Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
instants philosophie

La philosophie à partir de l‘impossibilité ; l’ici-et-maintenant

11 Octobre 2014, 08:41am

Publié par pascal doyelle

Nous sommes donc posés là sur le donné du monde. Tout ce que l’on peut penser, imaginer se transforme en contenus. Il n’est pas que la philosophie qui soit remonté dans la structure qui préside, qui prédispose aux contenus, mais il n’est que la philosophie qui ait reconnu que cela est impossible. De là de fil en aiguille, cette impossibilité contamine toutes les activités, et dans la distance et la temporisation que cette impossibilité impose, dans le creux, se développent les réalisations réflexives ; éthiques, politiques, esthétiques, idéels, etc.

C’est de cette impossibilité qu’il lui vient d’augmenter la structure elle-même à défaut de la saisir. La philosophie ne peut remplacer la structure (la conscience-de qui précède tous les contenus) par telle ou telle image, représentations, idée, système, ni par le corps ou l’une ou l’autre représentation ou présentation de ce qui est. La philosophie consiste donc à demeurer, habiter, s’exister comme « ce qui se représentant outrepasse la représentation », mais ce qui tout autant ne peut pas rompre l’impossibilité ; l’impossibilité est, engendre l’outrepassement (du groupe, du langage, du corps, de l’immédiat, du monde particulier, etc) mais ne peut pas s’avancer outremesure puisque cela équivaudrait à retomber dans le piège du contenu.

De sorte qu’elle a élaboré la structure impossible ; celle de l’impossibilité même.

Ce faisant elle positionne le réel. Cela qui ne peut se dériver et cela contre quoi et par quoi l’on existe. Elle ne cède pas un pouce sur l’impossibilité. En ceci elle parvient à ne croire en rien. Sinon en l’être, cad « ce qui se tient là ».

Dès lors s’invente la pensée de « ce qui est », en ceci que la pensée ne se refermera plus sur un contenu, et que donc s’imposera la structure et la pensée formelle de « ce qui est ». la formule « l’être est » est absolument vide et purement formelle et ouvre une autre dimension qui crée la structure, la révolution anthropologique qui consiste à ne plus adhérer aux contenus, et dans la médiation de produire non plus un débordement de contenus, mais une avancée de la structure qui ne possède aucun contenu et joue entre les contenus afin de ménager les interstices, les décalages, les interfaces, les déploiements médians, de sorte que s’impose l’architecture de la structure.

Ce qui se déploie est de par son fait au-delà des contenus, des représentations et des présentations. Ça ne se réalisera pas seulement comme théorie, système, mais comme réalisations. Ça deviendra réalisation. C’est une expérience ontologique qui réorganise la conscience que l’on a, qui préside au déchainement de la pensée qui ne cède pas. Elle ne cède pas non en ceci de tenir à son unité mentale, ou à son quant à soi, ce qui est fort répandu ; elle ne cède pas de l’évidence du réel donné là, extrêmement là, ici même, ici et maintenant, nulle part ailleurs. Elle ne cède pas en maintenant toujours la distance infinie au réel.

Elle n’est pas possible ? Et bien donc continuons. Qu’est-ce qui crée la distance à être ? Pourquoi est-ce cette distance qui s’impose et cette distance ne serait-elle pas précisément non ce qui empêche d’être mais réellement « cela même qui est » ; ce qui est, est la distance même. De ceci la philosophie et la réflexivité qui commence de se déployer dans les mondes humains, par -dessus (avec les grecs ou avec le christianisme et affiliés) crée sur la base de la structure (la conscience-de livrée nue et sans rien) les machineries intentionnalisatrices, et tout cela vers l’architecture structurelle du monde universel unique des sujets tous divisés et infiniment divisés (recherchant leur esprit commun, leur réflexivité partagée et rétributive pour chacun).

C’est l’ici et maintenant qui cloue la pensée en en fixant l’arrêt définitif sur le réel qui n’existe pas ailleurs que dans le là du donné gigantesque. Dans le donné gigantesque, mais dans le là du donné gigantesque, là où le donné gigantesque est. Ce qui est tout différent. Ça n’est pas le donné là, mais le là du donné qui cloue à même le réel l’architecture enfin réelle.

C’est l’évidence de l’existence du monde qui creuse les grecs. C’est l’absurdité et l’horreur de la mort et de la vie qui produit la réflexivité chrétienne et affiliés. Ce qui se crée comme réflexivité anthropologique qui modifie, depuis, toute l’humanisation (qui sort des mondes particuliers).

La menace est constante qu’il se reforme ici et là des mondes particuliers, des fermetures sur les déterminations ; le moi qui est pareillement aux monde particuliers, synthèse immédiate (qui prend pour vrais et réels ses contenus et en forme, en bricole une synthèse) qui va étouffer dans une immédiateté sans voir qu’il est tout autre que ce donné inerte ontologiquement. Les mondes humains, les mois n’ont pas en eux-mêmes de vérité au sens où depuis les grecs et la réflexivité chrétienne et affiliés, au sens où vérité signifie tout autre chose que « contenu ».

Le plus surprenant en tout ceci est que l’engendrement d’un système formel au-delà des vérités (qui permet la création ou la découverte de quantités de vérités), que ce système donc fonctionne. Mais il laisse chacun, chaque sujet (ou donc chaque sujet en un moi) sans rien, nu et vide mais vide au sens précis de formellement existant. Le système fonctionne et fonctionne comme formel ; il a réduit l’ensemble des contenus et a commencé de réduire chaque moi vers son sujet, passage du contenu à la forme pure et simple de (soi).

Par exemple ; dans quelle mesure un système économique finit (ou commence) par se figer sur des contenus (cad des immédiatetés, des corporéités qui sont définies par des technocraties, au sens large, des hiérarchies et des inégalités forcément, des objets de désirs et donc l’idéologie du désir sacralisée, etc) et par fermer intégralement ses mondes sous prétexte que, économique (et technologique, et scientiste, et psychologiste, etc) , il manie des objets, des objets matériels, et donc supposément de la réalité … Parce que dans le cadre universel (fondé en raison mais outrepassant la raison, puisque la constitutionnalité installe la liberté en plus de la raison), l’économique crée ses propres mondes, et que ceux-ci comme tout monde, se referme sur chaque fois lui-même (de même le capitalisme que le communisme, pareillement que tout monde religieux).

Cela met cartes sur table de ce que l’on entend par réalité ; tant que l’on croira que la réalité est la matérialité ou le corps donné là (ce que l’on nommera la corporéité l’opposant à l’image-idée du corps que tout moi cherche et crée) ou le désir ou donc au bout du compte les contenus (de conscience), on ne comprendra pas, au sens où l’on n’incorporera pas que la réalité est pour chaque structure non pas les contenus de conscience mais la conscience elle-même (cad le structurel). Le fond du fond quant à notre état, notre état de chose, est la confusion et l’imaginaire égaré de notre être comme n’étant réel que de ces réalités, de croire que notre être est cette corporéité, alors que la seule réelle corporéité (mais comme image-idée), et le seul réel, est structurel, et se dirige vers l'architecture formelle (dont la philosophie est le système formel).

Commenter cet article