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instants philosophie

Comme l'histoire défile

10 Novembre 2014, 08:36am

Publié par pascal doyelle

Pour percevoir bien comme ça file.

Les grecs

Notre être surgit nu et sans rien par les grecs ; il est une émergence soudaine qui ne tient plus aux contenus et ne peut plus former de mondes particuliers synthétiques (à chaque fois uns et séparés) et comme c’est notre être qui apparait soudainement (et qu’il est commun à tous les mondes humains ou plutôt existait en tous les mondes humains, plié, notre être, dans le langage, le groupe, le localisé de chaque monde), comme c’est notre-être unique et partout identique, cet être en sa découverte découvre en même temps qu’il n’existe qu’un seul monde, le donné-là-gigantesque.

Les chrétiens (et affiliés)

S’ensuit la seconde réflexivité (comme quoi cet être n’appartient pas aux grecs, mais à l’espèce humaine) sous la férule des chrétiens (qui sont eux-mêmes réflexifs par rapport au réflexif juif, ils se pensent à partir de l’intériorité judaïque), qui déploie soudainement (aussi) une réflexivité qui outrepasse n’importe quel monde donné humain particulier et surtout n’importe quel corps, vécu, psychologie, morale de groupe, politique, organisation humaine donnée déterminée.

Les chrétiens créent le Un ; « ce qui rassemble » toutes les consciences, prises une par une, et séparée chacune par dieu, séparée du monde et des intérêts du monde (qui divisent les hommes vers les finalités de la bassesse) et séparée les une des autres absolument ; seul dieu, cad la dernière conscience indéfiniment réelle, réunit chaque conscience aux autres, et ceci forme l’esprit. Le christianisme annule les groupes humains et les remplace par l’unique communauté en esprit (cad dans la foi envers un corps unique, le christ, ce qui implique une seconde naissance et un renouvellement, anthropologique, tout aussi anthropologique que le furent les grecs et la pensée).

L’acculturation généralisée

S’ensuit une acculturation généralisée qui coïncide absolument la pensée grecs et la réflexivité chrétienne (et affiliés, on n’y revient pas). De cette acculturation, quelques uns ne retiennent que la « raison », sans voir que les racines de l’anthropologisation sont bien plus profondes et plus réelles que cette abstraction morte que serait la « raison » (la pensée grecque n’est pas la « raison », qui est une interprétation, 18éme, 19éme, toute extérieure et froide).

Il ne faut pas dans les effets (la raison, l’humanisme, le moi, etc) oublier les causes et les racines même de ces effets. C’est une immense architecture, mais structurelle et non pas de contenus, une acculturation formidable qui aboutit au « petit monde des mois », lesquels tombent dans le travers de l’objectivisme (la raison seule) ou de l’objectalité (un moi ça n’aurait que des objets de désir… ou des images de soi, etc).

L'architecture formelle

L’architecture complète n’est pas du tout bâtie sur des « idées » ; mais sur l’émergence d’une part de structures (qui n’existaient auparavant dans les mondes particuliers que sous le boisseau des contenus localisés) et d’autre part sur la conscience que ces structures prennent d’elles-mêmes ; forcément puisque ces structures qui apparaissent sont précisément que l’activisme de conscience s’aperçoit qu’en se passant de la croyance à ces/ses contenus (localisés dans un monde particulier, un groupe, un langage), il devient nécessaire d’inventer une architecture en plus ; d’inventer et découvrir (à la fois, puisque cette structure s’invente et se crée en même temps comme « être réel ») un système formel. Ce qui fut fait.

Le se-savoir et le connaitre

De cela il faut retenir ceci ; tout est vrai. Chaque moment est effectivement ce qui est arrivé, à point nommé pour ainsi dire, non en vertu d’on ne sait quel plan établi d’avance, (c’est absurde), mais parce que c’est un être-réel (notre être, la structure conscience-de) qui s’est dé-couverte, qui a émergé (de la gangue groupe-langage-monde local), et qui au fur et à mesure explore, découvre, s’aventure, devient, se déploie, etc. Cette exactitude n’est nullement « parfaite » (rien n’est parfait en ce sens là du reste, l’ordre préalable n’existe pas, même pour la matérialité), puisqu’il s’agit d’une exploration d’un monde donné là à partir d’un être-réel (qui lui-même ne se connait pas, puisqu’il ne peut pas s’objectiver…

mais il se-sait, puisqu’il est réflexif, il ne faut pas être hyper génial pour comprendre et admettre qu’il est lui-même existant … ce serait le comble que non … ; ceux qui en comprennent pas la différence entre le se-savoir et le connaitre, ne comprennent rien quant à la structure de conscience, ils croient que la conscience est le « conscient »…ou la pensée est la « raison »… ou le sujet une « substance », enfin ces sortes de fantasmes interprétatifs erronés.

Si l’on continue de ne pas opérer la distinction entre les contenus et ce qui formule les contenus, on en revient constamment à cette espèce de vision fantasmatique qui voudrait nous livrer (au deux sens, nous délivrer et nous livrer pieds et poings liés) à un contenu quelconque, à un bricolage, une sorte de machouillis de sens ou de non sens, de mots et de vérité super élaborée ou délirante ou basse. On n’est plus du tout dans la Vérité ou « pas la vérité ». Ce qui c’est réalisé, le système formel, est beaucoup plus grand et généralisable que n’importe quelle « vérité ». Il contient, il contient les vérités ; la preuve est qu’il en produit, comme système formel, des tas, astronomiques.

Là où nous existons

C’est donc dans l’architecture formelle elle-même que nous existons ; par ex, nous sommes libres (aucun choix ne vaut si il n’est pas pris librement, c’est le libre qui est vécu, et non tel ou tel choix, du reste libre s’entend comme « invention de » et non pas comme « choix entre blanc et noir », cette compréhension là étant confondante d’ignorance). De même ne pas relativiser la vérité par le libre, la pensée par le sujet qui pense, n’a aucun sens ; il faut vraiment être empoisonné par la logique du moi (qui ignore le sujet qu’il est) et le scientisme (qui absente le sujet) pour croire que l’on va s’en tirer par l’objet … comme si il n’existait pas déjà toute cette architecture absolument formelle qui s’est élaborée depuis 25 siècles, croire que la réalité puisse être réductible aux dispositions du moi ou de la scientificité, cad réellement à sa disposition, c’est croire que le sujet (qui est une entité radicale et formelle) serait le moi ou à sa ressemblance (une sorte de super moi), ou que la pensée du système formel serait ou se donnerait comme Vérité (alors que le système formel est antérieur à toutes les vérités, qu’il rend de fait possible), ou croire donc que l’on est « ce que l’on est » alors que l’on n’est rien du tout de ce que l’on est ; notre être, le réel, est structurel et ne peut pas se représenter et ne peut pas s’énoncer en un système de contenus, d’idées mortes, comme il ne peut pas exister comme monde humain, ni se vivre comme vécu et comme moi ; tout cela ce sont des effets, et la philosophie est précisément la pensée de « ce qui n’existe pas, de ce qui ne vit pas, de ce qui ne se représente pas » et c’est pour cela que ça pense.

Il est quand même clair que ce qui se dit, philosophiquement, existe ailleurs et en plus et au travers du nommément dit. Ne pas percevoir cela, il en résultera qu’encore et toujours on va parler d’une connaissance censée recouvrir le se-savoir ; mais remarquons ceci, que l’on ne peut pas remplacer le connaitre par le se-savoir ; le se-savoir ne remplace jamais les connaissances, et donc (et c’est un fait, il a provoqué les connaissances à être) remonte sans cesse les connaissances vers leur cause. Il n’est jamais une vérité qui contredit une vérité, mais l’aventureux qui s’ajoute et avance, à partir de tout ce qui lui tombe sous la main. Et cette remontée est le retour-sur, incessant ; l'engeance formelle est "ce qui ne se laisse jamais faire" puisque structurellement elle est activisme pur. Introduisant au Un, qui est activité absolue, radicale, formelle, qui n'existe que de s'agir, qui est présent pur.

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