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instants philosophie

La forme Radicale de "ce qui est"

26 Octobre 2014, 10:22am

Publié par pascal doyelle

Ça n’est donc pas la matière ou la détermination ou l’espace ou le temps qui créent ce qui est, mais c’est le Présent. Le présent coupe radicalement (cad à la racine) toute réalité, toute détermination, de haut en bas, sauf que ce haut et ce bas sont ceux du présent même (et non d’un repérage temporel ou spatial) ; le présent est LA dimensioN.

Le présent est cela seul qui Est. Je ne perçois rien d’autre qu’aboutissant ou relevant de et à partir de ce présent-çi. Par illustration, on tendrait à considérer que le présent est la résultante de tout le reste ; ce peut être le cas de ce moment présent çi, qui est dans un monde qui est temps-espace-déterminations, mais le présent réel est ce en quoi existe le moment présent ; le là lui-même. (Ce qui par exemple se réfère à Heidegger ; il existe un donné là, le monde avec les choses, etc, mais aussi existe le « là » du donné, de n’importe quel donné, le « là » qui supporte tous les mondes, ou que supposent tous les mondes, qui les supportent en être ou que les mondes supposent en vérité (il faut remonter invariablement à un Etre distinct des étants).

Celui que l’on ne quitte jamais. On n’existe jamais hors du présent même. Pareillement, si je veux rejoindre ce point là-bas distant de 300m, ce sera le-même-présent. Aucun point ne recouvre aucun autre ; il n’existe aucune point au-dessus de tous les autres, la simultanéité de tous les points est inaccessible par aucun des points réels, puisque « ce qui est » est chaque point en lui-même et que cela constitue la limite ontologique absolue.

(C’est uniquement par reconstitution mentale, imaginaire, des autres points que l’on conçoit une simultanéité ; ce qui ne signifie pas du tout que cela soit absurde ou faux ou illusoire, etc, mais que au niveau ontologique ces compréhensions, très réelles, n’existent que par, via, pour, et selon le Présent, qui est cela seul qui est).

Cela revient par exemple à cette évidence ; le point présent ici et maintenant (puisque l’on nomme ce point « présent » mais sans référence première au temps, ni à l’espace ; le temps et l’espace existent DANS ce point) est le même qu’au tout début du temps ou de l’espace ; littéralement il n’est qu’un seul point ; le Même. Ou donc le Même point a déroulé intégralement toute la possibilité de ce monde çi. Tel la vague d’un unique présent qui épuise tout le donné du début à la fin, du point unique du début à tous les points, la simultanéité étendue, dans toute son extension. La vague de présence a exposé au-devant de soi, dans son présent absolu et unique, tout ce qui peut être (quand à ce monde çi, ce qui évidemment peut supposer que des mondes, il en existe des quantités indéfinies).

Ainsi chacun est tel quel absolument identiquement présent à « ce qui est ». toujours. Lire ces lignes, en un autre lieu et un autre moment du temps, est parfaitement équivalent à n’importe quel autre point réel, sauf que se transmettent des informations par signes. Mais chaque conscience est toujours absolument acculée à l’être même, puisque le présentement est absolument cela seul qui est.

On dira donc que le présentement est la forme de toutes les réalités ; aucune réalité n’est susceptible de réunir en une fois toutes les réalités, pas plus le temps que l’espace, aucune détermination n’est la détermination de toutes les déterminations, sauf précisément cette forme vide est non seulement se rencontre partout (on ne rencontre même que cette forme de présent ; on n’en sort jamais et surtout et tout autant RIEN ne sort jamais du présentement, il n’y a pas d’au-dehors du présentement).

Il est particulièrement extraordinaire de clouer le présentement à l’événement par exemple ; c’est une pensée d’une intensité magnifique, mais l’événement qui est censé marquer le devenir ou la réalité, formule un Un qui concentre la réalisation des choses. Or le présentement ne marque rien, sinon lui même ; il n’a pas besoin d’un devenir un de l’être (Deleuze) ou d’une vérité survenante dans son immanence (Badiou) ; le présentement EST l’être.

Ce serait encore avancer du présentement vers un contenu, de réalité concentrée ou de vérité significative, que de promouvoir un événement ; non qu’il n’y ait aucun événement, mais bien qu’il en existe des quantités, justement, et que donc ils ne formulent pas la Forme même qui les pousse, les impose, les expose. Le présentement est le grand déballage. Rien ne restera, tout sera exposé, ou explosé.

Qu’il y ait un événement de réalité ou de vérité, signifierait encore un Sens… Le Sens «surgirait » ou « apparaitrait », formulant sa surhumanité ou sa divinité « immortelle ». Mais si il existe quantité d’événements (et donc des surhumains ou des immortels), la logique de ce qui est, est beaucoup plus cruelle ; le présentement lance invariablement l’exposition qui certes réalise, rend réels, les événements (surhumains ou immortels ou évidement quantité d’autres réal-isations), mais la forme réelle est antérieure à toute détermination de la réalité ou de la vérité ; on nomme cela le réel pur.

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