la dite formule est à elle-même sa propre certitude que rien ne peut entamer. Sauf qu’elle ne sait pas du tout où et comment se situer (et que par ailleurs aucune conscience ne peut, heureusement, se remonter elle-même ; sinon elle ne serait pas libre et se tiendrait d’un contenu quelconque, tout contenu étant pour la structure quelconque).

L’illusion qui consiste à croire que la conscience agitée par la philosophie serait un connaitre ne voit pas qu’elle est un se-savoir et que cela suffit, qui revient sans cesse radicalement, instantanément, unilatéralement, afin, activiste, de remuer à nouveau les contenus. Toutes les formulations philosophiques échappent et s’échappent à elles-mêmes ; elles renvoient ; sauf bien sur les dogmatismes et les redites, et donc les caricatures et la philosophie telle que fantasmée d’en dehors de la philosophie même, qui use d’un artefact afin de penser croire la décortiquer.

La philosophie ne se tient pas dans l’idée ou le système mais use des systèmes et des idées afin de pousser au bout ce dont nous sommes saisis, à savoir la réflexivité ; de fait la propédeutique au savoir-de ce (soi) est extensive, intensive et dense (selon la pensé, le sujet, et le moi), et donc bien technique (puisque le mécanisme de conscience-de est une technologie inventée par le donné là et même le là du donné). Et puisque ce mécanisme est le dernier venu, (il s’ajoute au monde-langage-immédiateté de tout groupe et donc entre parenthèses divise et sépare les groupes qu’il réunit par une médiation élevée, la pensée, la raison, dieu, le moi, l’universel, etc, qui sont ajoutés et forment les architectures attirantes), de le soutenir cela implique de porter toute l’antériorité à bout de bras ; exemplairement il est catastrophique, tenant la liberté, d’abandonner l’universel qui pourtant s’écrit dans une étape antérieure au libre lui-même ; la réflexivité dans ses acquisitions est cumulative et non dans le remplacement. De même le moi bien qu’acquisition inestimable, doit conserver encore en plus en lui le sujet. C’est d’être dans l’incapacité de porter à la fois l’universel et la liberté que la liberté peut aller se dégradant.

La réflexivité qui s’est créée par la pensée et l’universel, se continue par la liberté et le sujet, tout comme ensuite le moi se constitue du sujet et de la liberté, et risque de s’effondrer en ce qui le caractérise ; la densité. La densité est la confrontation d’un sujet au centre de la matérialité, ce qu’il faut entendre comme « matérialisation ». Non pas la matérialité seulement donnée là, comme monde, corps, langage, etc, mais la matérialisation ; la densité du moi (qui lui revient comme revient à la pensée l’extensivité, et au sujet l’intensité) se repère elle-même comme incorporation ; comment un moi peut-il se rendre un corps capable du sujet et capable de la pensée et capable donc de la réflexivité. C’est la question-même.

Pour cette raison d’accumulation, nous comprenons encore ce qui réflexivement fut inventé, créé, découvert antérieurement ; la réflexivité va même chercher dans les mondes particuliers humains qui sont pourtant élaborés dans une synthèse immédiate, tous les éléments réflexifs (esthétiques, éthiques, politiques, idéels, etc) qui s’engendraient en ces mondes (l’articulation synthétique des mondes particuliers, chaque fois un par un, n’est évidement désignée telle, synthétique et immédiate, que par effet de caractérisation ; l’élaboration synthétique d’un monde est réflexive, mais non de la même technique).

Et de sorte que si l’on veut comprendre ce que l’on est, « cela que l’on est », il est une potentialité dans le retour et la re-compréhension de tout cela qui fut créé réflexivement, hors des mondes humains particuliers, et surtout c’est uniquement ce retour qui permet de sortir de notre propre monde particulier, puisque sans cesse les mondes se referment et se referment sur leur propre déterminations, s’offrant comme synthèse à chaque fois. Le réflexif est toujours en plus et autre que tout monde et le synthétique est ce qui se produit spontanément de par soi. Ainsi tous les mois sont eux-mêmes élaboration synthétique, bricolage du donné là, du vécu, du hasardeux. Ça voudrait former Sens, mais ça ne fait jamais sens, parce que c’est seulement une recollection, formant systèmes clos.

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